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En ce 19 décembre, on s’intéressera au Football Club des Girondins de Bordeaux.

Les bordelais, installés en première division depuis 1992, participent à leur soixante-septième année au premier échelon national. C’est le deuxième club comptabilisant le plus de saisons à ce niveau, derrière l’Olympique de Marseille. En effet, les marines et blancs détiennent un glorieux passé, avec notamment plusieurs titres de champion de France. Cependant, ils peinent aujourd’hui à s’affirmer parmi les meilleures équipes du championnat. Sous pavillon américain depuis 2018, le club espère alors retrouver des couleurs, et renouer avec ses belles années.

#1 – Les Girondins de Bordeaux, un club historique du football français qui semble rentrer dans le rang.

Photo sudouest.fr

Les joueurs bordelais célèbrent le titre de champion de France 2009, qui est le sixième de l’histoire du club.

En 1881, un club omnisports, présidé par André Chavois, est créé à Bordeaux. Ce n’est qu’en 1910, sous la pression de Raymond Brard, qu’une section de football verra le jour, sans grand succès à ses débuts. Les Girondins de Bordeaux ne disputent des matchs qu’à compter de 1920, avant d’obtenir le statut professionnel seulement dix-sept ans plus tard, en 1937, à la suite d’un titre de champion de France amateur.

Le club accède à la Division 2 pour la saison 1937/1938. La même année le Stade Municipal de Bordeaux, qui deviendra Parc Lescure, puis Stade Jacques Chaban Delmas, est créé pour la Coupe du monde 1938, et pour que les marines et blancs y évoluent par la suite. Avec la seconde guerre mondiale, les championnats sont fortement troublés. Malgré cela, les Girondins de Bordeaux réussiront à fusionner, en 1940, avec l’Association Sportive du Port, et remporteront, un an plus tard, la première Coupe de France de leur histoire.

En 1945, une fois la guerre terminée, le championnat reprend ses droits, et les bordelais prendront place en Division 1, avant d’être relégués deux ans plus tard, et de retrouver finalement l’élite en 1949. Pour leur retour à ce niveau, les girondins seront sacrés champions de France, pour la première fois de leur histoire, sous les ordres d’André Gérard. Par la suite, le FCGB rentre dans le rang, malgré une deuxième place obtenue en 1952, et deux finales de Coupe de France perdues en 1952 et 1955.

Le club redescend en D2 en 1956, avant de faire l’ascenseur entre la Division 1 et la Division 2, jusqu’à une remontée dans l’élite pour la saison 1962/1963. Le club a alors l’ambition de repartir sur des bases plus saines et solides, et de se stabiliser au premier échelon national. Ainsi, avec le recrutement de Christian Montès ou d’André Chorda, les Girondins de Bordeaux vont enchaîner les belles saisons dans les années 1960, sans pourtant être récompensé par un titre, malgré des places d’honneur acquises chaque saison en D1.

Cette belle période laisse ensuite place à un lent déclin du club dans les années 1970. Malgré l’éclosion de joueurs comme Alain Giresse, l’équipe végète en milieu de classement, passant même tout proche de la descente dans l’antichambre de l’élite en 1978. A la suite de cette saison catastrophique, le FCGB est confié à Claude Bez, qui accède à la présidence du club et recrute de nombreux joueurs pour concurrencer les meilleures formations que sont, à l’époque, Nantes et Saint-Etienne.

Les premières saisons sont prometteuses, et Bez recrutera, en 1980, un jeune entraîneur, nommé Aimé Jacquet, et des joueurs de qualité, comme Marius Trésor ou Jean Tigana. L’entraîneur va alors mener l’équipe aux plus grands succès, sur le toit du football français. Les bordelais remportent trois titres de champions de France en 1984, 1985 et 1987, ainsi que deux coupes de France, en 1986 et 1987. De surcroît, chaque saison, le FCGB se qualifie pour la Coupe d’Europe.

Le club réalise alors de belles campagnes européennes, avec notamment une demi-finale de Coupe des champions en 1985, perdue seulement contre la Juventus de Turin de Michel Platini. Puis, deux ans plus tard, ils se hisseront également jusqu’en demi-finale de Coupe des coupes, et s’inclineront face au Lokomotive Leipzig.

