Calendrier de l’Avent – Episode 13 – 13/12 Angers SCO

Calendrier de l’Avent – Episode 13 – 13/12 Angers SCO

En ce 13 décembre, on s’intéressera à l’Angers Sporting Club de l’Ouest.

Les angevins, s’inscrivant de manière stable en Ligue 1 depuis plusieurs années, participent à leur vingt-huitième saison dans l’élite.

En effet, les noirs et blancs, entraînés par Stéphane Moulin depuis 2011, ont retrouvé la première division pour la saison 2015/2016, et se maintiennent sans trop de difficultés chaque année.

Ainsi, après des temps troubles dans les années 1990/2000, la renaissance confirmée du club passe par un nouveau maintien confortable dans l’élite cette saison, accompagné de quelques exploits sur les matchs de prestige ou de Coupe de France, comme le SCO en a maintenant l’habitude.

 

#1 – L’Angers SCO, un club à la stabilité retrouvée.

Photo social.shorthand.com Communion entre les joueurs et les supporters pour fêter le retour du SCO dans l’élite à l’issue de la saison 2014/2015, vingt-deux ans après le dernier passage du club à ce niveau.

 

L’Angers SCO fut fondé en 1919, sous le nom de Sporting Club du Crédit de l’Ouest, et sous l’impulsion des frères Fortin, directeurs de la Banque de Crédit de l’Ouest.

Les angevins évoluent alors, pour leurs débuts, dans les divisions amateurs.

Cependant, sous la présidence d’Eugène Blot, dans la première partie des années 1940, les noirs et blancs vont gravir les échelons jusqu’au professionnalisme, en finissant champion de France amateur en 1943.

 

La saison 1945/1946 sera donc la première au niveau professionnel pour le SCO, qui évoluera en D2.

Celle-ci est particulièrement réussie puisque le club se hisse à la troisième place du classement, et réédite cette performance l’année suivante.

Par la suite, les scoïstes se stabilisent au milieu du tableau de la deuxième division, si l’on excepte une saison 1949/1950 particulièrement compliquée, avec une mauvaise passe financière du club et une piètre quinzième position au classement.

Cependant, les dirigeants angevins ne laissent aucune place à la panique car ils expliquent miser sur une politique basée sur la formation de jeunes talents.

Cette stratégie va s’avérer payante quelques saisons plus tard, avec la première accession du club dans l’élite pour la saison 1956/1957.

 

Ainsi, l’ambition du club scoïste est évidemment de se maintenir à ce niveau.

La première saison en D1 est une véritable satisfaction, avec l’obtention d’une onzième position, pour une équipe qui apparaît comme solide physiquement.

Cependant, cette première année au plus haut niveau national fut surtout marquée par une finale de Coupe de France, perdue contre le Toulouse FC 6-3, ce qui constitue la finale la plus prolifique de cette compétition, encore aujourd’hui.

Sur sa lancée, le club va briller l’année suivante en terminant troisième du championnat.

Par la suite, le SCO se stabilisera dans le ventre mou du championnat durant huit saisons.

 

Le club angevin connaîtra, après cela, ses heures de gloire, avec l’arrivée de Jean-Marc Guillou.

En effet, les noirs et blancs s’octroient une place sur le podium en finissant une nouvelle fois troisième lors de la saison 1966-1967.

Néanmoins, alors que l’équipe semble armer pour batailler avec son voisin nantais et s’inscrire parmi les meilleures équipes du football français, les scoïstes connaîtront une année cauchemardesque et redescendront en D2.

Pour autant, les angevins terminent premier et retrouve la D1 au bout d’une année.

De surcroît, le club se hisse jusqu’en demi-finale de Coupe de France, en s’inclinant seulement contre l’Olympique de Marseille.

S’en suivront de belles années pour les noirs et blancs, qui finissent quatrième de D1 à deux reprises et participeront, pour la première et unique fois de leur histoire, à la Coupe d’Europe en 1972.

Cela n’a pas été une réussite puisqu’au bout d’un tour, les scoïstes seront sortis de la compétition par le Dynamo Berlin.

 

Puis, en 1975, les angevins chuteront en D2, provoquant, par voie de conséquence, le départ de Jean-Marc Guillou.

Le club va alors faire l’ascenseur entre la première et la deuxième division durant cinq ans, ne parvenant plus à se stabiliser dans l’élite.

Pire encore, dans les années 1980, le SCO restera une décennie dans l’anonymat de la D2, frôlant même en 1985, une descente en troisième division.

 

Cependant, en 1991, les angevins ont tourné le dos à leurs mauvais jours, avec une belle saison et une montée ratée à un rien.

C’est donc l’année suivante qui sera la bonne, le SCO étant récompensé par un titre de champion de Division 2 et un retour dans l’élite du football français.

Néanmoins, cela n’était qu’un éphémère rayon de soleil après la longue période de grisaille, puisque les retrouvailles avec ce niveau sont très compliquées.

En effet, le club termine dernier du championnat, ne comptant que quatre victoires sur la saison.

 

S’en suit alors le déclin du club, qui chutera même en National en 1996.

