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Tottenham – Wolves : on juge le nouveau stade.

Tottenham - Wolves

55£ Bloc 452
7.2

Le stade

8.0/10

Le football

7.5/10

L'atmosphère

5.5/10

La ville

7.5/10

L'expérience groundhopping

7.5/10

Pros

  • Pour un grand stade, c'est une merveille de conception.
  • Le quartier et voisinage n'a pas bougé.
  • Bien + facile d'avoir des places qu'à WHL.
  • Un match bien rythmé et indécis.

Cons

  • Des places vite très chères.
  • L'escroquerie de la consigne à 10£ pour un petit sac.
  • Manque encore un peu de personnalisation ?
  • L'ambiance un peu perdue peut-être ?
  • White Hart Lane était aussi une oeuvre d'art, qui n'existe plus....

Après Watford la veille, je continuais mon week-end groundhopping ce dimanche 1er mars (Tottenham – Wolves) avec mon 32ème stade anglais et mon 15ème stade actuel de Premier League : le nouveau White Hart Lane dit « Tottenham Hotspur Stadium ». Le précédent ayant été l’un de mes favoris en Angleterre (lire ici) aussi bien pour le stade que pour l’atmosphère, j’étais d’autant plus curieux de voir les changements avec ce stade de 62 000 places.

La billetterie

Le premier avantage de ce nouveau stade n’est pas des moindres : il est enfin possible de se procurer des places. Le club propose des ventes générales habituellement entre 24 à 48h avant le match. De mon expérience en ayant observé plusieurs matchs y compris vs Manchester City, presque tous les blocs sont disponibles à la vente. Les quantités restent néanmoins « faibles » car il ne s’agit que de places remises en vente par les abonnés. Si vous cherchez des places côte à côte cela complique un peu les choses.

Qui dit nouveau stade dit malheureusement des prix en augmentation… Une place dans les derniers rangs d’un virage (70ème rangée et +) on est déjà autour de 70e la place. Si vous espérez une place bien plus proche du terrain ou mieux en latérale, il faudra vite élargir votre budget à plus de 100€. Cela fait très mal.

La consigne

Le « scandale » ne s’arrête pas là puisque le Tottenham Hotspur Stadium a une politique très stricte sur les sacs, etc. Il n’est pas autorisé de faire rentrer un sac plus grand qu’un format A4. J’espérais un peu de souplesse de la part des stadiers en me ramenant avec un petit sac capable de ne contenir que du format A4 mais se furent déjà quelques centimètres de trop pour eux. Il faut alors passer par la consigne officielle du club : il faut payer 10£ pour chaque sac ! Une véritable escroquerie alors que les prix des places sont déjà aussi élevés.

Et si vous quittez le stade un peu après les autres vous allez vous retrouvez à attendre potentiellement une trentaine de minutes de récupérer votre sac. C’est de la merde et pour un groundhopper ça pourrait lui empêcher d’être dans le timing pour faire un autre match. Ce constat est d’autant plus vrai qu’on est en Angleterre : quasiment tous les stades, comme Vicarage Road hier, nous laissent rentrer avec des sacs en les fouillant à peine.

Voilà donc déjà pour quelques gros points négatifs sur ce nouveau stade.

Le stade

Maintenant attaquons quand même les points positifs. Si Tottenham a perdu l’un des plus beaux stades de Premier League, il a en retour récupéré un gigantesque stade à l’architecture épurée et noble. On ne peut pas reprocher au club d’avoir voulu grandir en passant d’un stade de 36 000 places incapables de répondre à la demande à ce Tottenham Hotspur Stadium de 62 000.

Au-delà de l’architecture du stade, j’aime le fait que Tottenham ait fait ce stade à côté (et même un peu par-dessus) l’ancien.

On a donc un quartier autour qui n’a pas changé avec des bâtiments délabrés qui viennent se confondre étrangement à ce stade tout neuf. C’est un sentiment agréable que l’on observe dès notre chemin vers le stade en arrivant depuis l’overground.

Vous retrouvez également les petits restaurants habituels dans les rues autour du stade. On a même mangé dans un resto sur le trottoir face au stade. On peut donc dire que Tottenham a respecté ses engagements en restant dans le même quartier sans le dénaturer.

Tottenham - Wolves

Ce n’est sans doute pas tant l’extérieur du stade qui intéresse le club. En effet, lorsqu’on rentre dans le stade après une « fouille électronique » les coursives extérieures ne servent encore qu’à circuler (aucun food-truck, etc).

Changement total de décor dans les coursives intérieures pour une densité de restaurants, micro-brasserie, stands que je n’avais jamais vu à ce jour. Il y’en a partout et à tous les étages pour permettre un service rapide (un bar long de 65 mètres, un stade en mesure de servir 10 000 pintes à la minute). Les choses sont bien faites pour que les gens aient envie de venir en avance dans le stade afin de consommer à l’intérieur. Malgré l’afflux de supporters les couloirs restent suffisamment grands pour circuler sans trop se bousculer.

Il est maintenant temps de rentrer dans le virage sud surnommé le « mur blanc » (en référence à celui de Dortmund) avec ses 17 000 supporters. On continue les bonnes idées puisque le stade est extrêmement compact. Les meilleurs sièges ne sont même qu’à 7,9 mètres de la pelouse. On respecte la tradition anglaise des tribunes proches. Pour s’en tenir à cette exigence, l’espace entre les rangées du virage est resté relativement réduit pour un nouveau stade. Les espaces et places VIP se font aussi bien discrets en ne nous sautant pas aux yeux lorsque l’on regarde le stade. C’est un bon point.

