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Calendrier de l’Avent – Episode 4 – 04/12 AJ Auxerre

En ce 4 décembre, on s’intéressera à l’AJ Auxerre.

Les auxerrois, aujourd’hui en Ligue 2, ont évolué durant trente-deux années consécutives au premier échelon national.

En effet, les blancs et bleus ont connu une ascension fulgurante sous l’impulsion d’une figure emblématique, Guy Roux, entraîneur pendant plus de quarante ans.

Ce club historique du football français détient une identité bien à lui, grâce à son centre de formation, qui a permis aux icaunais de garnir la galerie des trophées du club.

#1 – L’AJ Auxerre, un club bâti sur pierre par un entraîneur emblématique.

Lors de la victoire en Coupe de France en 2003, à l’époque de Djibril Cissé, Philippe Mexès ou encore Khalilou Fadiga. Photo lyonne.fr

L’AJ Auxerre fut fondé en 1905. Néanmoins, les ajaïstes ont réellement commencé à avoir une place dans le football français le jour où Guy Roux a débarqué au club, en 1961.

En effet, celui-ci, ancien joueur auxerrois, est choisi pour entraîner le club puisque c’est le moins cher de tous les entraîneurs qui ont postulé.

L’homme au bonnet permettra aux icaunais de gravir les échelons à grande vitesse.

L’AJ Auxerre passera effectivement de la Division d’Honneur à la première division, et cela en moins de vingt ans, ce qui constitue une performance historique !

De surcroît, un an avant la montée du club dans l’élite nationale, les auxerrois atteignent la finale de la Coupe de France, ne s’inclinant que contre Nantes durant les prolongations.

Ainsi, la petite ville bourguignonne de 35 000 habitants se fait une petite place dans le football français.

 

Cependant, rien n’arrête Guy Roux et l’AJ Auxerre, qui sont remplis d’ambition pour tenter d’inscrire le club bourguignon au premier plan national, voire même sur le plan européen.

Les débuts de l’équipe au plus haut niveau seront exceptionnels, d’autant plus pour un club au budget limité.

En effet, à la suite de cette montée historique, les auxerrois montent pour la première fois sur le podium de la première division lors de la saison 1983-1984, en se classant troisième.

Ainsi, le club dispute ses premiers matchs européens, porté par son buteur historique, Andrzej Szarmach.

Chaque année, ou presque, le club bataille pour les premières places.

De surcroît, son centre de formation commence à avoir forte réputation, notamment grâce à la découverte de Basile Boli.

Cependant, Guy Roux ne se contente pas de cela, et, grâce à l’aide de ses observateurs, il recrute intelligemment. En effet, Enzo Scifo, Jean-Marc Ferreri ou encore Gérald Baticle permettent au club de devenir une équipe majeure du championnat de France.

Les auxerrois atteindront même la demi-finale de la Coupe UEFA lors de la saison 1992-1993, et échoueront aux portes de la finale, aux tirs aux buts, contre le Borussia Dortmund.

Puis, ils remporteront leur première Coupe de France, en 1994, en battant Montpellier 3-0 en finale.

 

Néanmoins, c’est lors de la saison 1995-1996 que l’AJ Auxerre signe son plus grand exploit.

En effet, les icaunais réalisent le doublé Coupe-Championnat avec une fin de saison hors norme, emmenés par Laurent Blanc, Sabri Lamouchi et Corentin Martins.

Malgré le départ de plusieurs de ses cadres, l’équipe continue sur sa lancée et se hisse jusqu’en quart de finale de Ligue des Champions, où elle butte, une nouvelle fois, sur le Borussia Dortmund, futur vainqueur de la compétition.

 

Par la suite, le club retombe de son nuage et doit faire face à l’une de ses premières saisons délicates dans l’élite en 1998-1999, où il ne se sauve qu’à la dernière journée.

De plus, suite à des soucis médicaux, Guy Roux est remplacé par Daniel Rolland, puis Alain Fiard, qui assureront l’intérim.

Cependant, au retour de l’entraîneur historique, l’AJ Auxerre entre dans une nouvelle période de succès, qui a marqué l’enfance des moins de trente ans.

En effet, munis de leur maillot Playstation 2, Djibril Cissé, Olivier Kapo, Philippe Mexès ou encore Jean-Alain Boumsong, permettent au club de retrouver la Ligue des Champions et de gagner une troisième Coupe de France en 2003, en battant le Paris-Saint-Germain de Ronaldinho en finale.