Le début des années 2000 est marqué par des allers et retours entre la deuxième et la troisième division.

Cependant, en 2006, le jeune dirigeant d’entreprises Willy Bernard rachète le club, qui se dirige vers une renaissance progressive.

En effet, le SCO se stabilise en Ligue 2 et en devient même un club phare, en progrès constant.

En décembre 2011, Saïd Chabane remplace le président Willy Bernard et déclare que l’objectif est de retrouver la Ligue 1 dans les saisons à venir.

Néanmoins, les angevins peinent à réaliser la performance tant attendue.

C’est alors grâce à la Coupe de France que le club attire à nouveau la lumière sur lui en se hissant jusqu’en demi-finale, et en s’inclinant seulement contre le Stade Rennais 3-2.

 

Les scoïstes, ambitieux, espèrent cependant toujours retrouver le plus haut niveau national.

Ainsi, pour la saison 2015/2016, le club opère un recrutement astucieux, en attirant par exemple l’attaquant Jonathan Kodjia.

Cela est une véritable réussite.

En effet, Angers parvient à arracher la troisième position du classement, synonyme de montée en Ligue 1, vingt-deux ans après ses derniers matchs à ce niveau.

 

Depuis, le SCO est toujours bien installé en milieu de tableau, grâce à d’habituels bons débuts de saisons, comme cela fut encore le cas cette saison.

De surcroît, le club a eu le privilège de disputer une finale de Coupe de France en 2017, ne s’inclinant que contre le PSG 1-0 en finale.

En ce sens, cette année encore, les angevins se dirigent vers un maintien confortable en L1, et espèrent éventuellement, une nouvelle épopée en Coupe de France, en attendant peut-être mieux lors des saisons à venir…

 

#2 – Un stade en pleine rénovation, pour corroborer avec les nouvelles ambitions du club.

Photo madeinfoot.com
Le Stade Raymond-Kopa, muni de 17 000 places.

 

Le Stade Raymond-Kopa, situé à Angers, fut inauguré en 1912, sept ans avant la création du SCO, sous le nom de Stade Bessonneau, par son créateur, l’industriel angevin Julien Bessonneau.

Par la suite, il sera modernisé et deviendra Stade municipal, en 1957.

Onze ans plus tard, en 1968, il sera à nouveau renommé. En effet, l’enceinte est agrandie et rebaptisée Jean Bouin.

En 1993, le stade, qui ne répond pas du tout aux normes de la première division, est totalement réhabilité.

Cela se manifestera notamment avec la construction de gradins, en attendant une nouvelle tribune, à la place de la butte en herbe qui accueillait les plus fervents supporters scoïstes.

En 2010, les gradins de transition sont enfin retirés, et la butte, située sur le côté ouest du stade, est définitivement rasée afin de permettre la construction de la tribune Coubertin.

Sept ans plus tard, c’est le nom de l’enceinte qui est à nouveau modifié.

En effet, quelques jours après la mort de Raymond Kopa, qui a effectué deux saisons à Angers, le stade prendra son nom.

Cette saison encore, afin que le club bénéficie d’un stade à la hauteur de ses ambitions et du niveau dans lequel il évolue, des travaux sont entrepris.

La tribune Saint-Léonard est, effectivement, en pleine rénovation, et permettra à l’enceinte d’être flambant neuve, et d’obtenir une capacité de 20 000 places pour 2021.

 

Ainsi, les supporters angevins, qui attendent cette modernisation avec impatience, pourront enfin s’asseoir au sein de travées dignes de la stabilité retrouvée du SCO en Ligue 1.

Cependant, cette nouvelle rénovation n’effacera pas l’historique de ce stade, qui est l’un des plus anciens de l’Hexagone.

S’il fut vétuste à certaines époques, notamment avec cette fameuse butte de terre en guise de tribune, il recouvre des centaines de souvenirs pour ces passionnés de football.

Par conséquent, ce stade, comme ses supporters, sont à la recherche de ces émotions et de ces grands moments que peuvent procurer le football dans une enceinte, et d’autant plus dans deux ans, lorsque la modernisation de celle-ci sera terminée.

En attendant, nul doute qu’un nouveau maintien confortable du club et quelques victoires de prestige obtenues face aux grosses cylindrées du championnat suffiront à ravir le public scoïste.

 

#3 – Interview d’Anthony, supporter d’Angers SCO et co-administrateur d’un forum pour le club.

Photo d’Anthony (deuxième en partant de la droite), qui remet le trophée du meilleur joueur de la saison 2012/2013 à Grégory Malicki, l’ancien gardien du club.

 

1) Bonjour Anthony. Pour commencer, peux tu nous parler de ton rapport au club de l’Angers SCO et nous dire en quoi est-il particulier pour toi ?

 

Anthony : Le SCO, c’est mon club, le club de ma ville.

Je suis né à Angers, et j’ai grandi avec le SCO. En effet, fan de foot très rapidement, c’est tout naturellement que je me suis intéressé au club phare de mon département.

Puis, les choses sont devenues définitives lorsque mes parents ont déménagé à côté du stade, dans les années 1980.

