Finale des Playoffs de Championship : Aston Villa – Derby County

8.4

La ville

9.0/10

Le football

8.0/10

L'atmosphère

9.0/10

Le stade

7.0/10

L'expérience groundhopping

9.0/10

Pros

  • Billetterie qui privilégie les plus fidèles :
  • Atmosphère incroyable (2 kops de 38 000)
  • Bonne organisation (fan zone pour chaque club)

Cons

  • Stade en périphérie de la ville
  • Difficile d'avoir un ticket sans membership
  • Consignation des sacs chère !

Rendez-vous incontournable de la fin de saison en Angleterre, les finales des playoffs de l’English Football League (EFL) se tenaient cette année les 25, 26 et 27 mai à Wembley. Après les finales de League Two et de League One, c’était au tour du Championship de désigner la troisième équipe qui accéderait à la division supérieure : la très prisée Premier League…

Comme un an plus tôt, Aston Villa investissait Wembley après sa victoire aux tirs au but face à West Bromwich Albion (2-2, 4-3 après t.a.b). Face aux hommes de Dean Smith, c’est le Derby County de Frank Lampard qui se hissait en finale, après sa victoire renversante contre Leeds (4-3 au cumul des deux matches).

Des places difficiles à dénicher

Pour cette finale d’accession, il n’est pourtant pas aisé de se procurer un ticket… Les deux clubs ont mis en place un système récompensant en priorité les plus fidèles supporters. Dès le lendemain de l’annonce de l’affiche, les places sont ouvertes aux supporters détenteurs d’un « Season Ticket », les abonnés du club. Deux jours plus tard, la vente est accessible aux supporters munis d’une carte de membre (une quarantaine de £ = environ 55€). Puis, elle s’ouvre aux supporters ayant un historique d’au moins 5 matches sur la saison en cours. La vente se poursuit avec les supporters ayant 3 matches à leur actif sur la saison, puis un match, avant que la billetterie ne s’ouvre aux « General Sales », les supporters n’ayant aucun match à leur actif sur la saison. Pour Villa, la vente de l’intégralité des 36 288 sièges qui lui étaient réservés (2 000 de moins qu’un an plus tôt) n’aura duré que… 5 jours et 31 minutes. Avec moins de 5 matches à son actif, il n’était donc même pas envisageable de se rendre à Wembley. Côté Derby, il restait en revanche des places pour les supporters ayant assisté à un match sur la saison à Pride Park.

Cette saison, je n’avais assisté qu’à deux rencontres de Villa à domicile, mais ai eu la chance de pouvoir profiter du Membership du célèbre Twittos lensois Maxime (@maximeb7), arpenteur de stades partout en Europe et groundhoper renommé. Un sésame inestimable pour un fan de Villa puisqu’aucune place n’était disponible sur les sites de revente habituels. Une revente d’un billet (nominatif) pour cette rencontre étant d’ailleurs passible de prison ferme, on ne rigole pas avec la loi en Angleterre. Seules des places en tribunes VIP cherchaient preneur… Au prix (minimum) de 350£ ! Petite précision, chaque supporter était limité à une place maximum par abonnement ou Membership, impossible donc de prendre des places pour ses proches ou amis.

La galère du transport

Le précieux sésame en poche, l’heure est au choix du transport. Habitué de l’Angleterre et de Londres, on privilégie l’Eurostar, relativement pratique et rapide. L’avantage sur ses concurrents (avion notamment), c’est qu’il dépose ses passagers en plein cœur de la cité londonienne. Seul bémol, ce lundi là est un lundi férié en Angleterre. Il s’agit du Spring Bank Holiday, le dernier lundi du mois de mai. Malheureusement, le cours délai (8 jours avant le match) fait qu’il ne reste plus aucun billet pour un Paris-Londres ce jour-ci. Solution alternative : l’avion. Pas très écolo et assez contraignant car, pour une arrivée tôt le matin, il faut se diriger vers un Paris-Luton, à 50 kilomètres de Londres. Tant pis, impossible de rater ce match : on s’adapte.

Me voici à Roissy, à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, dans un avion Easyjet à 8h55, pour une arrivée sur place à 9h10 (il y a une heure de décalage horaire). Un billet payé 107,32€ pour être tout à fait précis. Une fois sur place, trois solutions s’offrent à vous : le bus (20£ environ, 1h30 à 2 heures de trajet pour aller au centre-ville de Londres), le train (25£, 1h, avec un changement de train) ou le taxi/Uber (55 à 100 £, 50min de trajet). J’opte pour la troisième option, pour un trajet plus direct et moins épuisant vu la grosse journée qui m’attend. Résultat des courses : Luton-Wembley en 40 minutes, trafic fluide, 48£. Honnête.

Pour le retour, après de multiples tentatives, j’avais trouvé un Londres-Paris en Eurostar, l’une des dernières places disponibles au prix de 96,50€. Pas trop mal pour une dernière minute. 200€ le prix du transport aller-retour en dernière minute, correct. 255€ tout compris avec le taxi. Mais en s’y prenant tôt (1 mois et demi à l’avance), on aurait pu imaginer un Eurostar aller-retour aux alentours de 130€.

Le stade et ses alentours

Arrivé sur place dès 10h00 – 5 heures avant le coup d’envoi -, j’aperçois déjà des groupes de supporters des deux équipes. A Wembley, tout est parfaitement organisé, sécurisé. Une fan zone a été délimitée pour chacune des deux équipes. Des bars ont aussi été réservés pour les supporters des deux clubs. Côté Villa, les fans se retrouvent sur une pelouse à 200 mètres du stade et à 300 mètres du métro. Les premiers chants résonnent, les maillots sont de sortie, tout comme les bières, qui coulent déjà à flots… On est en Angleterre, peu importe l’heure, il y a une réputation à tenir !

