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Legia Varsovie - Gornik Zabrze

13€ Sektor 111
8.4

Le stade

8.0/10

Le football

8.0/10

L'atmosphère

9.0/10

La ville

8.0/10

L'expérience groundhopping

9.0/10

Pros

  • Ambiance extra jusque dans les latérales.
  • Environnement autour du stade et du virage (graffiti, bâches).
  • Liberté de se déplacer dans la latérale.
  • La fête nationale et son cortège tout en fumis.
  • Une ville qui semble bien agréable...

Cons

  • mais pas eu le temps de suffisament l'explorer.
  • Un manque d'adversité ? (je m'en fous)

Voyager le week-end d’un jour férié (11 novembre), c’est toujours compliqué avec des prix qui grimpent exponentiellement quelque soit le type de transport. Alors dès le mois d’avril je m’étais lancé dans une réservation vers Varsovie pour 70€ sans même savoir que c’était également la fête nationale de l’indépendance en Pologne (voir en bas d’article).

D’un point de vue football, le calendrier m’a donné le match du Legia Varsovie le samedi contre Gornik Zabrze.

Acheter son billet

Avant d’attaquer avec Varsovie et ce premier match polonais du week-end, je remercie les spécialistes polonais @OwskiMateusz et bien d’autres pour les conseils. Ils ont notamment fait un magnifique et indispensable guide du Routarski sur la Pologne :

Ces conseils sont en effet utiles car la Pologne exige régulièrement un “PESEL” pour commander sur la billetterie en ligne. Pour le Legia, celui-ci était requis. En tant qu’étranger je n’ai pu acheter mon billet qu’au stade après un essai infructueux dans un établissement similaire à la FNAC (Empik). Pour se présenter aux caisses du stade (2-3 bureaux en intérieur et quelques guichets en extérieur) qui se trouvent à côté du “Sports Bar”, il est indispensable d’avoir une carte d’identité. Le billet est ensuite nominatif et votre identité contrôlée à l’entrée du stade.

L’affluence du stade est suffisamment bonne pour me mettre un léger doute pour acheter un billet le jour J si c’était contre leur plus gros rival du Wisla Cracovie. Si vous commencez à venir par groupe, je ne suis pas certain que vous puissiez choisir “exactement” là où vous voulez être. Vous verrez plus loin que des tribunes, celles qui semblent visuellement pleines, valent bien plus que d’autres.

Ce qui est en tout cas agréable, c’est le prix du billet : environ 12€ même en latérale. L’achat sur place n’est pas une habitude pour moi, ça doit être même la première fois que je procède ainsi… Ayant quand même fait le voyage principalement pour un tel match, ça m’a un peu forcé à me présenter 2 heures et demi avant au stade. Du temps perdu pour visiter la ville. Entre-nous, même si j’avais eu ma place je serais venu au stade 1h30 avant. Mais pour d’autres, si vous venez avec quelqu’un d’un peu plus désintéressé par le foot, lui vendre une arrivée environ 2 heures avant au stade c’est compliqué.

Le stade

Je me présente donc au Stade de l’armée polonaise plusieurs heures avant. Comme conseillé dans le guide du Routarski, on peut profiter de nombreux graffiti sous le pont ou du Sports Bar avec sa belle déco et notamment des murs recouverts de stickers dans les WC (j’y suis rentré sans m’attarder, car je cherchais la billetterie). C’est sans nul doute ce qui participe grandement au charme du stade.

Son autre avantage est sa situation géographique : il n’est qu’à 30 minutes à pied de la ville, c’est à peine plus long qu’un trajet en transport public. La marche est donc recommandée même si ça ne fait économiser qu’à peine 1€.

En bonne saison, il y’a un premier parc sur la route (Marshal Edward Rydz-Śmigły Park) et surtout collé au stade le Łazienki Park qui semble être l’une des attractions les plus agréables de Varsovie selon TripAdvisor. Perso, faute de temps, je n’ai pas pu faire le petit détour. C’était aussi le premier groundhopping de la saison où il commençait à faire (trop) froid. C’est mieux que j’y revienne à une autre époque de l’année.

Le Stade l’armée polonaise n’est en lui-même pas extraordinaire mais sans défaut et malgré tout unique par sa forme du toit, ou par une entrée dans les coursives (en extérieur) soignée.