Depuis ma chambre, je voyais les lumières de Jean Bouin, et je suivais les rencontres avec mon Walkman collé aux oreilles, branché sur Radio Oxygène.

Un jour, des camarades de classe m’ont proposé de les accompagner, pour « aller au SCO » comme nous avons coutume de le dire.

Malgré les conditions d’accueil précaires (une pauvre butte en terre enherbée, véritable patinoire par temps de pluie), la passion est arrivée ce jour-là et ne m’a plus jamais quittée.

A l’époque, l’entrée pour les moins de 16 ans était à deux francs. Alors, forcément, cela en a fidélisé plus d’un !

 

2) Que penses-tu du stade Raymond-Kopa ? A-t-il des particularités et qu’est-ce qui pourrait donner envie à quelqu’un qui ne s’y est jamais rendu d’aller le découvrir ?

 

Anthony : Je pense que pour notre stade, nous partons de loin… De très loin même.

Il a énormément changé depuis trente ans et il va encore bien changer durant les années à venir.

Pendant longtemps, ce stade ne ressemblait à rien.

Dans les années 1980, il y avait deux tribunes dépareillées.

Tout d’abord, Jean Bouin, qui date des années 1970.

Puis, la mythique Saint-Léonard, construite en 1957, qui est une magnifique tribune sur deux étages, avec, en bas, des places debout, et à l’étage des places munies d’une excellente vue sur le terrain car la travée est très avancée.

Pour des raisons de sécurité, cette dernière a du être rasée car des morceaux commençaient à tomber. Elle fut alors remplacée par une horrible, mais pratique, tribune tubulaire en 2008. Cela fait onze années déjà.

Ce « hangar métallique » a été détruit durant l’été, lui aussi, afin de laisser place à la future tribune officielle dont les travaux doivent courir jusqu’en 2021.

Entre temps, la transformation de l’enceinte a déjà débuté, avec la mise en place d’une véritable tribune.

Celle-ci remplace ainsi les gradins qui avaient supplanté la fameuse butte de terre et d’herbe, avec des espaces debout sur une surface cimentée inclinée, suffisamment haute pour assurer une vue sympathique aux spectateurs.

Puis l’an dernier, a été inaugurée la nouvelle tribune Colombier, en remplacement de la tribune non couverte et assez peu fonctionnelle, qui avait été érigée à l’occasion de la montée en D1 de 1993.

Il faut dire qu’auparavant, derrière ce but, il n’y avait rien, ou alors, seulement pour les grandes occasions, quelques gradins temporaires.

Lorsque la tribune Saint-Léonard sera achevée, cette enceinte ressemblera vraiment à quelque chose, avec des virages fermés et une uniformisation des tribunes.

Cependant, en attendant, tout moche qu’il est, et surtout qu’il a été, j’adore ce stade car c’est mon stade, celui du SCO.

Cela fait trente ans que je m’y rends, que je vibre, que je souffre, que j’hurle, ou que j’y pleure.

Certes il est cabossé, mais il a une âme.

L’équipe joue sur ce terrain depuis l’après-guerre, alors on a la chance d’y côtoyer les âmes de nos gloires passées.

On y ressent les vibrations des grandes rencontres, et les souvenirs, abondants, peuplent chaque recoin du stade.

 

3) Ton meilleur souvenir avec ce club ? Et dans ce stade ?

 

Anthony : Des souvenirs avec ce club, j’en ai beaucoup ! Des bons et des moins bons évidemment.

Si je devais en garder quelques-uns, je citerais tout naturellement les moments qui ont validé les montées, que ce soit celle de 1993, avec ce match face à Laval que l’on gagne 2-0, ou en 2000 avec cet incroyable scénario, et la troisième place arrachée à l’issue du match nul 1-1 face à Grenoble.

Je pourrais aussi parler de l’accession en Ligue 2 dans cette rencontre face à Vannes, après que Laval se soit totalement écroulé dans les deux dernières journées.

Enfin, évidemment, le match du dernier retour en Ligue 1, contre Nîmes, dans une ambiance incroyable.

Je me souviens également de matchs incroyables face à Valenciennes, au Havre, à Rennes ou à Lyon, en coupe.

De même, les victoires fantastiques en Ligue 2, en 2013, face à Lens, contre Nantes.

Enfin, la Coupe de France c’est aussi un excellent souvenir avec la qualification pour la finale de 2017, après avoir battu Guingamp, en demi-finale, dans un match épique !

Cependant, l’un de mes plus grands souvenirs est aussi d’avoir moi-même foulé la pelouse  du stade en avant-match d’une rencontre de Ligue 2 en 1995, dans le cadre de la finale départementale universitaire.

Le SCO l’avait ensuite emporté 2-0 contre Niort, sauvant ainsi in extremis sa peau en Ligue 2 cette année-là.

Arthur LEONARD
Passionné de football depuis une époque où l’AJ Auxerre de Djibril Cissé jouait la Coupe d’Europe chaque année, j’ai toujours suivi assidûment l’actualité de ce sport universel. Aimant également écrire, à côté de mes études de droit, c’est avec un immense plaisir que je rédige des articles vous donnant envie d’aller vivre des émotions incroyables dans les stades

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