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Brescia – Salernitana

Brescia - Salernitana

14€
7.3

La ville

6.0/10

Le football

7.0/10

Le stade

7.5/10

L'expérience groundhopping

8.5/10

Avant-match

Comme je l’ai dit dans le compte-rendu d’Inter Milan – AS Roma (http://au-stade.fr/groundhopping/europe-international/italie/inter-milan-as-roma/), j’attendais ce match avec impatience. J’ai une affection toute particulière pour l’équipe de Brescia que j’observe depuis pas mal de temps en Serie B. Les résultats n’étaient pas fameux… jusqu’à cette saison 2018/19 qui, je peux le dire, est exceptionnelle. Leader de Serie B, les Rondinelle possèdent également la meilleure attaque et le meilleur buteur. Il fallait absolument que j’aille au Rigamonti avant la fin de la saison.

 

La ville

Étant donné que je logeais sur Milan, j’ai dû prendre un train pour me rendre à Brescia : 1h20 de trajet, pour un prix très abordable. Bien que n’ayant que peu de temps pour visiter la ville, Brescia ne m’a pas laissé un souvenir impérissable (surtout comparé à Bergame). C’est peut-être dû au fait que l’on soit le lundi de Pâques, que tout les commerces étaient fermés et que le centre ville paraissait mort. Après, comme dans toutes les villes d’Italie, les nombreuses églises et places du centre historique sont assez sympas. Il y a également un château sur les hauteurs de Brescia qui offre un panorama de la ville, des montagnes et de la vallée. Avec un peu plus de temps je pense que l’on peut davantage apprécier cette ville. Mon objectif principal était d’arriver assez tôt – ne pas faire la même erreur qu’à San Siro – pour pouvoir profiter de l’atmosphère autour du stade.

Brescia

 

Le stade

Le Stadio Rigamonti est situé au nord de la ville, « au pied des montagnes ». Cette enceinte m’a toujours attiré. Je m’attendais à un stade vétuste et je n’ai pas été déçu… le stade est dans son jus.
Comme beaucoup de stades italiens, le Rigamonti n’a subi que trop peu de rénovations. Ou en tout cas des rénovations trop sommaires. Les abords du stade sont remplis de graffitis à la gloire du club et des ultras locaux. Les anciennes billetteries sont totalement laissées à l’abandon de la rouille et des graffeurs. Bon, décris comme cela, ça peut paraitre rebutant, mais d’un certain côté c’est ce qui m’a plu avec ce stade.
En ce qui concerne l’intérieur, les trois-quarts des tribunes ne sont pas couvertes. Heureusement qu’il faisait beau, car ici les supporters sont soumis aux aléas de la météo. Pour ma part, j’avais pris place en plein cœur de la Curva Nord, où sont situés la majorité des ultras locaux. La Curva Nord est une tribune tubulaire qui est montée sur une ancienne tribune désaffectée. L’avantage de cette « tribune échafaudage » c’est qu’elle est plus proche du terrain que la précédente, et également plus haute ce qui offre une vue sur les Alpes.

Stadio Rigamonti

 

Atmosphère

L’ambiance autour de ce match est très festive. Un grand parc de jeu est situé juste au pied de la  Curva Nord, ce qui permet aux enfants de jouer avant le match, ou encore de se restaurer. Les ultras sont très actifs, des stands avec des produits dérivés des différents groupes sont vendus et des jeunes filles distribuent le programme de la chorégraphie du jour en tribune. Le tifo est composé d’un voile représentant un ado encapuchonné et une lionne assoiffée de sang (symbole du club), ainsi qu’un tendu de feuilles bleues et blanches séparant la tribune en deux.
En ce qui concerne l’affluence, la Curva Nord était pleine, ainsi que la partie haute des deux tribunes latérales du stade. Comme depuis quelques saisons, la partie basse du Rigamonti est fermée au public, sûrement pour cause de vétusté. Le parcage visiteurs contenait une centaine de salernitains.

