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Le derby éternel : Etoile Rouge de Belgrade – Partizan Belgrade

Le derby de Belgrade : Etoile Rouge - Partizan

11€
8

Le stade

8.0/10

Le football

5.0/10

L'atmosphère

10.0/10

La ville

7.0/10

L'expérience groundhopping

10.0/10

La date du mercredi 27 février 2019 était cochée dans mon calendrier depuis quelques mois. Ce qui peut vous paraître surprenant au moment où vous débutez la lecture d’un article sur un match s’étant disputé le … 2 mars. Bienvenue dans le championnat serbe, où une journée de championnat peut être décalée officiellement, sans raison apparente, 10 jours avant sa date initiale. D’ordinaire plutôt habitué aux championnats situés plus à l’ouest de l’Europe, avec une préférence nette pour l’Allemagne, cette pratique me surprend quelque peu et surtout m’oblige à changer mes vols à la dernière minute. Mais peu importe : après en avoir rêvé depuis quelques années, en 2019, j’assisterai au derby de Belgrade !

Il ne s’agit que de ma 7e expérience dans un pays de l’Est, la première pour un match aussi attendu. J’ai donc tout à découvrir et me laisserai parfois surprendre par des choses qui paraîtront banales aux habitués de ce genre de rencontres. Le derby de Belgrade est surtout connu, sous nos latitudes, pour la violence qui l’entoure. Je n’ai jamais vu un média francophone s’y intéresser pour d’autres raisons ou chercher à casser les clichés qui s’y rattachent. Je vais donc modestement tenter de le faire ici. « Quoi, tu vas voir le derby à Belgrade ? Mais t’es malade ! » : voilà en substance les commentaires entendus par ma femme et moi avant notre départ. La plupart du temps effectués par des personnes peu, voire pas du tout, habituées au monde des tribunes. Et parfois même pas habituées à aller voir du foot au stade tout simplement.

La ville

Un petit mot sur la ville de Belgrade avant de passer au match. Si ce n’est probablement pas la plus belle d’Europe, elle dégage un petit quelque chose qui fait qu’on a envie d’y retourner. Le quartier bohème est particulièrement sympa et on y mange très bien, le centre-ville regorge de magasins et de restaurants alors que le Kalemedgan (parc dans lequel se trouve l’ancienne forteresse de la ville) ainsi que les rives de la Save méritent plus qu’un petit coup d’œil.

Pour ne rien gâcher, la population est particulièrement accueillante et tout le monde ou presque parle anglais. Enfin, les prix sont particulièrement attractifs et à aucun moment, nous nous sommes sentis en danger, même en étant sortis des quartiers purement touristiques. Dans tous les cas, n’hésitez pas à aller y faire un tour un jour.

Le jour du match

Afin de bien nous imprégner de l’ambiance le jour du match, c’est plus de 4h avant le match que nous arrivons dans les environs du stade. Il fait beau, la bière n’est pas chère et ça nous permet d’assister à la mise en place de l’incroyable dispositif policier autour du stade. J’ai la chance d’avoir visité plus de 150 stades et je n’ai jamais vu un tel nombre de flics au mètre carré. Absolument surréaliste. Néanmoins, le climat n’est pas tendu. Les spectateurs commencent gentiment à affluer, pour la plupart sans couleurs distinctives, ce qui tranche singulièrement avec ce que j’observe régulièrement en Allemagne.

Petit tour du côté du stade du Partizan pour aller repérer pour la prochaine fois et on décide de se poser dans un restaurant juste en face du stade. Restaurant qui, comme tous les kiosques et bars aux alentours, n’a plus le droit de servir de l’alcool dès 14h, soit 4h avant le match.

Le stade, enfin

C’est plus d’une heure et demie avant le match que nous nous approchons enfin du stade Rajko Mitić. Un petit tour par la boutique, avec vue magnifique sur l’intérieur du stade et nous nous dirigeons vers notre entrée, non sans nous être fait proposer d’acheter… du sagex et des journaux pour poser sur nos sièges. Alors que dans certains pays, les spectateurs viennent avec un petit coussin, ici tu peux acheter des accessoires pour 0,02€ !

