“L’appétit vient en mangeant.” Après notre super week-end en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas, nous avons voulu découvrir un nouveau stade. Une nouvelle ville. Un peu sur un coup de tête, et à la dernière minute, nous avons contacté Au Stade pour nous aiguiller vers un bon plan. Et là, une personne sur Twitter (@Fouifoui9242) me propose un Nantes-St Etienne avec à la clé l’anniversaire des 20 ans de la Brigade Loire. Au départ, le spectre d’un bon vieux 0-0 de L1 ne m’a pas trop enchanté mais finalement la perspective de découvrir la Beaujoire et de voir s’opposer deux des plus beaux palmarès du foot français m’ont convaincu.

Le Trajet

L’avantage d’aller à Nantes en partant de Normandie est la (quasi) totale absence de péage (hormis Dozulé 4.20€). Le temps de trajet en voiture reste raisonnable avec environ 3h40 de route. Et en ce dimanche, la circulation était très fluide. A l’aller et au retour.

 

La Ville

Située en bord de Loire, Nantes est la sixième ville la plus peuplée du pays mais la première de la grande région Ouest. Malheureusement, notre temps imparti à la visite de Nantes étant très restreint, nous nous sommes contentés d’un tour dans l’hyper centre avec une pause déjeuner dans une petite crêperie près de la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul et de la Porte Saint-Pierre et de la visite du château des Ducs de Bretagne. Je ne vais pas, ici, relancer la polémique pour savoir si Nantes est bretonne (ou non) mais la question mérite d’être posée ?

 

Le Stade

Si nous avons opté pour ce match, c’est en grande partie de découvrir la Beaujoire. Dans mes souvenirs d’enfance, je me souviens de France-Belgique de l’Euro 84 où un certain Michel Platini réussit le hat-trick parfait (un but du droit, un du gauche et un de la tête) pour une victoire éclatante 5-0. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts de Nantes et d’ailleurs. Coco Suaudeau et sa bande ont aussi frappé la mémoire collective des fans de football. Après la visite très furtive du centre, nous avons pris la direction du stade. Nous avons stationné la voiture sur le parking (gratuit) du centre commercial Leclerc Paridis. Après quelques minutes de marche, nous découvrons enfin le stade. L’aspect extérieur nous rappelle que cette enceinte commence à dater un peu.

Construit pour l’Euro 84 organisé en France, la Beaujoire a depuis subi plusieurs modifications. A l’origine, la capacité était de 52 923 spectateurs rapportée à 38 285 en 1998 et maintenant seulement un peu plus de 35 000 places. Avant d’arriver à l’intérieur, nous devons escalader un grand escalier pour arriver à notre tribune. A notre place, l’inclinaison des gradins est assez saisissante. Nous surplombons la Brigade Loire, complète à l’occasion de leur vingtième anniversaire (Cf L’Atmosphère). Bref, la Beaujoire nous fait une belle impression avec sa toiture métallique caractéristique de 2 000 tonnes et son affluence de 35 191 spectateurs.

Le Match

Nantes avait à cœur de se racheter après trois revers consécutif en L1 sans un seul but au compteur. Une baisse de régime inquiétante après un bon début de saison pour les joueurs de Christian Gourcuff. De son côté, Saint-Étienne a redressé la barre depuis la nomination de Claude Puel. D’entrée, les locaux ont montré leur envie de prendre le match à leur compte. Les Verts, bien en place, attendent pour placer des contres.

Au quart d’heure, les Canaris trouvent enfin un décalage. Blas sert dans la profondeur, sur le côté droit, Benavente. Le péruvien s’enfonce dans la surface et la redonne à son coéquipier qui ajuste Ruffier (1-0). Nantes marque sur sa première occasion. Mais l’ASSE égalise rapidement sur une action mal dégagée par la défense nantaise. Le ballon arrive sur Honorat. Son centre trouve Trauco et, de la tête, le latéral gauche propulse la balle dans les filets d’un Lafont impuissant (1-1).

Nantes ne se laisse pas abattre. Sur une action anodine au départ, un mauvais contrôle de Kolodziejczak permet à Blas de gratter le ballon et servir en retrait Louza. Le milieu nantais trompe Ruffier d’une frappe sèche à l’entrée de la surface (2-1). Les visiteurs n’ont pas vraiment le temps de douter. Ils trouvent la brèche dans la défense nantaise. Et Trauco offre un caviar pour Bouanga. L’ancien nîmois décroisse sa tête pour offrir l’égalisation à St-Etienne (2-2).

Après la pause, Nantes ne parvient plus à prendre en défaut la défense stéphanoise. Pallois voit la barre repousser sa tentative de la tête sur corner et, quasiment dans la continuité de l’action, les visiteurs par Bouanga prennent un avantage définitif (2-3). Idéalement lancé dans le dos de Basila, couvert par Pallois, l’international gabonais bat Lafont avec l’aide de Giroto revenu tacler. Mais sa tentative désespérée prend à contre-pied Alban Lafont. Avec ce succès, l’ASSE monte sur le podium. Nantes tombe une quatrième fois consécutive. Une défaite assez cruelle pour une équipe en nette amélioration par rapport à ces précédentes productions mais encore en phase de convalescence et assez naïve sur certaines situations de jeu.

 

L’atmosphère

Principale association des supporters du FCN, la Brigade Loire célébrait ses 20 ans hier. L’occasion d’assister de nombreuses animations proposées par les supporters nantais. Pas moins de cinq tifos se sont succédés dans cette tribune. L’affluence des grands soirs a permis aussi d’assurer le show avec le déploiement de drapeaux aux couleurs du club (jaune et vert), les écharpes agitées et les chants variés tout au long du match.

« On savait très bien que c’était un match important aussi pour çaOn aime jouer dans des stades pleins. C’est beau, ce sont des trucs qu’on voyait à la télévision quand on était enfants. » – Ludovic Blas

Pendant le match, la BL n’a pas oublié d’exprimer leur désaccord envers Waldermar Kita : ” le FC Kita, on n’en veut pas “. Malgré cela, l’ambiance était à la fête. En dépit du (mauvais) résultat du soir. Mais pas d’anniversaire sans bougies. Les bougies en question se sont matérialisées par une nuée de fumigènes : de toutes les couleurs (rouge, jaune et vert). Et même un feu d’artifice tiré à l’extérieur du stade.

Nous noterons la présence de 370 supporters stéphanois dans le parcage visiteur. Une bonne nouvelle en cette période troublée en France et cette chasse aux support

ers de la part des instances (Ligue, préfectures …).

L’expérience groundhopping

Très belle expérience magnifiée par un match plein de suspens (avec des buts) et par l’anniversaire de la Brigade Loire. Cet événement a animé l’intégralité de la rencontre avec des très beaux tifos, une pléiade de fumigènes et une ambiance des grands soirs.

Si vous avez plus de temps, Nantes doit certainement offrir de multiples possibilités avec également le club de handball ou la présence de Rennes à seulement quelques kilomètres de distance.