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En ce 22 décembre, on s’intéressera à l’Association Sportive de Saint-Étienne.
Les Stéphanois, de retour en première division depuis 2004, participent à leur soixante-septième année au premier échelon national. Ainsi, c’est le deuxième club comptabilisant le plus de saisons à ce niveau, derrière l’Olympique de Marseille.
En effet, les verts détiennent un glorieux passé, avec notamment dix titres de champion de France, ce qui en fait le club français le plus couronné.
Malgré une période terne après leur domination sur le football français, l’ASSE parvient aujourd’hui à se stabiliser parmi les meilleures équipes du championnat.
Par conséquent, pour cette saison 2019/2020, l’objectif est une nouvelle fois de se qualifier pour la Coupe d’Europe.

1 – L’AS Saint-Étienne, un club historique du football français.

Photo letalkshowstephanois.fr
Equipe de l’ASSE alignée face au Bayern Munich, lors de la finale de la Coupe des clubs champions 1975/1976.

En 1919, le groupe Casino, basé à Saint-Étienne, ouvre une section de football à son organisation sportive.
Cependant, jusqu’en 1933, le club ne peut se porter candidat au championnat professionnel, que ce soit sportivement ou administrativement, malgré l’inauguration de son stade Geoffroy Guichard en 1931.
En 1933, l’ASSE souhaite donc s’inscrire en D1, mais son modeste rang au niveau départemental ne lui permet pas d’y accéder.
Néanmoins, le club intégrera la D2, et réussira à se placer au sein des premières places pour ses débuts à ce niveau.
Mieux encore, Sainté découvrira l’élite lors de la saison 1938/1939, et terminera à une prometteuse quatrième position.
Par la suite, la seconde guerre mondiale viendra bouleverser les championnats, et par voie de conséquence, stopper les verts dans leur élan.
Pour autant, à la Libération, les stéphanois repartent en Division 1 pour la saison 1945-1946, et se hissent à la deuxième place du classement.
Ils s’installent, dès lors, durablement dans la première partie du classement, jusqu’à leur premier titre de champion de France, acquis en 1957, portés par un succès populaire croissant.
Puis, en 1960, l’ASSE atteint également, pour la première fois de son histoire, la finale de la Coupe de France, en s’inclinant durant les prolongations face à l’AS Monaco.

En 1961, l’industriel Roger Rocher deviendra président du club, et est rempli d’ambitions.
Cependant, alors que l’équipe remporte sa première Coupe de France, elle est reléguée, dans le même temps, en Division 2.
Pour autant, les verts écrasent le championnat de D2 l’année suivante, avant d’obtenir, à la surprise générale, son deuxième titre de champion, pour son retour dans l’élite.
Les deux saisons qui suivent sont plus compliquées pour le club, qui peine à rééditer sa magnifique performance.
Néanmoins, à partir de 1967, la grande époque des verts commence.
En effet, ces derniers gagneront quatre titres consécutifs en D1, ainsi que deux nouvelles coupes de France en 1968 et 1970, les plaçant ainsi, de manière incontestable, sur le toit du football français.

Cependant, au début des années 1970, l’Olympique de Marseille et le FC Nantes parviennent à concurrencer les stéphanois, et à priver les verts de titres durant trois saisons.
Cela ne durera pas, puisque l’ASSE remporte le quatrième doublé coupe-championnat de son histoire en 1974, porté notamment par Jean-Michel Larqué.
Mieux encore, le club s’offre sa première épopée européenne l’année suivante, en se hissant jusqu’en demi-finale de Ligue des champions, où il buttera face au Bayern Munich.
Dans le même temps, les verts réaliseront une nouvelle fois le doublé coupe-championnat.
En 1975/1976, l’AS Saint-Étienne bénéficie de l’explosion au premier plan de Dominique Rocheteau et remporte le championnat de Division 1 pour la neuvième fois de son histoire.
De surcroît, le club réalise un parcours européen resté dans les mémoires, avec une finale de Ligue des champions, où ils s’inclineront, là encore, face au Bayern Munich.
L’ASSE va alors montrer au monde du football à quel point une ferveur populaire incroyable se dégage de la ville stéphanoise.
L’année suivante, Sainté, distancé par le Stade de Reims en championnat et éliminé en quart de finale de C1 par Liverpool, parviendra tout de même à remporter la Coupe de France en battant le club rémois en finale de la compétition.
Après cela, les deux dernières des années 1970 voient le club perdre de sa superbe.