Le stade est encore vide au moment où nous y pénétrons et tardera beaucoup à se remplir. Le temps donc de faire un petit tour un propriétaire et constater qu’ici, les portes des toilettes ne se ferment pas, qu’en cas de petit creux, il va falloir se contenter de popcorn et de petites chocolats suspects et que la sono du stade ne semble connaître que deux chansons. Pour le reste, ce stade est bien vieillot, avec des sièges âgés et fragiles, des marches pétées et des places VIP qui n’en sont pas vraiment : bref, tout ce que j’aime en quelque sorte.

Dernière particularité, plus liée au football qu’au stade en lui-même, les joueurs de l’Etoile Rouge ne s’entraînent pas sur le terrain avant le match. Sur le moment, ça me surprend et c’est grâce à l’excellente page de l’Etoile Rouge en français sur Twitter que j’apprends que les locaux s’entraînent sur un terrain annexe. L’entrée pour l’échauffement des joueurs du Partizan se fait évidemment sous les sifflets du public local.

Le match

Les deux équipes se sont quittées sur le score de 1-1. Et je m’arrêterai là pour la partie footballistique. Sérieusement, y’a-t-il des gens (hors fans des équipes concernées) qui viennent voir le derby de Belgrade pour le foot ?

En tribunes : côté Etoile Rouge

L’entrée des joueurs se fait quasiment dans le silence, ce qui est assez surprenant. Ce n’est qu’après que les équipes aient salué le public que les Delije se mettent en action : un tifo, dont la signification m’échappe de ma position, et tenu de longues minutes et les chants démarrent enfin. Vocalement, ça envoie du lourd par moments même si les latérales sont peu promptes à s’enflammer. Ça chante tout du long et si ça reste peut-être un cran au-dessous de ce que j’avais imaginé, il ne faut pas se leurrer : pas grand monde ne peut se targuer d’avoir une aussi belle tribune.

En termes visuels par contre, c’est un véritable festival. Plusieurs voiles et banderoles sont sortis tout au long du match mais surtout, ça craque des torches durant 90 minutes. Je ne suis pas sûr qu’une seule minute ne se soit écoulée sans qu’une torche soit craquée : tout bonnement exceptionnel ! Le clou du spectacle aura lieu sur l’égalisation, mais surtout en début de deuxième mi-temps avec un craquage de torches et clignos sur l’ensemble de l’immense tribune. En un seul mot : WOUAW !

 

En tribunes : coté Partizan

En raison d’une « légère » animosité entre les différents groupes de supporters des Grobari (surnom des fans du Partizan), le parcage est scindé en 3 parties. Dommage, parce que vu leurs performances respectives, je n’ose pas imaginer ce que ça aurait donné s’ils avaient été réunis !

Le parcage central, le plus massif, fera son apparition en cours de match, probablement lié aux quelques légers incidents en-dehors du stade. Les deux autres sont remplis bien plus vites et commencent à chanter dès les premières minutes. Ça craque des torches à tout va également et sur l’ouverture du score, c’est un véritable festival ! Torches, fumis, bombes agricoles, tout y passe : un bordel sans nom !

Vocalement, ils seront légèrement supérieurs aux locaux à mon avis, malgré leur séparation physique. Cette impression sera à confirmer lorsque je me rendrai dans le stade du Partizan pour le derby « retour », j’espère le plus vite possible.

Une soirée magique… en toute sécurité !

En résumé, il s’agit probablement du meilleur match que j’aie eu l’occasion de voir en tribunes. Vocalement, visuellement et en termes d’atmosphère générale, on est probablement dans le top du top de ce qui se fait en Europe. Et surtout, pour casser certaines idées reçues, ce match n’est pas dangereux ! Bien sûr, il y a des incidents réguliers lors de ce derby, mais ça n’empêche pas de nombreux enfants de venir au stade avec leurs parents sans que l’ont ait à craindre pour leur sécurité !

J’attendais impatiemment de voir ce match de mes propres yeux, c’est désormais chose faite. Et maintenant que je l’ai vu, et que j’y ai survécu – vu que ce n’était pas acquis pour tout le monde avant mon départ visiblement – je n’ai qu’une seule envie : aller voir le retour !

Par contre, j’ai également un gros regret : que ce match magique ne fasse l’objet d’une attention sous nos latitudes que lorsqu’il est sujet à débordements. Car il y a tant d’autres belles choses à raconter !

 

Article écrit par @GoranMcKim

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