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Central – Boca

Rosario Central - Boca Juniors

8.4

Le stade

9.0/10

Le football

6.0/10

L'atmosphère

10.0/10

La ville

7.0/10

L'expérience groundhopping

10.0/10

Tout a commencé il y a quelques semaines, quand j’organisais mon voyage en Argentine. J’avais 2 destinations obligatoires en vue : la Bombonera de Boca et le Gigante de Central. Central est l’un des 2 clubs de Rosario (avec Newells). Il n’est pas aussi “populaire” que les grands clubs de Buenos Aires, mais il faut savoir que c’est la ville qui a vu naître Messi, Icardi, Di Maria, Lavezzi, Bielsa et beaucoup d’autres personnalités marquantes de l’histoire (récente?) du foot. Ceci dit, je m’en moque de tous ces gens, sauf éventuellement LoCelso qui joue au PSG. Ce qui m’attire à Rosario, c’est le stade, ses ambiances de folie et ses fameux “Recibimientos” (= entrée des joueurs, très animées).


Je me suis égaré, revenons à nos moutons. J’ai rapidement trouvé un contact sur BA me permettant d’assurer ma place à la Bombonera pour le match contre le Racing. Je fouine pour trouver un moyen de me procurer des places, bien aidé par Amine (LE crack absolu pour trouver des places qui n’existent même pas). Rien de rien, même sur Viagogo : ici, on vend les places à l’ancienne, directement au stade le jour du match.
Qu’il en soit ainsi, j’arriverais tôt en espérant que ça soit pas trop le bordel.
Et comme il suffit parfois d’un petit rien, le fameux “effet papillon”, tout est parti d’un simple retweet sur Twitter. Une amie a en effet RT ceci :


https://twitter.com/Elpipadelapip…/status/927347868163338240

J’engage donc la discussion complètement par hasard, en me disant qu’il pourrait me renseigner pour mes fameuses “entradas”. Aidé par Pauline (une amie ayant vécue plusieurs années en Argentine), je communique donc avec Pipa via WhatsApp. C’est pas facile car lui ne parle pas anglais, et moi pas espagnol. Mais comme il dit, nous parlons une langue universelle : le football !


Il s’occupe des places mais pas seulement : il m’invite à vivre un moment convivial avec lui et ses amis autour d’un Asado, barbecue traditionnel argentin. Initialement, nous devions faire ça “au club” (je sais pas ce qu’il entend par là mais passons) mais à la dernière minute, changement de plan : nous passerons la journée chez lui !
Comme il dit : sa maison est petite, mais le cœur est grand !
Pipa était très inquiet que je puisse aller au stade sans maillot. Il m’explique que j’arrive le jour du match, un dimanche, et que les boutiques seront fermées, que je devrais acheter un faux du marché dégueulasse…
Il me propose donc de me prendre un maillot : ça me dérange un peu, les maillots coûtant le même prix qu’en France c’est gênant. Il me propose finalement de lui ramener un maillot du PSG, floqué LoCelso bien sûr, en échange. Je pars donc immédiatement à la boutique et quand je lui envoie la photo de son maillot, il est très ému. Pauline aussi était émue en nous lisant !!


Avant mon départ de Paris, Pipa me rappelle de ne pas oublier son maillot : il semble aussi impatient que moi de ma venue à Rosario !
Il suit mes aventures à Buenos Aires via Twitter et WA et lorsque je suis particulièrement déçu (River) il me rassure en me disant qu’à Rosario, j’aurai droit à un vrai “quilombo” (= gros bordel, au sens “ambiance” du terme). Lors de ma visite d’Iguazu, il me demande de lui ramener de l’herbe à maté, qui est très réputée dans la région de Misiones.

4h30 hier matin, je me lève donc pour aller prendre mon avion (LOL, 30mn de vol, si j’étais parti en bus je serai peut être arrivé avant…) à EZE.
A 9h, me voici donc à Rosario, direction le Puerto Design Hotel. Un peu de repos avant que Pipa ne vienne me récupérer à l’hôtel vers 12h30.
L’heure arrive et Pipa me prévient qu’il m’attend en bas avec son ami. Je descends, n’oubliant pas le maté et le maillot, je les salue et nous prenons la direction de la casa de Pipa. Quelle chance, Emilio parle anglais. Cela va faciliter la communication !

Nous arrivons dans le hood, les murs aux alentours sont tantôt rouge et noir (couleurs du rival, Newells), tantôt jaune et bleu (couleurs de Central). Chez Pipa, la fresque est bien entendue aux couleurs des Canallas et a été faite par ses frères. Arrivé chez lui, je suis surpris : je n’avais pas posé la question mais je pensais qu’il vivait seul. Je suis chaleureusement accueilli par le Papa de Pipa, Titi et Rodri, ses frères, et ses amis qui sont là pour l’Asado et passer l’après-midi ensemble avant d’aller au stade.
Je suis choqué en voyant le Papa, qui ressemble vraiment beaucoup au mien. Comme Jonas, il est ouvert, parle fort, fait des blagues : et si c’était le sosie/triplé argentin de mon Gramoune ?
On est dans une case qui rappellerait les cases créoles, avec le pied de zamal dans la cour, les Martin (oiseau) qui chantent, l’odeur du barbecue me chatouillant le nez.