Cependant, le recrutement du jeune Michel Platini replacera l’équipe stéphanoise au sommet du football français, puisque l’ASSE gagnera son dixième titre de champion de France en 1981.
Pour autant, les verts seront privés d’un nouveau doublé coupe-championnat, puisqu’ils s’inclineront face au SC Bastia en finale de Coupe de France.
L’année suivante est certainement la plus frustrante de l’histoire du club.
En effet, les stéphanois termineront deuxièmes du championnat et seront défaits, une nouvelle fois, en finale de Coupe de France, face au PSG, pour la dernière saison de Michel Platini au sein de son pays natal.

Puis, s’en suivra ensuite une période terne pour les verts.
Des problèmes financiers viennent, effectivement, plomber le club, qui sera même relégué en deuxième division en 1984.
Ainsi, l’équipe stéphanoise repart avec un effectif rajeuni au sein de l’antichambre de l’élite, et mettra deux années seulement à retrouver la Division 1.
Lors de la saison 1986-1987, le retour au premier échelon national est difficile, mais s’achève sur un premier maintien.
L’année suivante, le club obtient une prometteuse quatrième place, avant de retomber dans le ventre mou du classement les années suivantes, si l’on excepte une septième place lorsque l’équipe était entraînée par Jacques Santini durant la saison 1992/1993.
L’ASSE a donc perdu de sa superbe, loin de sa glorieuse époque des années 1960/1970.
Pire encore, en 1996, le club va rechuter en Division 2, à la suite d’une piteuse dix-neuvième place.
Les deux saisons qui suivent tourneront même au cauchemar, les verts évitant, à chaque fois, la relégation en National de justesse, en se maintenant à la dernière journée.

A l’intersaison 1998, l’expérimenté Robert Nouzaret débarque donc dans la Loire, et réussit à faire remonter l’équipe en D1, à la suite d’une saison exemplaire.
Ainsi, l’espoir d’un retour au premier plan est réel, incarné par les exploits des attaquants Aloisio et Alex, qui hissent les verts à une sixième place en 2000.
Néanmoins, la saison suivante tourne au désastre, avec l’affaire des faux passeports qui concernent les deux attaquants brésiliens précédemment cités, accompagnée d’une nouvelle descente en deuxième division.
Ce n’est alors qu’après deux saisons dans le ventre mou de cette division que l’ASSE retrouvera l’élite, en 2004, en terminant premier du championnat, sous les ordres de Frédéric Antonetti.

Bernard Caïazzo et Roland Romeyer vont alors racheter le club, remplis d’ambition, et souhaitant que l’AS Saint-Étienne retrouve sa place parmi les grosses cylindrées de la première division.
Cependant, après une première saison prometteuse et une sixième place au classement, les stéphanois retomberont dans le ventre mou du classement les deux saisons suivantes.
La saison 2007-2008 est alors très positive pour le club qui, porté par Bafétimbi Gomis, finira cinquième du championnat, avant de se hisser jusqu’en huitième de finale de Coupe UEFA l’année qui suit.
Pour autant, cette épopée européenne va desservir à l’équipe qui se maintiendra de peu en Ligue 1 durant deux ans, en terminant à chaque fois dix-septième.

