Estadio Dom Afonso Henriques

Visité

Vitória SC – Sporting CP : Aqui Nasceu Portugal

Vitória SC – Sporting CP : Aqui Nasceu Portugal

Vitória SC - Sporting CP

10€
7.3

Le stade

6.0/10

Le football

7.0/10

L'atmosphère

7.5/10

La ville

8.0/10

L'expérience groundhopping

8.0/10

Pros

  • L'histoire et l'héritage de la ville et du club.
  • L'identité visuelle du club... <3
  • Tension permanente, passion parfois "débordante".
  • Une grosse journée à visiter à pied.
  • 4€ A/R et -60min depuis Porto.

Cons

  • Virage pas au max et absence de drapeaux...
  • ...car la répression est forte sur les ultras.
  • Restriction inutile des ventes en ligne.

Pour la première fois, je prends la direction du Portugal pour un week-end court sur Porto. Je m’étais calé principalement par rapport au derby de Porto et j’ai complété par un match du Vitoria SC, club de la ville de Guimarães.

Guimarães est situé à 55 km au Nord de Porto, dans le district de Braga. Il est aisé de s’y rendre soit en Flixbus (2€ le trajet pour ma part) soit en train pour à peine plus cher. En plus, les gares routières sont très bien situées donc y’a 0 minute à perdre dans une ville comme dans l’autre.

La ville

C’est une ville importante dans l’Histoire du Portugal puisque la fondation du pays et de son identité s’est justement construite à Guimarães : “Aqui nasceu Portugal” (“Ici est né le Portugal”) est une référence que l’on retrouve régulièrement au sein de la ville. C’est un sentiment de fierté qu’on ressent très bien dans l’atmosphère générale de la ville (monuments, centre historique, etc) du club, de ses habitants et supporters. Très agréable.

Contrairement à ce que j’aurais pu en penser avant mon voyage, ne m’y rendant que par le hasard des opportunités de groundhopping, Guimarães est un détour nécessaire. Et sans même parler de football pour l’instant.

J’ai passé une longue après-midi à visiter la ville et il aurait été facile de prolonger encore mon temps dans la ville, par exemple en faisant les visites payantes du château de Guimarães et du Palais des Ducs de Bragance. Le reste du temps, on peut abandonner Google Maps et flâner dans les rues du centre-ville historique, et même plus, sans jamais être las. En effet, cette ville de 160 000 habitants est d’une taille humaine et vous aurez facilement vos repères, vous abandonnant naturellement à la découverte de la ville et à la beauté de ses rues.

Cette proximité entre tous les intérêts de la ville, sans pour autant en faire le tour rapidement, continuait de me surprendre au cours de la journée. Le stade est notamment situé lui-aussi à une dizaine de minutes à pied du centre-ville ou du grand centre commercial de la ville avec sa gare routière en sous-sol et son food-court au dernier étage.

Pour ma part j’ai mangé au Dan’s Finger Food & Drinks, un restaurant de burgers dans la rue du stade. Le lieu est convivial, le service assez rapide (manger seul c’était ok), c’est bon et surtout bon marché (10€ burger + potatoes + boisson). A ce prix, autant s’éviter les chaînes de fast-food du GuimaraeShopping.

Finalement, l’un des intérêts de la ville qui nécessite quand même de regarder une carte et/ou de se renseigner, c’est pour se rendre au téléphérique (Penha Cable Car) afin de monter au point de vue “Monte de Santa Catarina” où vous trouverez également un sanctuaire. Je l’ai fait un peu à la hâte car le téléphérique fermait à 17h45 mais c’est sinon un autre endroit pour se balader.

Cela me donnerait envie de trouver un nouveau prétexte (comme un derby Vitoria SC – SC Braga) pour retourner dans cette ville. Si il est nécessaire de relativiser : c’était aussi la première ville portugaise que je visitais. Plus facile d’apprécier que si c’était la dixième.

Le stade

Grâce à l’aide d’un ultra local, je n’ai pas eu à me soucier de la billetterie du stade. En théorie, vous devrez pourtant passer par celle-ci (ou au moins par un store officiel du centre-ville ou centre-commercial) pour obtenir une place. Ce n’est pas que le stade soit plein, c’est juste qu’au Portugal ça se passe encore beaucoup comme ça.

Cela ne m’a pas empêché d’arriver longtemps à l’avance. Si vous voulez manger et boire autour du stade, vous pouvez aller au Café Pastelaria. Sinon le stade D. Afonso Henriques (premier roi du Portugal, emblème de la ville et du club) ne semble pas proposer grand chose à consommer, ou à observer. C’est un stade assez ancien (1965) aux apparences sur certains côtés d’un parking couvert. Mais une statue vient justement rendre hommage à D. Afonso Henriques. C’est autour de cette personnalité et de la période médiévale que Vitoria se crée une identité et appartenance forte. Ils lui doivent leur surnom : « Os Conquistadores » (Les Conquérants). La classe.

Classic Crests : Vitória de Guimarães

Le bus des joueurs est également très beau. De l’intérieur, le stade est un peu plus sympa. Par exemple la tribune latérale légèrement arrondie donne un petit cachet.