Curva Nord, Brescia

Tout au long de la partie, l’ambiance était extrêmement conviviale. Les deux tifoserie sont jumelées depuis plus de vingt ans suite à la mort d’un supporter brescian, Roberto Bani, à Salerno. Ce décès avait ému les ultras locaux qui avaient réunis une cagnotte avec les supporters de Brescia pour la famille. Depuis, l’amitié entre les deux clubs ne cessent de se renforcer. Ce match s’est donc déroulé dans une atmosphère très bon enfant. Les supporters se mélangeaient aux abords du stade, j’ai aperçu des écharpes de la Salernitana en Curva Nord et des banderoles ont été échangées à distance entre la Curva Nord et le parcage salernitain (« La nostra unione sarà sempre più stretta, rendiamo onore agli ultras della Leonessa”). Ces messages ont, à chaque fois, été accueillis par des applaudissements de l’ensemble des supporters. Le nom des deux villes a été scandé plusieurs fois et des chants anti-bergamasques (rivaux de Brescia) et anti-napolitains (rivaux de Salerno) ont également été entonnés.

Stadio Rigamonti

En ce qui concerne l’ambiance de la Curva Nord je n’ai pas été déçu. En effet, Brescia est une ancienne place forte du mouvement ultra en Italie. Entre les nombreux drapeaux, quelques fumigènes et pétards, et des capi surexcités… c’est l’Italie qu’on aime. L’ambiance y est très familiale et le public très diversifié : que ce soit petit garçon, petite fille ou grand-parent tout le monde vient soutenir Brescia. Après, si on peu apporté une légère note négative : le degré d’intensité variait selon les chants. Certains étaient bien repris par toute la Curva, d’autres un peu moins… surtout dans le haut de la Nord qui était composé des supporters les moins actifs. En seconde mi-temps, je suis monté en haut de la tribune et j’ai pu admirer la superbe vue sur tout le stade et sur les montagnes.

Stadio Rigamonti

Le match

Sur le terrain se match relevait d’une grande importance pour les locaux. Leader de Serie B depuis deux mois, Brescia se livre une lutte à trois avec Lecce et Palermo pour les deux places d’accession directes en Serie A. Les hommes de Corini ne peuvent pas se permettre de lâcher des points à domicile.

Tifo Brescia
En ce qui concerne mes attentes, Brescia possède l’attaque la plus prolifique du championnat, ainsi que le meilleur buteur, en l’occurence Alfredo Donnarumma (et oui le grand frère de Gigio, le gardien du Milan). Je pouvais m’attendre à du spectacle. Je n’ai pas été déçu. Sur la première offensive des Lombards, Tremolada ouvre le score. La Curva Nord, qui venait à peine de terminer son tifo, laisse exploser sa joie ! Des papelitos volent, des fumigènes sont craqués… le match ne pouvait pas mieux démarrer. La différence entre les deux équipes se fait sentir. Les joueurs de Salerno, menés par l’ancien toulousain Akpa-Akpro ne voient pas le jour. Juste avant la mi-temps, Torregrossa fait lever les foules avec sa chevauché fantastique conclue par un second but. Deux joueurs tenaient une place importante dans les chants des supporters, les deux compères d’attaque : Ernesto Torregrossa et Alfredo Donnarumma. C’est d’ailleurs Donnarumma qui tuera le suspens à l’heure de jeu en inscrivant son 25ème but de la saison sur pénalty. J’ai également pas mal observé l’autre star de l’équipe, le tout jeune Sandro Tonali. Il s’est montré propre mais plutôt discret. Le  match se conclut par une communion entre les joueurs et les supporters… L’entraîneur Corini viendra seul. C’était vraiment un match extrêmement plaisant à regarder.

Brescia - Salernitana

L’expérience groundhopping

Le Rigamonti m’a laissé une excellente impression. À l’image de ce petit garçon qui s’est vidé la vessie du haut de la Curva Nord, ce stade respire l’authenticité. Si vous êtes dans les environs de Milan et que vous cherchez un stade pour passer un bon dimanche après-midi au pied des Alpes, le Rigamonti est fait pour vous !

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