A la suite de cette magnifique décennie, où Bordeaux s’est imposé comme le club phare du football français, grâce à son entraîneur Aimé Jacquet, ce dernier partira en 1989. Deux ans après, cela se complique, et le FCGB termine dixième du championnat. De plus, le club sera relégué administrativement par la DNCG, en raison d’un déficit budgétaire trop important. Claude Bez est alors poussé à la démission.

Pour autant, les marines et blancs remontent immédiatement en terminant premier de la Division 2. Ils se rétablissent même rapidement à un bon niveau, en finissant régulièrement dans les cinq premiers du classement. En 1996, le club, porté par les français Zinedine Zidane, Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry, iront jusqu’en finale de la Coupe UEFA, tombant contre le Bayern Munich.

Malgré de nombreux départs, la saison 1998/1999 est fantastique. Entraînés par Elie Baup et portés par leur attaquant Sylvain Wiltord, les bordelais remportent un cinquième titre de champion de France, grâce à un but de Pascal Feindouno dans les dernières minutes de la dernière journée, au Parc des Princes. Le FCGB se stabilise ensuite dans les cinq premiers du classement, hormis lors de la saison 2001/2002 où le club termine sixième, mais se qualifie malgré tout pour la Coupe UEFA, grâce à une victoire en Coupe de la Ligue, en battant le FC Lorient en finale de l’épreuve.

Après une phase de deux années difficiles qui auront vu l’équipe lutter pour son maintien, et se séparer de son entraîneur emblématique Elie Baup, les girondins renouent avec les premières places du championnat en terminant deuxième en 2006, derrière l’Olympique Lyonnais, qui domine la Ligue 1 à cette époque. Les bordelais disputeront alors la Ligue des champions pour la deuxième fois de leur histoire, mais l’équipe girondine est trop juste pour espérer ne serait-ce que passer un tour.  La saison 2006/2007 est donc moyenne, mais sauvée une nouvelle fois, par une victoire en Coupe de la Ligue, en battant l’ogre lyonnais en finale, au Stade de France.

A la suite de cela, le président du club, Jean-Louis Triaud décide de confier les rênes de l’équipe à Laurent Blanc, ce qui constitue un véritable coup de poker car ce dernier est inexpérimenté en tant qu’entraîneur. Pour autant, le coup est gagnant car les marines et blancs terminent deuxième, une nouvelle fois derrière l’Olympique Lyonnais, et retrouvent, par voie de conséquence, la Ligue des champions.

La saison suivante, le club remporte une troisième Coupe de la ligue en avril 2009, avant d’être sacré champion de France pour la sixième fois de son histoire, un mois après. La saison 2009/2010 démarre également parfaitement pour les bordelais, qui semblent se diriger vers un nouveau titre de champion de France mais, au terme d’une seconde partie de saison très moyenne, ils termineront finalement sixième du championnat. Cette saison est pourtant la meilleure des girondins en Ligue des champions, puisqu’ils se hisseront jusqu’en quart de finale, éliminés par leur rival lyonnais.

Depuis cette dernière glorieuse époque, les saisons se suivent et se ressemblent en Gironde. En effet, hormis une quatrième Coupe de France remportée en 2013 sous les ordres de Francis Gillot, les bordelais sont toujours placés dans les sept premiers, sans pour autant pouvoir espérer une place sur le podium, ou un parcours respectueux en Ligue Europa. Pire, l’an dernier, les girondins ont terminé à une piètre quatorzième place, malgré l’arrivée de dirigeants américains ambitieux.

De ce fait, cette saison, les bordelais, toujours soutenus par leurs nombreux supporters, se doivent de relever la tête, et de se hisser à une place que mérite ce club historique du football français. L’ambition semble d’obtenir une qualification en Europa League au minimum, avant d’espérer éventuellement mieux, et de retrouver la Ligue des Champions à l’avenir, dans un stade flambant neuf, qui serait largement à la hauteur de l’événement.

#2 – Le Matmut Atlantique, un magnifique stade moderne qui peine à se remplir.

Photo france3-regions.francetvinfo.fr

Le Matmut Atlantique, muni de 42 000 places.

Le Matmut Atlantique fut inauguré en mai 2015, et dispose d’une capacité de 42 000 places, ce qui en fait alors le sixième plus grand stade de l’Hexagone. Il est l’un des plus récents stades du pays, construit pour accueillir l’Euro 2016, et dans le même temps, afin de remplacer le Stade Jacques Chaban Delmas, datant de 1938, et devenu très vétuste.

