Federico Roccio accredité

Interview de Federico Roccio, le plus grand groundhopper d’Italie

A l’occasion de cette nouvelle saison 2019/2020, Au Stade se diversifie. Nous avons pour l’occasion rencontré Federico Roccio, le plus grand groundhopper d’Italie afin qu’il nous narre sa passion du groundhopping.

Federico Roccio, groundhopper

Interview

Au stade (AS) : Salut Frederico, merci de nous accorder cette interview. Pour ceux qui ne te connaissent pas tu peux te présenter ?

Frederico (F) : Tout d’abord, laissez-moi me présenter: je m’appelle Federico Roccio, j’ai 30 ans et je viens de Milan.
Je suis cuisinier, j’ai travaillé ces dernières dix années dans les cuisines de restaurants italiens, suisses et britanniques.
Depuis deux ans, j’ai décidé de m’engager dans une nouvelle vie: après avoir reçu une reconnaissance internationale parce que j’étais l’Italien qui a visité plusieurs stades à travers le monde (570 stades dans 40 pays), par les créateurs de l’application Groundhopper, j’ai décidé d’ écrire un livre qui raconte à tout le monde mon expérience à travers 500 stades et 30 pays.

AS : Tu as sortis ton livre « Il cacciatore di stadi » Il y a maintenant 1 ans qui traite de tes groundhopping dans les stades , peux-tu nous expliquer de comment t’es venu cette idée de créer se livre ?

F : L’idée du livre est née presque comme une blague avec les garçons du Calcio Padova, avec lesquels je joue à Fantacalcio (Fantasy Football). Finalement j’ai décidé de raconter à tout le monde mon voyage, mon expérience dans ces 500 stades dans 30 pays, ce qui m’a permis d’obtenir le record national des stades et des matchs vus.

AS : Combien de temps as tu mis faire se livre ? Par quoi as-tu commencé ? Est-ce que tu avais déjà écrit des comptes rendu de tes voyages ?

F : Il m’a fallu environ un an pour écrire ce livre, c’était vraiment difficile, j’ai passé des nuits entières à écrire, mais finalement j’ai réussi, je l’ai fait. Ce qui a été très difficile pour moi, c’est le fait que je n’ai jamais écrit d’histoire, puisque je suis né en tant que chef et que je ne suis pas journaliste.

AS : Comment as-tu géré l’engouement que ton livre a pris ?

F : Rester humble, toujours terre-à-terre. J’ai réalisé mon rêve et c’est la plus belle chose pour moi. Le prochain objectif sera de pouvoir imprimer ce livre en anglais … J’y travaille !

Livre groundhoppin

AS : Quand on regarde sur ta page  Instagram, tu as fait 40 pays, et 570 stades, mais au départ de cela qu’est ce qui t’as motivé à faire du groundhopping ?

F : Ma passion pour Groundhopping, je peux dire qu’elle est née dans deux phases cruciales de ma vie.

La première fois, en mai 2007, J’ai assisté à tous les matchs à San Siro de la saison de l’équipe du Milan j’avais un objectif : la finale d’Athènes. Il y a eu une discussion animée avec mon père, étant mineur et jusqu’à ce que je sois majeur, je devais faire ce qu’il disait sous son toit … Dommage que j’avais 17 ans et 11 mois ! De là vient en moi ce truc qui émerge un peu chez tous les jeunes quand on devient adulte, ou « maintenant je peux faire ce que je veux ». Premier long voyage pour Lecce-Milan, j’ai pris un train, j’ai fait 14 heures aller et 14h pour revenir à Milan pour un match nul 1-1.

La deuxième phase a eu lieu à l’occasion de mon voyage en avion à Catane en 2009. Lorsque je me suis entretenu avec des amis qui ont été autour des stades pendant 4-5 ans, ils se sont moqués de moi parce que j’avais vu peu de scènes marquantes avec des supporters dans des stades. Je me suis dit: « S’ils réussissent, je peux le faire aussi! » Le soir même où Huntelaar, surnommé « The Hunter, Il Cacciatore », avait marqué deux fois dans les dernières minutes du match, mon surnom inévitablement été inventé: The Stadium Hunter. Pendant la saison 2009-2010, j’ai terminé la série A et j’ai commencé à visiter les stades des championnats pour cadets en Italie et les pays les plus proches, tels que la Suisse et la France.

AS : Au départ de tes aventures groundhopping, quels stades/pays tu as voulu aller voir en premier ?