IMG_2352

IMG_2388

Peu après 11h00, le « ticket office » ouvre ses portes. Pour les supporters n’ayant pas reçu leurs billets, il faut aller les chercher au point de collecte. On traverse la zone commerciale qui mène au stade. Une pièce d’identité, le mail de confirmation de réservation des places et le tour est joué : la place est en mains. 11h30, coup d’envoi à 15h00, il reste du temps à tuer. Retour en arrière, après avoir pris soin de prendre le programme du match (10£, plus cher que les programmes habituels [6£], mais toujours intéressant). On arpente cette fois-ci l’allée principale, qui mène jusqu’au métro. Là, supporters de Derby et de Villa cohabitent sans la moindre animosité. Il n’y a pas de rivalité entre les deux clubs, les supporters se respectent. Au niveau de l’entrée du pont, les supporters de Villa se sont rassemblés au Box Park de Wembley. Des musiques issues de la playlist d’Aston Villa résonnent, les maillots grenats et bleus sont nombreux… Et des bières y sont avalées toujours aussi vite.

Wembley et son stade

Quartier tout neuf et assez désertique hormis les commerces et bureaux en construction, Wembley semble avoir été construit pour ce genre d’occasion : accueillir des flots de supporters le temps d’une journée. A la différence du Stade de France par exemple, tout est fait pour que le supporter se sente bien aux alentours du stade. Tout est mis en œuvre pour que le supporter dépense sur place, dans les magasins du centre commercial, les bars du coin ou les nombreux points de restauration rapide. Le soleil est au rendez-vous, ça aide. 12h30, on commence à se diriger vers le stade. Malheureusement, les sacs à dos ne sont pas autorisés dans le stade, seuls les sacs de petites tailles (format A4) y sont acceptés. On nous indique une consigne où on pourra déposer nos affaires, à 350 mètres de là, installée sur l’un des parkings du stade. On nous donne un bracelet jaune qui contient une puce reliée à nos affaires, qui sera à rendre en temps voulu. Prix de l’opération : 10£. Pas donné pour un simple sac à dos… On y croise quand même Martin Laursen, ancien joueur de Villa, venu au match avec ses enfants.

Retour au stade et direction mon bloc. Très bien placé, j’évite la fouille au profit d’un portique de sécurité, comme dans les aéroports, avant d’accéder à l’étage supérieur grâce à un escalator. Grand luxe. Là, dans les entrailles du stade, on accède à une coursive semblable à un aérogare. Les points de restauration sont nombreux, on peut déjeuner tranquillement sur l’une des innombrables tables de la pièce. Le temps pour déguster ma première bière de la journée, accompagnée d’un fameux « steak pie », incontournable des stades britanniques. Il n’est pas terrible. Bon, il faut dire qu’en tant qu’habitué de ceux de Villa Park, considérés comme les meilleurs d’Angleterre, on avait mis la barre haute… Ca fera l’affaire. Ca nous permet de sympathiser avec des fans de Villa, Sharon et sa famille, venu de Birmingham pour le match. Ils ont eu la chance de venir à quatre. On échange nos numéros et on se promet de rester en contact pour aller ensemble en tribune Holte End – celle qui chante – la saison prochaine. En Premier League si possible !

Le match et la consécration

14h25, direction les tribunes. Grosse ambiance dans le virage des Villans, à 35 minutes du coup d’envoi. C’est bon signe. Le stress laisse place à l’excitation, cette fois-ci, on ne repartira pas avec des regrets. Les sièges de Wembley sont confortables, mais on va plutôt rester debout. Des drapeaux ont été distribués méthodiquement aux quatre coins du virage, il faut les agiter pour laisser apparaître 5 lettres : VILLA. L’entrée des joueurs se fait sous une pluie de chants. Puis le God Save The Queen résonne en présence du prince William, acclamé par les Villans. Pour cause : le prince héritier est un fervent supporter des Claret & Blue.

IMG_2404

Le coup d’envoi est donné dans la foulée. Superbe ambiance en tribunes. Aston Villa pousse et est récompensé avant la pause par un but d’El-Ghazi (1-0, 59e). Explosion du virage. Un pot de fumée violet laisse une trace dans le ciel. Au retour des vestiaires, juste à l’heure de jeu, McGinn double la mise (59e). Ca sent bon pour les coéquipiers de Jack Grealish. Et même si Marriott, sur une frappe de Waghorn réduit la marque (2-1, 81e), le plus dur était fait. Au terme de 7 minutes de temps additionnel, le côté Ouest de Wembley exulte : c’est terminé. Les célébrations sont festives, intenses. On sent une vraie communion des joueurs avec leurs supporters, probablement décuplée par l’échec au même stade un an plus tôt. Yippee aye eh, yippee aye oh ! Cette fois c’est fait : Villa retrouve le premier échelon du football anglais, avec la ferme intention d’y rester.

On célèbre longuement avec joueurs et supporters avant de penser à rentrer : un train nous attend à 20h30. Le temps de récupérer mon sac à dos et de filer vers le métro. 4 stations et 20 minutes de trajet m’attendent. Dans la salle d’attente de l’Eurostar, d’autres fans de Villa font la route jusqu’à Paris. On sympathise là encore avec l’un d’eux, avec qui on refait le match. Le retour se fait plein d’étoiles dans la tête et des chants plein les oreilles. Up The Villa.

Article écrit par Quentin Gesp (@quentin_gsp)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Étiquettes : , , , , , , ,