La nouvelle enceinte prendra alors le nom de Matmut Atlantique, selon le concept de naming. Les supporters bordelais, mécontents de cette appellation, décideront d’organiser un vote afin de choisir un nom d’usage pour ce stade. Le nom de l’ancien bordelais, René Gallice, est alors retenu.

Le Matmut Atlantique abrite donc les rencontres des Girondins de Bordeaux depuis sa création. Au vu des résultats peu enthousiasmants du club depuis 2015, cela n’a évidemment pas permis aux supporters de détenir autant de bons souvenirs dans ce stade qu’à Chaban Delmas. Pour autant, il a eu l’honneur de recevoir des matchs internationaux, dont une rencontre de l’Equipe de France en septembre 2015 face à la Serbie. Le Matmut Atlantique a également accueilli cinq matchs du dernier Championnat d’Europe, avec notamment le quart de finale entre l’Allemagne et l’Italie. Puis, le stade a été sélectionné par le comité de candidature de Paris pour les Jeux Olympiques 2024 afin de recevoir les rencontres de football.

Cependant, cette magnifique enceinte moderne, que l’on peut considérer comme l’une des deux ou trois plus belles de France, peine à se remplir. Avec un taux de remplissage inférieur à 50%, si le stade est très beau, on peut légitimement penser qu’il le serait encore davantage s’il était rempli. Pour autant, le kop bordelais, toujours présent dans le Virage Sud, a la réputation d’être l’un des meilleurs de France, avec la présence d’une très belle ambiance dans cette tribune à chaque match.

Par voie de conséquence, ce stade, comme ses supporters, sont à la recherche de ces émotions et de ces grands moments que peuvent procurer le football dans un stade, d’autant plus au Matmut Atlantique, au vu de la beauté de l’enceinte. En ce sens, si le FCGB venait à renouer avec des performances semblables à celles de ses glorieuses époques, nul doute que les supporters girondins garniront les travées du Matmut Atlantique, et que l’historique Stade Jacques Chaban Delmas sera peu à peu oublié, même si il restera forcément dans les mémoires des plus fidèles supporters du club.

#3 – Interviews de Jérémy, supporter des Girondins de Bordeaux et animateur d’une émission radio sur le club ; ainsi que d’Enzo, également supporter du FCGB et intervenant/CM pour « Girondins Analyse ».

Logo de « Top Girondins », émission radio animée par Jérémy, mettant en exergue toute l’actualité des Girondins de Bordeaux.

Photo d’Enzo au sein du kop bordelais, dans les travées du Matmut Atlantique.

1) Bonjour à tous les deux. Pour commencer, pouvez-vous nous parler de votre rapport au club des Girondins de Bordeaux et nous dire en quoi est-il particulier pour vous ?

Jérémy : Tout d’abord, j’ai un rapport particulier avec ce club puisque j’anime l’émission « Top Girondins » à la radio, qui se rapporte à l’actualité du FCGB. Sinon, je suis supporter de l’équipe depuis que j’ai l’âge de connaître ce sport. Je me souviens encore parfaitement de mon premier match à Lescure, un vilain Bordeaux-Nantes, finissant sur un 0-0. J’aime cette institution et, c’est selon moi, le plus beau club français par son histoire et les joueurs qui ont porté ce maillot.

Enzo : Personnellement, je suis intervenant/CM pour Girondins Analyse. Je suis de 1998, alors forcément, j’étais obligé de tomber dans le foot… Ma passion pour les Girondins date de mon plus jeune âge. Mon oncle appartenait au groupe ultras les Devils, et il faisait les allers et retours à chaque match depuis Pau, avec ainsi 400 kilomètres aller-retour, pour voir les Girondins. C’est lui qui m’a clairement donné cet amour pour le club, que je n’ai plus lâché depuis.

Quasiment tout ce que j’ai à ce jour a un rapport avec le club. Je suis fan, et je pense que le club est la chose la plus importante pour moi, avec ma famille et mes amis. Cela fait quatre ans que je vais au stade pour chaque match, et je suis adhérent aux Ultramarines. Malheureusement, je n’ai pas vraiment eu la chance de vivre les belles époques des Girondins. J’avais onze ans en 2009, ce qui était encore un peu jeune. Mais pour moi, Bordeaux, c’est l’histoire. Les plus grands joueurs français sont passés par ce club, et ce n’est pas pour rien. En plus d’être un club historique, c’est un beau club, extrêmement classe.