Néanmoins, depuis 2010, et l’arrivée de l’entraîneur emblématique Christophe Galtier, l’ASSE a repris l’habitude de terminer régulièrement dans le top 5, et par voie de conséquence, de disputer la Coupe d’Europe chaque année.
De surcroît, il a permis au club d’ajouter une nouvelle ligne à son palmarès, en remportant une Coupe de la Ligue en 2013, porté par Pierre-Emerick Aubameyang.

Depuis le départ de l’entraîneur, aujourd’hui au LOSC, l’ASSE parvient toujours à se stabiliser dans le haut du tableau.
Néanmoins, pour se rapprocher des glorieuses années du club, l’idéal pour les verts serait de retrouver la Ligue des champions prochainement, pour faire vibrer Geoffroy Guichard, encore plus qu’à l’accoutumée, et que la chanson écrite par Jacques Bulostin « Allez les verts » ressurgisse dans les rues de Saint-Étienne.

2 – Le Stade Geoffroy Guichard, un Chaudron à l’incroyable ferveur populaire.

Photo youtube.com
Le Stade Geoffroy Guichard, muni de 42 000 places.

Le Stade Geoffroy Guichard fut inauguré en 1931, et dispose d’une capacité de 42 000 places, ce qui en fait alors la septième plus grande enceinte de l’Hexagone.
Ainsi, il est l’un des plus anciens stades du pays, construit grâce à Geoffroy Guichard, fondateur des magasins Casino, qui verra donc son nom accolé aux portes du stade.
Il convient de souligner, qu’au vu de son ancienneté, celui-ci a connu de nombreuses rénovations, notamment pour l’Euro 1984, la Coupe du monde 1998, et plus récemment, l’Euro 2016.
Ainsi, si le stade abrite les rencontres des verts depuis sa création, avec des épopées magnifiques en Coupe d’Europe et des succès nationaux à répétition, il a également accueilli de nombreux matchs internationaux.
En effet, des matchs de l’Euro 1984, de la Coupe du monde 1998, de la Coupe des confédérations 2003, et de l’Euro 2016 se sont joués au sein du Chaudron.
De surcroît, le Stade Geoffroy Guichard a également reçu de nombreuses rencontres amicales des Bleus, dont la dernière fut un France-Danemark en 2015, pour une victoire 2-0 des hommes de Didier Deschamps.
Puis, le stade a été sélectionné par le comité de candidature de Paris pour les Jeux Olympiques 2024 afin de recevoir les rencontres de football masculin et féminin.

Cependant, cette enceinte est surtout reconnue pour sa ferveur populaire quasiment sans égale en France, si l’on excepte Lens ou Marseille.
En effet, l’ambiance qui se dégage de ce stade « à l’anglaise » lui vaut même, depuis 1974, le surnom de « Chaudron vert ».
Cette ferveur ne peut alors que donner des ailes aux joueurs, les transcender, ce qui fut notamment le cas lors du dernier derby entre l’ASSE et l’Olympique Lyonnais.
De plus, le caractère historique du Chaudron et les grands matchs qui ont pu s’y dérouler rendent ce stade encore plus impressionnant, en faisant ainsi un lieu historique du football français, voire européen.
Par voie de conséquence, ce stade, comme ses supporters, sont à la recherche de ces émotions et de ces grands moments que peuvent procurer le football dans un stade, d’autant plus à Geoffroy Guichard, au vu de la ferveur populaire qui se dégage de l’enceinte.
En ce sens, si l’AS Saint-Etienne venait à renouer avec des performances semblables à celles de ses glorieuses époques, nul doute que les supporters stéphanois garniront, encore davantage, les travées du stade, afin que la ferveur du Chaudron vert soit toujours plus impressionnante.

3 – Interviews de Nicolas, supporter de l’AS Saint-Étienne et co-responsable du site « Talk Show Stéphanois » ; ainsi que de Luc, également supporter de l’ASSE et impliqué sur les réseaux sociaux pour la page « Mémoires de l’ASSE ».