F : Mon rêve était de voir une partie de West Ham dans sa vieille maison: Upton Park. J’ai vu West Ham – Liverpool, des bulles de savon se sont levées et tous les fans ont chanté l’hymne « I’m forever blowing bubbles », c’était vraiment une sensation unique.

 


De notre côté, on est allé voir West Ham dans son nouveau domicile, London Stadiun


 

AS : Est-ce que tu pourrais nous dire combien tu as dépensé dans tes voyages ? Et si maintenant encore tu les payes toujours ?

F : Je n’ai jamais fait un calcul exact de combien j’ai dépensé.

Je pense en gros avoir payé environ 50 000€ par an, soit en 50 ans environ 2.5M€ ! J’aurais certainement eu moins de difficulté à payer l’hypothèque de la maison depuis mon mariage, mais la passion n’a pas de prix !
Mes voyages sont toujours financés par moi-même. Le groundhopping est ma passion et mon passe-temps, je répète pour moi que c’est inestimable.

AS : On peut voir sur certaines de tes photos tu as un dossard avec une accréditation comment tu fais pour te procurer cela ?

F : Il y a quelques années, j’ai eu la chance de rencontrer un garçon du Royaume-Uni (journaliste) capable de m’accréditer dans divers stades du monde entier … c’était un coup de chance, mais tous mes voyages continuent à être autofinancés ! Alors j’essaie d’économiser le prix du billet !

Federico Roccio accredité

AS : Tu as une page Facebook  « Stadium Hunter » peux tu nous dire à quoi consiste cette page et avec qui tu l’as tiens ?

F : La gestion d’une page en ligne est vraiment une tâche difficile, vous devez avoir de la persévérance et beaucoup de temps à consacrer. Constance qui m’a amené à compter un peu plus de 38 000 «j’aime», bien que ces derniers temps, pour des raisons professionnelles et proche du mariage, je ne puisse plus consacrer beaucoup de temps. L’idée a toujours été de faire connaître au monde entier les plus beaux stades mais aussi les plus étranges !

AS :  De quelle ambiance, quelle tribune, quel stade et enfin quel pays gardes tu le meilleur souvenir ?

F : En termes d’ambiance, sans aucun doute le Celtic Park à Glasgow. Il y a eu la plus belle atmosphère du monde et le climat du stade était fantastique. J’ai vécu en Écosse pendant cinq mois et j’ai eu la chance d’assister à deux Old Firm, le derby entre Celtic et Rangers … Quelque chose d’incroyable et d’indescriptible. Préparez la veille en buvant des rivières de bière jusqu’à l’heure du match. Le lendemain, il est de coutume de prendre un jour de congé !! Un de mes amis écossais m’a toujours dit: « Je ne prie pas pour ma famille dans l’église, je ne prie pas pour mon travail … Je prie Dieu juste pour faire gagner le Celtic ! » J’étais aussi fan en 2013 pour un match à Milan. Le Celtic a perdu 0-3 à cette occasion, mais les fans ne se sont pas arrêtés fr soutenir l’équipe en chantant tout au long du match. À la fin du match, tous les fans du Celtic sont passés dans le secteur des invités et nous ont applaudi pour la victoire alors qu’ils nous jetaient leurs écharpes. Un truc fou. J’ai passé la nuit à boire avec les garçons de la brigade verte jusqu’à 5 heures du matin !

Si nous parlons de moderniser les installations, mes préférés restent l’Allianz Arena à Munich en Allemagne, visité à l’occasion d’une Audi Cup (double match: Bayern Munich – Milan et Real Madrid – Tottenham) et le Luzhniki de Moscou, visité l’année dernière à l’occasion de la Coupe du monde Portugal – Maroc.

Enfin, pour l’hospitalité, le meilleur pays visité jusqu’à présent est la Grèce: ils sont toujours heureux, ils mangent et boivent toujours! Mais soyez prudent: lors de matchs à domicile comme Olympiakos, Panathinaikos et AEK Athenes, les supporters ne sont pas aussi hospitaliers!

AS : Est-ce que tu as un rituel à chaque fois que tu vas voir un match ?

F : Oui. J’essaie toujours de porter un type particulier de boxer, le même type de chaussettes, un jean, des polos, des lunettes et une veste … Je ne peux le faire que lorsque je dois être absent un jour du boulot !

AS : Enfin, quelle vision as-tu du supporterisme dans le monde ?  Sachant que tu viens d’Italie, plus précisément de Milan, où il y a un engouement très fort dans les stades.

F : Les supporters sont l’âme et le cœur des stades. Sans eux, le football ne pourrait pas exister, les fans sont tout !

 

Un grand merci à Federico pour cette interview pleine de passion. Vivons le foot au stade

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