Millwall – Brentford

Millwall - Brentford

34.8£ Dockers Stand
7.6

La ville

9.0/10

Le football

4.0/10

L'atmosphère

7.0/10

Le stade

9.0/10

L'expérience groundhopping

9.0/10

Pros

  • Un vrai stade à l'anglaise
  • Facile d'obtenir un billet (même par La Poste)
  • Des supporters de quartier fidèles
  • C'est Millwall !

Cons

  • Les supporters actifs sont en latérale (donc prix plus cher)

Millwall, enough said !

Millwall ? Qui ne connait pas ce proper club et ses proper fans ?! Ah oui, bien sûr, si vous êtes un glory hunter, le foot à Londres pour vous c’est Arsenal (et sa library !) ou Chelsea et ses touristes en tribunes. D’ailleurs ne trouve-t-on pas, sur le plan du Tube pour touristes distribué dans l’Eurostar ou sur les flyers disponibles dans les offices de tourisme de Londres, des pubs vous incitant à visiter leurs stades (la visite de l’Emirates est d’ailleurs possible avec un audio-casque en X langues).

En revanche, si le monde des tribunes vous attire et que le foot moderne version business de la Premier League vous révulse, les Lions jouant au fameux Den constituent un puissant facteur d’attraction. Ici, pas de half and half scarves, symboles pour le supporter traditionnel anglais de sa dépossession du beautiful game par les touristes et leurs selfies en tribunes. The Den ce n’est pas Disneyland comme au Barça et quand les locaux marquent, on rugit du plaisir et on ne dégaine pas son portable en guise de souvenir. Bref, il est encore possible en Angleterre de toucher au cœur de la passion qui entoure les clubs de quartiers qui n’ont pas de titres de champions à vous offrir mais vous garantissent un inégalable sentiment d’appartenance à votre community. Community que Millwall a récemment failli quitter à cause d’une honteuse opération immobilière déclenchant en retour un important mouvement de protestation connue sous « The battle of the Den » que The Guardian avait abondamment relayée et appuyée.

Vous comprendrez, dès lors, aisément que dans mon programme de 3 matches en 4 jours sur London à Pâques, j’avais prévu de vivre in situ un match des Lions. L’acquisition du billet fut des plus simples via la billetterie du club et l’envoi à domicile. Suivant un conseil reçu, j’ai opté pour le Dockers Stand, tribune latérale se trouvant juste à côté….. des away fans ! Double avantage: les home fans les plus actifs y sont situés (à l’étage) et les visiteurs juste à côté. Que demander de plus pour passer un bon match (debout car dans ce coin tribune, le « persistent standing » c’est une obligation !). Prix: 31 £ + 2 £ de frais de transaction + 1,8 £ de frais d’envoi.

Arrivé sur London le matin même en ayant échappé à la grève du zèle des douaniers pour cause de Brexit au départ de l’Eurostar, je laisse mon bagage à la consigne de la gare de St Pancras et je file au Den pour un derby londonien contre Brentford à l’horaire avancé de 13h00. Le temps est superbe ce qui ne rend que plus agréable ma découverte du quartier. Plusieurs routes mènent au stade: la mienne me fait déambuler dans un environnement bien particulier,  le long de voies ferrées et de ponts apparemment abandonnés. Rien à voir avec le quartier ultra moderne que j’allais découvrir le lendemain en allant rendre visite aux petits amis des Millwall fans: les Hammers de West Ham.

 

Le stade en lui-même ne présente pas une architecture externe particulière mais voir s’afficher sur le fronton de la tribune principale « Welcome to Millwall Football Club » procure un réel plaisir. Le tour du Den s’impose et je tombe nez à nez avec le fameux bus à l’anglaise et son slogan « Let ‘hem come down to the Den ! ». L’ambiance est très conviviale: les quelques fans des Bees croisés mangent tranquillement au milieu des fans des Lions, de quoi décevoir les journalistes en manque de sensationnalisme qui se plaisent à présenter ce lieu comme un coupe-gorge.

J’achète le programme du match, indispensable compagnon de mes voyages retours, et je tombe sur un stand non officiel bien achalandé où 2 T-Shirts semblent rencontrer un franc succès. Leurs slogans ? Pour l’un, le célébrissime hymne non officiel de Millwall: « No one likes us we don’t care », pour l’autre: « Millwall enough said ! ». Pour ma part, je me contenterai, fin de championnat et soldes obligent, d’un polo officiel du club du plus bel effet.

Ah j’oubliais, encore une fois la Police est quasi-inexistante. Que c’est agréable en Angleterre d’aller voir des matches sans avoir la sensation d’aller vivre une quasi-guerre civile comme on le constate en France avec les innombrables camions alignés le long des stades. La notion de désescalade, méconnue de la Police en France, n’est pas un vain mot chez nos voisins anglais (et je ne vous parle pas du comte twitter dédié de la Police anglaise pour Millwall, là aussi quelle belle et louable aptitude à la communication).

Donc, je rentre dans ma tribune (aucune fouille malgré mon sac !). Dans les coursives, moyenne d’âge assez jeune, on mange et on boit tranquille. Je remarque des plaques dédiées à des loyal supporters des Lions décédés placardées sur un mur. Comme annoncé, je suis dans le secteur le plus chaud où tout le monde est debout et gueule pour encourager la home team mais aussi échanger quelques amabilités avec les visiteurs situés eux aussi à l’étage dans la tribune derrière le but. Les tribunes sont toutes très proches du terrain et les 2 ends derrière les buts font du Den un vrai stade tradionnel à l’anglaise.

 

Sur le terrain, le match est assez brouillon et les Lions après ouvert le score se font vite reprendre par une équipe de l’Ouest Londonien qui joue beaucoup mieux qu’eux. Malgré une expulsion rapide d’un de leurs joueurs, Brentford dominera même la rencontre avec un super Maupay.

Au final, une superbe après-midi au Den (où j’ai même bronzé !) qui  m’a apporté tout ce que j’attendais. J’étais fin prêt à subir le contre-choc du foot moderne le lendemain au London Stadium. Du Championship et de ses divisions inférieures ou de la Premier League, je vous laisse conclure où il faut aller pour connaître et apprécier le foot anglais et ses supporters traditionnels.

Article écrit par @olivierlaval27

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