Néanmoins, les quatre internationaux, provenant du centre de formation auxerrois, feront leur départ avant le centenaire du club, à l’intersaison 2004. Ainsi, les supporters pleurent leur buteur vedette, Djibril Cissé, parti remporter la Ligue des Champions avec Liverpool.

Pour autant, cela n’empêche pas l’AJ Auxerre de soulever une quatrième Coupe de France, en 2005, contre Sedan en finale. Si le match a été marqué par un nouveau titre, il fut surtout historique car c’est à ce moment-là que Guy Roux annoncera son départ à la retraite.

 

En ce sens, le club bourguignon entre dans une nouvelle ère, l’après Guy Roux.

Les icaunais connaissent alors des saisons plus complexes, mais les blancs et bleus continuent de jouer régulièrement la Coupe d’Europe.

En effet, le club va même se qualifier une nouvelle fois pour la plus belle des compétitions européennes, à la suite de l’exercice 2009-2010.

Les barrages d’accès à la Ligue des Champions resteront gravés dans la mémoire des supporters, avec une qualification face au Zénith-Saint-Petersbourg, pour ensuite affronter le Real Madrid de Cristiano Ronaldo, le Milan AC de Ronaldinho et l’Ajax Amsterdam de Luis Suarez.

Cependant, hormis lors d’une victoire de prestige contre les hollandais, l’AJ Auxerre sera trop juste pour obtenir des résultats positifs face aux plus grandes équipes européennes.

 

Le club va ensuite connaître des remous au sein de la direction, conclus par le retour de Gérard Bourgoin, qui sera élu président.

Malgré les ambitions de ce dernier, cela tourne au fiasco. Les ajaïstes descendront alors en Ligue 2 à la suite de la saison 2011-2012.

Depuis, l’AJA végète en deuxième division, avec seulement une nouvelle finale de Coupe de France perdue 1-0 contre le PSG en 2015 en guise d’unique éclaircie.

De surcroît, son centre de formation ne semble plus produire de fantastiques trouvailles comme aux grandes heures du club.

Ainsi, l’AJ Auxerre cherche à retrouver son identité. L’espérance des supporters est qu’un nouvel entraîneur emblématique se rapproche, au moins à minima, des miracles réalisés par Guy Roux avec ce club, qui restera, quoiqu’il arrive, à jamais, dans l’histoire du football français.

 

#2 – Un stade convivial, rempli d’histoires.

Le Stade Abbé Deschamps, muni de 21 000 places. Photo aj-auxerre.fr

Le Stade Abbé Deschamps, portant le nom du prêtre fondateur du club, est un des plus vieux stades français.

Il convient de souligner que l’AJ Auxerre en est le propriétaire, ce qui est seulement le cas de quatre autres clubs professionnels français.

Cette enceinte fut construite en 1918, treize ans après la fondation du club.

Depuis, le stade subira plusieurs relooking. Le dernier date de l’intersaison 2018. Cependant, c’est en 2010, dans le but de respecter les normes de l’UEFA pour accueillir les matchs de Ligue des Champions, que la pelouse bénéficiera d’un système de chauffage. Puis, les bancs de touche et les vestiaires seront également modifiés.

Ainsi, grâce à ces rénovations, le confort des Cristiano Ronaldo, Luis Suarez, ou encore Zlatan Ibrahimovic, qui fouleront la pelouse de l’Abbé Deschamps quelques semaines après, était donc assuré.

 

En effet, ce stade convivial a accueilli trois campagnes de Ligue des Champions. La dernière, en 2010, a permis aux supporters auxerrois de voir leur club affronter le Real Madrid, l’AC Milan et l’Ajax Amsterdam pour des matchs de prestige.

De surcroît, l’enceinte a eu la chance d’être le lieu où Djibril Cissé a inscrit un retourné acrobatique légendaire contre le Paris-Saint-Germain ; d’être le lieu où Guy Roux, muni de son bonnet fétiche, était proche de monter dans les tribunes lors d’un quart de finale de Ligue des Champions pour récupérer un ballon auprès de « supporters voleurs » ; d’être le lieu où Louis Nicolin avait qualifié Benoît Pedretti de « petite tarlouze » à la suite d’une défaite des montpelliérains à l’Abbé Deschamps ; d’être le lieu où Eric Cantona, Laurent Blanc et Basile Boli évoluaient toutes les deux semaines ; d’être le lieu où l’acteur Gérard Depardieu se sent comme à la maison ; ou encore, d’être le lieu où l’Equipe de France a obtenu la plus large victoire de son histoire (10-0 contre l’Azerbaïdjan en 1995).

Ainsi, le Stade Abbé Deschamps détient des histoires incroyables.