2) Que pensez-vous du Matmut Atlantique ? A-t-il des particularités et qu’est-ce qui pourrait donner envie à quelqu’un qui ne s’y est jamais rendu d’aller le découvrir ?

Jérémy : Je suis davantage attaché au nom populaire de ce stade, le stade Matmut Atlantique René Gallice. Ce dernier était, en effet, un joueur mythique des Girondins au milieu du siècle dernier. L’enceinte représente une formidable œuvre architecturale. De plus, tout y est pensé pour le bien être du supporter. Nous pouvons effectivement y aller en famille, y connaître la chaleur du Virage Sud, ou bien le calme des tribunes latérales. L’accès est très facile, que ce soit pour la buvette, ou pour les toilettes. Les personnes en situation de handicap peuvent aussi se déplacer très convenablement, avec de belles places qui leur sont attribuées. Ainsi, pour moi, c’est le plus beau stade de France, sans aucun chauvinisme.

Enzo : C’est un stade magnifique, il faut se le dire. Il a tout pour accueillir de grands événements et de grands matchs. Cependant, je pense qu’à Bordeaux, on ne se fait pas encore totalement à ce stade. On a rien gagné au Matmut Atlantique, et nous n’avons pas encore eu de grands matchs à jouer… Puis, si l’on met quelqu’un au milieu du stade, à coup sur ou presque, il ne sera pas capable de dire que c’est le stade des Girondins, car il n’y a pas les couleurs du club. Ce sont des sièges en scapulaire, donc rien pour s’identifier au FCGB, même si le club essaye de s’améliorer là-dessus. Néanmoins, il faut également prendre en compte que les Girondins sont locataires du stade, et que l’on ne peut donc pas modifier tout ce que l’on souhaite.

L’enceinte ne peut vivre en étant juste celle des Girondins, il faut pouvoir faire des concerts ou des spectacles, ce qui est très bien aussi ! Ensuite, à Chaban-Delmas, tout le monde se rassemblait pour boire une bière avant et après le match, dans des bars à proximité du stade. Or, au Matmut Atlantique, c’est totalement différent. De ce fait, il ne représente pas le stade de football type, et ne respire pas ce sport, comme d’autres stades. Malgré cela, il faut avouer que ce stade est magnifique et qu’il faudrait quelques belles saisons pour s’y faire aisément.

Enfin, je pense que l’aspect le plus important est le spectacle, pas en dehors mais sur le terrain. Ainsi, si nous avons des résultats sportifs, le public se rassemblera en masse au stade. Après, même si cela me plaît moins, il ne faut pas négliger le spectacle en dehors du sportif car c’est aussi pour cela que les familles viennent au stade. Le Virage Sud est toujours au top, et il faut se le dire, nous avons un des meilleurs groupes ultras de France, avec énormément de créativité.

3) Votre meilleur souvenir avec ce club ? Et dans ce stade ?

Jérémy : Mon meilleur souvenir, que ce soit avec ce club ou dans ce stade, est le match contre La Gantoise, le 30 août 2018. Grâce à cette victoire à domicile, dans une ambiance de feu, qui était survoltée, inoubliable, Bordeaux s’était qualifié pour les phases de poules de l’Europa League.

Enzo : Me concernant, mon meilleur souvenir est le « Adieu Lescure ». Un souvenir incroyable ! Tout le stade était en folie, les tifos étaient magnifiques, et l’émotion était grande. Cela restera gravé à jamais dans ma mémoire. D’ailleurs merci encore aux UB87 pour l’organisation de cette magnifique journée !

S’agissant de mon meilleur souvenir au Matmut Atlantique, je dirais le match contre La Gantoise en barrage d’Europa League l’an dernier. En été, avec le beau temps, un super match, où nous étions en feu dans le Virage Sud. C’est d’ailleurs totalement le genre de match qui est susceptible d’écrire l’histoire du Matmut Atlantique.

Passionné de football depuis une époque où l’AJ Auxerre de Djibril Cissé jouait la Coupe d’Europe chaque année, j’ai toujours suivi assidûment l’actualité de ce sport universel. Aimant également écrire, à côté de mes études de droit, c’est avec un immense plaisir que je rédige des articles vous donnant envie d’aller vivre des émotions incroyables dans les stades

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