On peut ainsi monter jusqu’à une centaine de rangées, non sans un peu avoir le vertige, en gardant une bonne vue sur le terrain.

C’est du beau boulot. Il y’a même dans les coins du bas de tribune des espaces de safe standing pour les supporters. Rester debout est sinon interdit dans toutes les autres parties de la tribune. Bah ouai, ça aussi c’est l’Angleterre.

 

Petit comparatif avec l’ancien stade :

 

L’atmosphère

Y’a-t-il une relation de cause à effet entre la qualité du service dans les coursives et l’affluence excellente dans les tribunes avant le coup d’envoi ? On peut sans doute se dire que oui. Les anglais n’ont pas pour habitude de remplir aussi bien le stade aussi tôt. Tottenham comme Arsenal peuvent bien avancer des affluences et des taux de remplissage proches, de mon point de vue les deux clubs ne sont pas comparables. Le Tottenham Hotspur Stadium est plein comme prévu contrairement aux chiffres « trafiqués » (ou à la mauvaise gestion des tickets) de son rival. Sur cette vue panoramique vous observerez également la dimension des écrans géants parmi les plus grands d’Europe…

Quelques chants habituels des Spurs sont repris par le stade entier pour le coup d’envoi du match mais pour le reste c’est très inégal. Quelques chants sont lancés au hasard du bon vouloir de certains fans sans aucune organisation. C’est l’Angleterre. Je ne crois pas que les fans dans les emplacements de safe standing étaient plus dynamiques qu’ailleurs dans le stade.

Pour ne comparer que mes uniques expériences dans l’ancien et le nouveau stade, l’ambiance semble s’être quelque peu perdue. Ils n’ont passé la seconde mi-temps qu’à gueuler stupidement sur l’arbitrage (qui a été bon). Ce n’est pas un constat définitif pour autant car la situation du club n’est pas excellente actuellement… Mais y’a quand même des choses mieux à faire, même le nom d’un buteur n’est pas scandé par la foule et les célébrations se sont faites sobrement.

Côté visiteur, on se félicitera comme il est de tradition d’avoir un espace visiteur tout en bas de tribune sur un coin qui occupe une partie du virage et de la latérale. Les supporters des Wolves ont pu se faire entendre mais ils étaient très loin de moi pour davantage les remarquer.

Le football

L’ambiance au stade ne nous aura laissé aucun souvenir mémorable mais c’était mieux sur le terrain malgré les absences de Kane et Son. Le match a pendant longtemps été indécis puisque Tottenham a mené 2-1 avant de perdre l’avantage 2-3 score final.

On regrettera que Tottenham n’ait pas été vraiment capable de pousser en fin de match, exaspérant par la même occasion les fans qui n’auront pas manqué de siffler la prestation de l’équipe. Avec l’effectif actuel et les blessés, ce n’est pourtant pas si surprenant de voir Tottenham pouvoir se faire accrocher par une équipe aussi cohérente que les Wolves. Bon, quelques jours plus tard ils se feront sortir de Coupe par Norwich à domicile. Le dossier de Mourinho commence quand même à bien s’alourdir avant une échéance importante en Ligue des Champions.

L’expérience groundhopping

L’expérience est un peu mitigée principalement à cause des prix déjà excessifs (sauf en se contentant des virages en hauteur) même si on n’en est pas bien étonné puisqu’il n’y a rien de pire qu’un combo Londres + nouveau stade. On parle d’un stade qui a couté 1 milliard de livres, c’est colossal. Cela devient « inacceptable » lorsqu’on impose une consigne à 10£ au moindre sac à dos. Ce sont des mesures disproportionnées qui nous font comprendre que nous ne sommes que des clients.

Si on fait abstraction de l’argent, je dois bien admettre qu’ils ont construit un stade incroyable qui réussit à légitimer sa construction malgré la beauté de l’ancien ! On peut lui trouver des arguments à la pelle : rien n’a été fait au rabais (forme du stade, matériaux utilisés, etc), au même endroit que l’ancien en gardant ses alentours authentiques, des innovations (la technologie utilisée pour la brasserie, les écrans géants), des tribunes toujours plus proches du terrain, un virage de 17 000 sièges qui le rend unique, etc.

C’est un très beau projet sans doute nécessaire pour accueillir les fans de Tottenham. Il faudra observer son évolution dans les prochaines années car le club ne s’est pas encore imposé parmi les mastodontes du football mondial. Comment réagiront les fans dans le temps avec ces mêmes prix si le club commence à rater des qualifications pour la LdC et est dans l’incapacité de jouer les 3-4 premières places en championnat national ? Le moindre petit écart de gestion sportive en Angleterre peut rapidement vous sortir de la compétition pour le Top 5. Est-ce que le club ne deviendrait alors plus qu’une entreprise commerciale énervante pour ses fans à la manière d’Arsenal ou l’OL ? A suivre.

Stade
Ville
Ambiance
Summary
Co-fondateur et rédacteur | Website

Familiarisé aux parcages pour suivre le FC Nantes, un stage sur Liverpool, mon autre club de coeur, a développé ma passion pour le groundhopping en 2016. Cofondateur au-stade.fr.

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