De l’intérieur c’est très compact et la couleur verte y est logiquement dominante, même pour les panneaux publicitaires. C’est un très bon point. Depuis la tribune latérale j’ai également énormément apprécié de pouvoir “abandonner” ma place pour me placer en haut de tribune, derrière les places handicapées. Ainsi, il est possible de se balader sur toute la longueur de la tribune comme bon nous semble pendant le match, de commander sans perdre de temps, et de rester debout pendant le match.

L’atmosphère

En plus des graffiti et autres stickers, l’atmosphère est déjà assez agréable dès l’extérieur du stade par les couleurs du club portés par la majorité des fans. Je dois dire que les couleurs du club et la façon dont elles sont utilisées en merchandising sont superbes, que cela soit du classique (par l’utilisation du simple logo “L”) ou du plus original. (l’emblème, l’utilisation des couleurs vertes, etc) Je trouve remarquable toutes les écharpes, toutes les vestes, les sweats qui sont portés. Cela donne vraiment envie de faire des folies dans leur boutique et d’afficher en quelque sorte, un signe d’importance à ce club.

Mais c’est bien les supporters dans le stade qui vont donner toute la saveur de ce stade, de ce club. Malgré ma place latérale juste à côté du virage des ultras, la moitié de ma tribune reste debout tout le match. On peut la considérer en véritable continu du virage puisque les chants sont constants. C’est donc un positionnement absolument parfait en tant que groundhopper : vous n’êtes pas avec les ultras (pas de risque en tant que touriste ne parlant pas la langue, prenant des photos, etc) mais vous restez totalement dans l’ambiance.

Et si souvent assister à un match dans un pays d’une langue étrangère amène sa frustration de ne pouvoir s’intégrer correctement aux animations, je n’ai pas eu ce problème. De nombreux chants sont faciles à suivre et reprendre (à base de “LEGIA” et “WARSZAWA” évidemment), il y’en a d’autres qui demandent de taper dans ses mains, etc. Certes je n’ai pas de quoi m’en casser la voix mais c’est bien suffisant pour me sentir investir tout le match comme si j’étais polonais et que je comprenais quelque chose d’une langue sans voyelle.

Si tel miracle est possible, tout l’honneur revient à l’incroyable kop du Legia qu’on voit quasiment chaque semaine dans les highlights des tribunes d’Europe. La coordination des chants et de la gestuelle est incroyable. C’est du travail professionnel et un véritable art. Ce sentiment va aussi se retranscrire avec le parcage visiteur. A chaque fois le chant et la gestuelle semblent reproduites en rythme par l’entièreté de la tribune, que ce soit en tribune basse ou en tribune haute. Il est facile de suivre les ordres des capos grâce à l’excellente sono que j’entendais également distinctement.

A défaut d’un grand spectacle pyrotechnique aujourd’hui, mon autre plaisir du soir était évidemment porté sur le travail visuel réalisé pour le tifo d’entrée des joueurs. Suite à ce tifo, il a ensuite bien fallu jusqu’à 20 minutes de jeu aux ultras pour terminer de poser toutes leurs belles bâches et banderoles (dont une au dessus de ma tribune). Pour ainsi dire, je n’ai pas passé énormément de temps à regarder le terrain en début de match.

 

Finalement, toutes ces choses positives dites m’emmène peut-être au seul éventuel défaut un peu con à dire : lors de chacun des nombreux buts (5-1), l’ambiance n’était pas exceptionnellement plus belle ou dingue. Les standards sont en fait trop élevés le reste du match pour sentir un gap conséquent sur un but. En revanche, on apprécie le jeu entre les tribunes sur un but. Comme en Allemagne, le score est demandé pour chaque équipe et les supporters répondent. Sauf qu’ici ce jeu existe sans besoin du speaker. Les ultras se font eux-mêmes speakers en demandant au reste du stade de leur donner le résultat.

Après le match, ils se font même un chant avec les joueurs. Le virage lance une phrase. Les joueurs répondent. Et ainsi de suite. C’est vraiment cool.

Pour les visiteurs, j’y ai fait allusion plus haut : ça reprend les mêmes qualités d’organisation et la même participation intégrale des supporters avec quelques petits plaisirs pyrotechniques en plus. Le parcage était d’ailleurs bien plein. Mes yeux étaient surtout tournés vers les fans locaux alors je les ai surtout distingué quand ils se sont tous mis torse nu malgré le froid.