On passe à table, les morceaux de viande sont tous meilleurs les uns que les autres. Le “chorizo” (la saucisse locale) est délicieux !
Alors que je suis déjà repu, le Papa me dit de garder de la place, le Matambre de Pizza arrive! Ce nom me dit quelque chose, Pauline m’en avait déjà parlé. Et en effet, c’est succulent. Autant vous dire, j’ai dévoré comme jamais! Je suis un inconnu, venu de France, encore inconnu il y’a 15 jours, mais je suis reçu comme un roi. Ils sont tous aux petits oignons, veulent me resservir à manger (alors qu’ils disent n’avoir jamais vu personne manger autant de viande que moi), me demandent si je ne manque de rien toutes les 5minutes…

A peine 14h, ça commence à chanter, à foutre un vrai bordel ! On passe dans le salon et j’ai le droit à un cours accéléré pour apprendre les chants de Central ! Un rappel également des grands moments de l’histoire du club, dont ce titre en 1971 qui fut le premier remporté par une équipe ne résident pas à Buenos Aires, ou ce 4 – 0 qui a vu le Rival abandonné le Clasico alors qu’il restait 25 minutes de jeu!

Nous revoyons également ensemble quelques classiques de GioLo, vidéos de ses meilleurs moments sous le maillot de Central.
Ca chante, ça crie, ça fait péter des gros pétards, ça boit (beaucoup :D). On est déjà dans l’avant match alors que la rencontre est dans plus de 4h ! On en profite également pour échanger nos maillots, ça peut paraître anodin, stupide, mais c’était un super moment !
C’est l’heure de Monaco – “Pésséré” (PSG, ndlr). On passe donc sur ESPN. Sur les 2 buts parisiens, gros bordel, me rappelant les plus belles heures du clos de la Fontaine chez Baboche et les matchs mémorables à Stamford Bridge ou au Vélodrome.
Les enfants font la fête avec nous et les plus jeunes d’entre eux attendent aussi l’heure d’aller au stade!
Nous quittons la maison vers 18h30 et nous dirigeons vers le Gigante de Arroyito.

3h avant le coup d’envoi, les abords du stade sont BLINDÉS. Voilà le Quilombo que j’attends, dans une ambiance de fête! Pipa nous présente à tout Rosario, il connaît un paquet de monde en ville !
Pour les yeux, c’est plutôt agréable : plusieurs personnes à Rosario m’avaient prévenu : les Rosarinas sont magnifiques (ils ont bien entendu eux aussi leur part de boudin, mais Merci mon Dieu celle ci est minoritaire).

Pipa récupère nos places et malheureusement, impossible d’être en Populare : ça sera donc la Platea (latérale) avec Emilio!
Les joueurs de Boca s’échauffent sur le terrain, pas les locaux.
Les tribunes se préparent, ça bâche de partout. Arrive LE moment que j’attendais tant, le Recibimiento. J’en prends plein les yeux, et au moins autant dans les oreilles. Le spectacle est superbe, comme attendu dans ce stade !

1è minute de jeu, carton jaune pour Central après un tacle qui aurait largement pu prendre rouge en L1.
2è minute de jeu, ouverture du score de Ruben sur un corner tiré au premier poteau. Le stade est en fusion, les supporters sont déchaînés.
Le match est haché, les tacles très limites. Sur certains gestes, on se croirait dans une cage de MMA. D’ailleurs, suite à un coup de coude, Boca prendra un rouge assez rapidement dans le match (pour un total de 12 jaunes et 1 rouge). L’arbitre arrête le match plusieurs minutes suite à un jet de pétard sur le terrain.
Malgré la supériorité numérique, les joueurs de Central n’arrivent à faire le break et s’exposent à plusieurs situations TRES dangereuses, notamment en fin de match.
Au final, ils tiendront le score. 2è défaite en 1 semaine pour le leader Boca, et Rosario reprend une bouffée d’oxygène, en s’éloignant un peu de la zone rouge.

On sort du stade, on attend Pipa et Rodrigo dans une ambiance euphorique.
On refait le match avec les amis de Pipa que l’on croise ci et là puis retour à l’hôtel.
Sur le parvis, je rencontre 2 jeunes avec maillots de Central. Je crie “Vamos Central” dans un accent suffisamment dégueulasse pour avoir en retour un “where are you from ?
Je réponds France et Vicky, la jeune fille, me répond, avec un grand sourire : “ah mais tu es l’ami de Pipa ? Tu es connu ici à Rosario, il nous parle de toi depuis 1 semaine. Je devais vous rejoindre cet après-midi mais je n’ai pas pu, j’espère que tu as apprécié le moment mais j’en doute pas, ce sont des gens formidables“.

La soirée s’achève, je rentre à l’hôtel et regarde les résumés du match, des étoiles plein la tête. Cette journée était mémorable, inoubliable. J’essaye de me souvenir et je me demande si la dernière fois que j’ai ressenti ça n’était pas en 2003 lorsque j’ai passé mes oraux à Pau, pour ce qui constitue un moment crucial dans ma vie.
Je ne pense pas avoir réussi à transmettre à l’écrit les choses que j’ai pu vivre hier. Je me relis et je me dis “c’est naze, ça ne reflète pas du tout ma journée” mais il est 4h30, on va se contenter de ça.

VAMOS CENTRAL !

Cet article a été écrit au lendemain du match Central/Boca du 27/11/17.

 

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