Stade de Port-Saïd, du transparent à l’écarlate

« Certaines personnes pensent que le football est une affaire de vie ou de mort. Je n’aime pas cette attitude. Je peux leur assurer que c’est beaucoup plus sérieux que cela ». Cette citation, que nous devons à Bill Shankly le mythique entraineur des Reds de Liverpool, est sans doute l’une des phrases les plus connues du monde du football. Polysémique et ouvrant le champ à une imagination débordante, cette phrase rappelle, selon moi, à quel point le football peut être vecteur à la fois d’unité et de division en même temps qu’une forme de marque intemporelle que les humains peuvent laisser dans l’histoire. Il arrive malheureusement que cette phrase trouve un écho macabre dans des joutes de foot : de l’Estadio Nacional de Chile à Furiani en passant par le Stade de Port-Saïd, on ne compte plus les fois où le foot se transforme en danse macabre.

L’idée qui sert de fil directeur à cette série de papiers sur les stades maudits est assurément celle qui veut que toute lumière possède ses parts d’ombre et que, bien souvent, la noirceur de ladite ombre n’a d’égale que la puissance lumineuse sans laquelle elle n’existerait pas. Il n’y a d’ailleurs pas de hasard à voir que, physiquement, l’ombre ne peut être projetée que si un objet est éclairé par une quelconque lumière. Dans le cas de Port Saïd, les ombres qui ont recouvert le stade sont affreuses et font écho à la lumière qu’avaient créée les ultras d’Al Alhy au moment de la révolution égyptienne.

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