L’enceinte a, en effet, abrité des souvenirs de performances européennes indescriptibles, des découvertes de jeunes phénomènes du centre de formation qui feront de grandes carrières internationales, et des anecdotes plus rocambolesques les unes que les autres.

Par voie de conséquence, ce stade, comme ses supporters, sont à la recherche de ces émotions et de ces grands moments que peuvent procurer le football dans un stade.

En ce sens, si les icaunais végètent aujourd’hui en Ligue 2, retrouver la Ligue 1 permettrait au club d’écrire une nouvelle page de son histoire.

Ainsi, l’AJA confirmerait qu’elle est effectivement bâtie sur pierre, et qu’elle ne périra pas, comme le met toujours en exergue sa devise, malgré les saisons de doute qui semblent envahir le club bourguignon.

 

#3 – Interview de Pascal Bridel, observateur pour l’AJ Auxerre durant seize saisons.

Pascal Bridel, au côté de Guy Roux lorsque ce dernier entraînait l’AJ Auxerre.

1) Bonjour Pascal. Pour commencer, peux tu nous parler de ton rapport au club de l’AJ Auxerre et nous dire en quoi est-il particulier pour toi ?

Pascal : Dès l’adolescence, je suis devenu supporter de l’AJA par passion pour Guy Roux, qui est né, comme moi, à Colmar (dont je suis aujourd’hui ambassadeur, avec fierté).

Puis, au début des années 2000, j’ai commencé à établir des comptes rendus des clubs de l’Est que j’allais voir jouer (Strasbourg, Sochaux, Metz et Nancy), que je transmettais ensuite à Guy Roux.

Il a trouvé ce que je faisais intéressant, et c’est ainsi que je suis devenu observateur pour l’AJA pendant seize saisons, tant pour les professionnels, que pour le centre de formation.

Pour moi, ce club est particulier car il est monté de DH en 1ère division, avant de devenir champion de France, de gagner quatre fois la Coupe de France, de disputer la Ligue des Champions, et tout ça avec les moyens que le club avait.

C’est tout simplement exceptionnel ! Je pense que plus aucun club et plus aucun entraîneur ne fera ça !

 

2) Que penses-tu du stade de l’Abbé Deschamps ? A-t-il des particularités et qu’est-ce qui pourrait donner envie à quelqu’un qui ne s’y est jamais rendu d’aller le découvrir ?

Pascal : La première fois que je m’y suis rendu c’était un samedi après-midi. Il n’y avait pas de match, et le stade était vide. Je me suis donc mis dans les tribunes et dans un silence de cathédrale, j’ai pensé à tout ce que ce stade a vécu depuis 1961.

Les gens pourraient avoir envie d’y aller pour découvrir un endroit mythique où il a été accompli des exploits magnifiques et où des joueurs comme Cissé, Cantona, Ferreri, Kapo, Mexès ou Boli furent formés.

De plus, le stade est très facile d’accès, c’est un endroit où n’importe quel visiteur est le bienvenu.

Pour l’anecdote, du temps de Guy Roux, n’importe qui pouvait même accéder à son bureau les journées.

 

3) Ton meilleur souvenir avec ce club ? Et dans ce stade ?

Pascal : Mon meilleur souvenir est la victoire en Coupe de France en 2003 contre le PSG. Guy Roux m’avait permis de ramener la Coupe de France à Colmar pendant une semaine, c’était fabuleux !

A l’Abbé-Deschamps, j’en ai énormément. Tellement, qu’il est difficile de n’en retenir qu’un.

Ainsi, je vais parler d’un souvenir qui n’a rien à voir avec un match.

Un soir, au printemps 2005, je suis allé rejoindre Guy Roux dans son bureau et avant, que l’on quitte le stade, j’ai vu son bonnet sur son bureau. Je lui ai donc demandé si je pouvais l’avoir, et il a refusé, me disant qu’il ne pouvait pas le donner.

Puis, au bout de quelques secondes, il a enchaîné en me disant « Prends le, mais cache le ».

Depuis, je l’ai toujours sur mon bureau.

 

Pour finir l’interview, je souhaiterais rajouter un mot pour les supporters de l’AJA. Je tiens à leur dire qu’ils sont formidables.

Stade
Ville
Ambiance
Summary

Passionné de football depuis une époque où l’AJ Auxerre de Djibril Cissé jouait la Coupe d’Europe chaque année, j’ai toujours suivi assidûment l’actualité de ce sport universel. Aimant également écrire, à côté de mes études de droit, c’est avec un immense plaisir que je rédige des articles vous donnant envie d’aller vivre des émotions incroyables dans les stades

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