Pour finir cette partie, un petit point “Beauté” que sauront apprécier certains : on a un spectacle de pom-pom girls à la mi-temps et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils n’ont pas pris les plus moches. Et là aussi, il fallait bien être réchauffé pour elles avant d’entrer sur la pelouse. De ce que j’en ai aperçu en trois jours, les polonaises semblent de toute façon toutes très belles. C’était bien ce même sentiment pour l’entrée dans le stade avec des filles très dynamiques (ça criait) qui récupèrent des dons pour les animations des ultras. Je comprends mieux la réussite du financement de ces magnifiques tifos !

Le football

Le Legia Varsovie truste la première place du classement du championnat de Pologne et venait même de mettre un humiliant 7-0 au rival du Wisla. Ils auront été à peine plus sympathique avec l’adversaire du soir puisqu’ils leur ont mis un 5-0 avant la réduction du score à 5-1 à la 76ème. Par un tel score, deux analyses s’imposent : d’un côté, le Legia a forcément été bon pour en arriver à un tel résultat. Et il est vrai que le match était plaisant. De l’autre, l’adversaire était évidemment trop faible.

La ville

Je n’ai pas pu visiter la ville samedi puisque c’était le jour de mon arrivée, ni le dimanche puisque je partais à Gdańsk et que j’ai raté mon bus de retour sur Varsovie. Je suis donc revenu vers 10h sur Varsovie lundi, jour de la fête nationale de l’Indépendance en Pologne donc des conditions particulières. Un A/R rapide au Kapsula Hostel que je recommande grandement au passage (sauf aux claustrophobes puisqu’on dort dans une “capsule”) et me voilà de retour en ville. J’ai visité la vieille ville de Varsovie pendant une heure puis j’ai assisté au début de la cérémonie à midi. Et c’était pas moins chiant que les cérémonies qu’on connaît. Un petit stop pour manger un Zapienkanki (une sorte de demi-baguette avec champignons, fromage, etc) et je pars me placer pour le cortège.

Reportage photo de la fête nationale de L’indépendance en Pologne

Je ne vais pas rentrer dans les détails politique car je ne maîtrise pas suffisamment la situation et pas du tout la langue pour comprendre les slogans, entre la participation des citoyens “ordinaires” aux cortèges et l’éventuelle utilisation de cette fête nationale par l’extrême-droite, etc. Lire ici : L’extrême droite défile à Varsovie.

 

J’ai personnellement pris mon plaisir en faisant le photographe sur toute la durée du cortège au milieu des innombrables fumigènes. Qui plus est le cortège permettait de passer par quelques zones agréables de la ville, et notamment le stade nationale de Varsovie.

Non loin du stade, la soirée se finissait par des concerts et un feu d’artifice.

J’ai observé le feu d’artifice d’un peu plus loin car je me dirigeais au concert de Chrysta Bell (les fans de David Lynch et Twin Peaks apprécieront). J’ai découvert l’artiste à travers la programmation de Varsovie et c’est absolument recommandable ! D’autres concerts avaient sinon lieu en ville dans la journée.

L’expérience groundhopping

Le Legia Varsovie est un club et stade absolument à faire pour l’ambiance donnée par ses fidèles fans. On pourrait comparer cela au Rapid Vienne en terme d’expérience. Le début de la fête nationale était un peu poussive mais dès le début du cortège, c’est devenu impressionnant et plaisant à observer. C’était du pur hasard mais combiner Legia + fête nationale, c’était lourd. La ville a sinon l’air agréable, et je n’ai pas parlé des nombreuses autres possibilités de voir du football en Pologne et même sur Varsovie. Par exemple, le Polonia Varsovie jouait le vendredi soir. Je vous conseille d’ailleurs de suivre @rwilkowski1 sur Twitter. C’est un expatrié qui vit en Pologne et passionné de groundhopping. Ses tweets et photos vous donneront assurément envie de venir découvrir le football polonais, quelque soit les niveaux. Une expérience assurément à faire et facilement accessible avec des aéroports à Varsovie, Cracovie et d’autres villes.

Co-fondateur et rédacteur | Website

Ex-abonné du FC Nantes depuis mes 10 ans, j'ai traversé la France pour les soutenir. Ma passion pour le groundhopping s'est développé en 2016 suite à un stage sur Liverpool.

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