L’atmosphère

Autour du stade et dans les tribunes on ressent l’engouement autour du club, digne représentant commun à tous de la ville. Tous les publics semblent s’y retrouver (hommes, femmes, jeunes, familles et enfants). Il faut dire que ce match, avec + de 16 000 spectateurs, serait leur meilleure affluence depuis l’apparition du Covid (mais par le passé, des gros matchs montaient à 25 000). Je m’attendais à une apparence moins convaincante mais finalement ça donne l’illusion d’un stade correctement rempli même dans un stade de 30 000 places. Perso, j’étais en virage supérieur dans la tribune des ultras (White Angels) et ne voyait par exemple pas la tribune basse vide.

A propos du virage, l’absence de recul depuis ma place ne me permettait pas d’estimer précisément le nombre d’actifs mais je dirais moins d’une centaine avec une activité constante, suivi de temps à autre par le reste du virage. Le résultat final est plutôt convenable même si ce n’est pas à eux-seuls qu’ils marqueront les esprits aujourd’hui. Par exemple, aucun drapeau n’était de sorti et c’est bien dommage car l’identité visuelle du club doit donner de superbes drapeaux (propos appuyé par ce que j’ai lu d’un article).

MaJ : l’absence de drapeaux est expliquée par la répression au Portugal qui oblige les ultras à être dans des zones déterminées (ZCEAP) et de répondre à quelques autres obligations (carte d’identité, etc). Sources en portugais : 1, 2.

Par contre, c’est l’ensemble du stade qui se fait remarquer par une passion et tension débordante au cours du match. Était-ce décuplé par le sentiment d’être “volé” par l’arbitrage ? En tout cas, ça excitait autant les latérales que le virage. A moindre mesure, ça m’a un peu rappelé les turcs qui ne peuvent pas s’empêcher de gueuler et de péter des câbles. Pour preuve, quelques pétards, briquets et un siège ont été jetés de ma tribune.

En seconde mi-temps, c’est en tribune latérale, où est présent un second groupe de supporters, que ça a dégénéré suite au but du Sporting. Difficile d’être précis sur le déroulé des événements et les responsabilités depuis ma place mais en tout cas, des dizaines de sièges ont volé. La police, qui m’a semblé aussi incompétente dans le jeu de la désescalade que la police espagnole (ou française) sur les nuits européennes, a donc chargé la tribune et entraîné un mouvement de foule important dans celle-ci. Le jeu a été arrêté environ 5 minutes le temps que cela retrouve son calme. Extrait disponible sur notre compte Twitter.

La bonne impression que je vous partage des fans du Vitoria SC, phénomène à part au sein du Portugal, ne peut pas être mieux expliquée que dans une interview du vice-président des White Angels publiée en 2017 par Vice que je viens à l’instant de découvrir. Extraits :

Les meilleurs ultras portugais ne sont ni à Porto, ni à Lisbonne.

Tout cela a donné origine à un régionalisme séculaire qui s’est transmis de génération en génération, de père en fils, Ce régionalisme te donne l’envie de lutter, de soutenir, de magnifier ce qui est tien. Nous avons l’habitude de dire que nous sommes Vimaranenses (habitant de Guimarães, ndlr) d’abord, et Portugais ensuite. Transmettre ce régionalisme, cet amour de notre terre, pour tout ce qui est d’ici, c’est quelque chose de naturel chez nous. Etre supporter du Vitoria est aussi naturel que l’amour que l’on ressent pour l’histoire de Guimarães. A partir de là, il est normal pour la majorité des Vimaranenses de supporter le club local. Ça nous fait de la peine, que cette exception ne se répercute pas ailleurs dans le pays.

[…]

Voit-on la même chose dans le reste du Portugal? Peut-être chez les nommés « trois grands », et même eux, je ne les considère pas meilleurs que nous. Ils sont peut-être plus grands par la quantité, mais pas par la qualité. Braga n’est qu’un parmi d’autres…

Et ce ne sont pas que des mots d’un représentant subjectif car comme je l’ai dit, ça reprend vraiment l’idée que je me suis fait en une journée sur Guimarães et le Vitoria SC. Et j’ai aussi une assez mauvaise opinion des fans en Espagne et au Portugal… Et le match du lendemain (Boavista – FC Porto), continuera de confirmer les propos que vous venez de lire.

Côté Sporting, un parcage visiteur forcément complet. C’était simplement bien. Rien à ressortir de plus depuis ma position éloignée.

Le match

Un match plutôt haletant puisque Vitoria a d’abord mené au score, que l’arbitrage a excité le stade pendant 90 minutes (absolument aucun avis sur sa qualité), que le Sporting en a planté 3. Et que les cartons sont beaucoup tombés, notamment sur les bancs de touche. C’était tendu dans les tribunes mais aussi sur le terrain.

L’expérience groundhopping

J’ai tout dit je crois. Pour résumer, une ville importante de l’Histoire du Portugal. A visiter même si vous n’aviez aucun match prévu. Un stade qui ne se démarque pas au contraire de son bon public de passionné qui semble faire figure d’exception au Portugal passé les quelques grands clubs connus du grand public en Europe. Et spoiler pour ceux qui n’auront pas lu le CR du derby Boavista – FC Porto : cette expérience du Vitoria SC, moins alléchante sur le papier, était très largement meilleure. On ressort avec l’envie d’appartenir à cette ville et ce club. AQUI NASCEU PORTUGAL.

Familiarisé aux parcages pour suivre le FC Nantes, un stage sur Liverpool, mon autre club de coeur, a développé ma passion pour le groundhopping en 2016. Cofondateur au-stade.fr.
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