Logo du « Talk Show Stéphanois », site dédié à l’actualité du club, dont Nicolas est co-responsable.
Photo de Luc, arborant fièrement les couleurs stéphanoises.

1) Bonjour à tous les deux. Pour commencer, pouvez-vous nous parler de votre rapport au club de l’AS Saint-Étienne et nous dire en quoi est-il particulier pour vous ?

Nicolas : D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été supporter de l’ASSE.
Aujourd’hui, j’ai 24 ans, et cela a toujours été une évidence pour moi.
En effet, j’ai été biberonné à l’AS Saint-Étienne.
Mon père avait notamment été dans les tribunes lors de la mythique finale de C1 entre l’ASSE et le Bayern Munich, à Glasgow, en 1976.
Il m’était donc difficile de ne pas plonger dedans à mon tour…

Luc : Personnellement, je suis stéphanois, je suis né dans cette ville, et j’y habite toujours.
L’ASSE est le club de ma ville, celui que mon père m’a emmené voir à mes six ans.
C’est donc forcément un club particulier pour moi.

2) Que pensez-vous du Stade Geoffroy Guichard ? A-t-il des particularités et qu’est-ce qui pourrait donner envie à quelqu’un qui ne s’y est jamais rendu d’aller le découvrir ?

Nicolas : Le stade a eu un joli coup de neuf pour l’Euro 2016, qui s’est déroulé en France.
Désormais, l’extérieur est plus moderne, et les angles sont bouchés, ce qui donne une très belle impression depuis l’intérieur.
Puis, comment ne pas évoquer l’ambiance de Geoffroy Guichard pour convaincre quelqu’un d’y venir, notamment un soir de derby ?
On a vraiment l’impression de faire partie d’un ensemble qui nous dépasse lors des réactions unanimes du stade, comme lorsque la folie s’est emparée des supporters sur le but de Beric à la 89ème minute du match face à l’OL par exemple…

Luc : C’est un stade à l’anglaise, assez fermé, et donc propice à une ambiance explosive.
C’est l’un des éléments qui fait ce que représente le Chaudron, avec ses supporters bouillants.
Il convient également de noter que Geoffroy Guichard est le seul et unique stade de l’ASSE.
Il a bien sur été rénové, mais c’est la même pelouse qui fut foulée par les grands noms du passé.
En ce sens, c’est évidemment un lieu chargé d’histoire footballistique.

3) Votre meilleur souvenir avec ce club ? Et dans ce stade ?

Nicolas : J’ai souvent eu peu de chance lorsque j’allais au stade.
Par exemple, je me souviens encore très bien du derby que l’on perd 3-2, après être remonté en Ligue 1, avec notamment ce penalty de Juninho, marqué en deux temps, et le coup de grâce de Sidney Govou dans le temps additionnel.
Mon meilleur souvenir est sans doute le dernier match de la saison 2013/2014, avec la victoire 3-1 à la dernière journée contre Ajaccio, nous offrant la quatrième place, huit points devant l’OL, pour la première fois depuis des années.

Luc : C’est compliqué d’en citer un car j’en ai connu beaucoup.
Néanmoins, je crois que la victoire 5-1 face à l’OM en 1999 gardera toujours une place particulière dans mon cœur.
Puis, je me souviendrais également toujours de l’ambiance incroyable du match du titre de L2 en 2003, lors de la dernière journée face à Châteauroux.
Ce souvenir représente ce que doit, par essence, être un vrai stade de foot, soit une enceinte qui fait gagner son équipe.

Passionné de football depuis une époque où l’AJ Auxerre de Djibril Cissé jouait la Coupe d’Europe chaque année, j’ai toujours suivi assidûment l’actualité de ce sport universel. Aimant également écrire, à côté de mes études de droit, c’est avec un immense plaisir que je rédige des articles vous donnant envie d’aller vivre des émotions incroyables dans les stades

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