Menu Fermer

Manchester United – PSG en parcage

Il en est des stades qui valent le coup, d’autres non. Old Trafford tombe dans la 1ère catégorie. Une antre impressionnante, des tribunes pleines d’histoire (Stretford End), le respect des anciens (Sir Alex Ferguson Stand) et une affiche inédite dans l’histoire du foot. Reste-t-il encore des confrontations où des grands clubs européens ne se sont pas encore rencontrés après presque 100 années de Coupe d’Europe ? Simplement, il fallait être à ce Manchester United – PSG et ce fut une expérience inoubliable.

Comme vous le savez tous, la demande était énorme pour ce match et ceci fut prouvé par les 3 700 supporters parisiens ayant fait le déplacement. Je faisais partie des 800 ultras mais, pour des raisons logistiques, je décidai de faire l’aller en avion via Milan. Le vol Easyjet était rempli d’une bonne moitié de supporters parisiens. Mon voisin espère une victoire de notre chère équipe, je lui dis prédire une victoire 3-2 de United.

Arrivé à Manchester, le Brexit ne change pas grand-chose à notre accueil. Les passeports sont contrôlés digitalement tout comme avant le référendum. Je fus habitué à pire dans d’autres contrées plus accueillantes comme la Suisse qui m’ont fait un sacré bodycheck. Une bonne surprise donc.

Après un changement de train, moi et des compères décidons de faire le trajet à pied de Piccadilly en s’aidant de Google Maps pour se diriger vers Victoria Road (nous devions tous échanger notre contremarque conte le billet du match au National Football Museum situé à côté). Les fumigènes sont de sortie et nous dansons déjà (je ne le sais pas encore mais certains de ses supporters viennent de se taper 16 heures de bus donc pas étonnant qu’ils veulent se dégourdir les jambes !). Comment aller à Old Trafford est un mystère pour moi ; je n’ai fait que suivre la foule qui a pris un tram dont la ligne 13 du métro parisien n’a rien à envier (une bonne dizaine de minutes de bouchon).

Pas vraiment le temps de visiter les environs d’Old Trafford avec la présence policière. Vu notre nombre élevé, entrer dans le parcage prend une bonne heure mais quel spectacle pour les yeux ! Cette sensation que vous avez quand votre gagne-pain est un stade lambda de Ligue 2 et que vous vous retrouvez devant un ogre qui a accueilli nombre de championnats anglais et des finales de Ligue des Champions. Une antre comme il y a très peu en Europe (9ème plus grande stade sur le vieux continent).

J’avais mentionné mon pessimisme concernant le PSG vu les absences côté parisien : pas de Cavani, Neymar ou Rabiot (chacun se fera son opinion mais si on paie son salaire, il devrait jouer… surtout ce genre de match) et un Verratti à 50%. En face nous avons une bête blessée par plusieurs années de foot soporifique sous Mourinho qui se réveille sous Solskjaer, buteur maison de la fin des années 90 et début des années 2000, refusant de perdre (allant même jusqu’à battre Tottenham à Wembley donc ce n’est pas seulement contre des buses). Ce qui se passa fut tout autre et je suis le premier à admettre que je n’aurais pas mis un kopek sur une victoire 2-0 du PSG.

Non ce qui se passa est un plan anti-Pogba de Tuchel qui paraît simple après coup mais il fallait y penser. Marquinhos a déjà fait des prouesses en tant que milieu défensif mais ce soir-là il a littéralement dévoré Pogba et donc l’embellie offensive des hôtes. C’était vraiment une décision à pile ou face. Si Pogba réussissait à se dépêtrer du marquage du brésilien, le match aurait été tout autre. Le back four parisien aurait été beaucoup plus en péril et les appels de balle de Lingard et Martial furent bien plus dur à contenir pour Kehrer et surtout Bernat qui joua plus haut que l’Allemand.

Le 1er acte reste une mise en place tactique, une observation des uns et des autres avec une incapacité mancunienne d’inquiéter l’arrière-garde française alors que Draxler, Di Maria et Mbappé commencent à prendre leurs aises sans succès (l’Argentin faisant son possible pour tout rater). L’attaquant français est pour l’heure frustré car il ne part pas de loin en faisant admirer sa pointe de vitesse extraordinaire mais son côté félin et renard des surfaces fut révélé avec le 2nd but peu après l’ouverture du score de Kimpembé sur un corner de Di Maria.

Là n’est pas le plus impressionnant cela dit. La gestion du match de certains joueurs expérimentés est admirable. Je veux m’adresser particulièrement à Thiago Silva et Dani Alves qui sont d’une sérénité et d’une quiétude extraordinaires. Le rouge de Pogba n’est que le « icing on the cake ».

Est-ce un tournant ? Probablement. Évitons de nous enflammer et  provoquer un peu probable turn-around (ou remontada à l’anglaise) mais une victoire dans un si grand stade, avec ces absences face à un adversaire en pleine bourre fait forcément réfléchir.

Ravi d’avoir pu faire partie des 3 700 légionnaires parisiens qui ont mis l’ambiance à Old Trafford, je remercie du fond de mon cœur le Collectif Ultras Paris (CUP) sans qui ce déplacement n’aurait probablement pas eu lieu.

Aller à la barre d’outils