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En ce 16 décembre, on s’intéressera au Montpellier Hérault Sport Club.

Les Montpelliérains, de retour en Ligue 1 depuis 2009, participent cette année à leur vingt-huitième saison dans l’élite.

Les bleus et oranges, détiennent à ce jour une place importante dans la hiérarchie du football français, malgré la jeunesse du club.

En effet, champion de France en 2012, le Montpellier HSC a marqué le football hexagonal cette année là en devançant le PSG, pourtant déjà sous l’ère qatari à l’époque.

 

#1 – Le Montpellier HSC, ou le club façonné par « Loulou ».

Photo heraldscottland.com Les joueurs montpelliérains, avec Olivier Giroud comme tête d’affiche, célèbrent le titre de 2012.

 

En 1919, le Stade Olympique Montpelliérain est fondé.

Après avoir remporté la Coupe de France en 1929, le club héraultais va alterner les saisons en Division 1 et Division 2, avant de s’effondrer en 1970, pour cause de grandes difficultés financières.

Ainsi, le Stade Olympique Montpelliérain quitte le monde professionnel, et c’est le Montpellier Littoral SC qui verra le jour, afin de représenter la ville de Montpellier, dans le monde amateur.

Une fusion aura lieu, quatre ans plus tard, entre le Montpellier Littoral SC et l’AS Paillade.

Le club prend alors le nom de Montpellier La Paillade Sport Club Littoral, et débarque au stade de la Mosson.

L’équipe peine, alors qu’elle évolue en DH.

Cependant, un rapprochement entre le club héraultais et Louis Nicollin a lieu, et le club actuel sera donc fondé en 1974, grâce à une équipe reconstruite de toute pièce par l’entrepreneur.

 

Sous l’impulsion de ce dernier, que l’on surnomme « Loulou » dans le monde du football, les montpelliérains vont passer de la DH au plus haut niveau national en seulement huit saisons !

Le président emblématique du club a donc fait encore mieux que son homologue auxerrois Guy Roux, en enchainant les montées saisons après saisons, en un temps record.

De surcroît, le club prend l’habitude de se hisser régulièrement assez loin en Coupe de France.

En effet, les héraultais disputent une demi-finale en 1980, puis un quart de finale en 1981.

 

Pour son arrivée dans l’élite, les bleus et oranges présentent de nombreuses recrues, dont Jacques Santini.

Cependant, les Pailladins déchantent rapidement, avec une saison cauchemardesque, et une dernière place au classement de D1, faisant retomber l’équipe au deuxième niveau national.

De plus, le retour en Division 2 est complexe.

En effet, le club s’est endetté à la suite des efforts de recrutement de l’année précédente.

Pour autant, après deux saisons prometteuses marquées par l’émergence de jeunes joueurs, tels que Laurent Blanc ou Franck Passi, les héraultais retrouvent de l’ambition.

Ainsi, en 1986, Louis Nicollin fixe l’objectif : « On monte ou je m’en vais ! ».

Le Président a alors mis les moyens en attirant l’attaquant international camerounais Roger Milla.

Ce dernier sera, effectivement, le grand artisan du titre de champion de D2, et de la remontée du club en D1.

 

Pour ce retour dans l’élite, l’idée est alors d’éviter de reproduire les erreurs commises six ans plus tôt.

Cette fois, le recrutement est donc ciblé et non massif, avec notamment l’arrivée des attaquants Christian Pérez et Patrick Cubaynes.

Les montpelliérains s’invitent alors dans le haut du classement et terminent troisième, obtenant ainsi une qualification en Coupe UEFA.

Cette première expérience en Coupe d’Europe depuis la création du club par Louis Nicollin s’arrêtera en trente-deuxième de finale.

 

En 1989, le club est rebaptisé Montpellier Hérault Sport Club, et est rempli d’ambitions.

En effet, c’est Aimé Jacquet, trois fois champion de France avec Bordeaux, qui entraînera l’équipe héraultaise.

De plus, la star colombienne Carlos Valderrama débarque également dans le Languedoc-Roussillon, tout comme Eric Cantona, l’espoir français.

Pourtant, la saison 1989/1990 est chaotique puisque le club termine treizième et Aimé Jacquet sera rapidement remercié.

Malgré cela, le MHSC remporte le premier titre de son histoire avec une Coupe de France, en battant le Matra Racing en finale.

La saison suivante, les montpelliérains réalisent un magnifique parcours en Coupe d’Europe et se hissent jusqu’en quart de finale de la Coupe des vainqueurs de coupes.

 

Après cela, les trois années qui suivent permettent au club de se stabiliser entre la sixième et la dixième place du classement.

De surcroît, les bleus et oranges disputent une nouvelle finale de Coupe de France, perdue cette fois sèchement contre l’AJ Auxerre.

Cependant, l’année suivante, le MHSC lutte toute la saison contre la relégation. Il terminera finalement dix-septième du championnat et, par voie de conséquence, se maintiendra.

Cinq saisons plus tard, en 2000, le club ne pourra, cette fois, éviter la relégation, même si dans le même temps, il remportera la Coupe Intertoto et participera donc à la Coupe UEFA.

Pour autant, porté par son attaquant Toifilou Maoulida, le Montpellier Hérault retrouve directement la D1.

Malgré cela, le retour au sein de l’élite se fait dans l’austérité car le club, sans moyens financiers importants, recrute peu et se base sur son centre de formation.

Ainsi, à l’issue de la saison 2003-2004, trois ans après son retour en première division, les montpelliérains rechutent en Ligue 2.

Pire, en 2007, le MHSC passe même tout proche d’une relégation en National, sauvé par l’arrivée de l’entraineur Rolland Courbis.

Après cette saison compliquée, celui-ci ambitionne alors de retrouver la Ligue 1 avec son équipe.

Cela est chose faite en 2009. En effet, porté par l’attaquant Victor Hugo Montano, les héraultais retrouvent l’élite, cinq ans après l’avoir quittée.

 

L’entraineur René Girard va alors prendre les rênes de l’équipe, qui finira cinquième et retrouvera donc la Coupe d’Europe, un an après.

Mieux encore, deux ans plus tard, le MHSC est à son apogée et termine champion de France, porté par Olivier Giroud, qui marque 25 buts cette saison-là.

Le club réalise une année fantastique, en n’ayant quitté qu’une seule fois les deux premières places du classement sur toute la saison.

Par conséquent la Ligue des champions arrive à la Mosson.

Néanmoins, les montpelliérains ont du mal à être à la hauteur et termineront dernier de leur poule.

 

Depuis cela, le Montpellier HSC est redescendu de son nuage, et contente de se stabiliser parmi l’élite, en se situant régulièrement au milieu du classement, si l’on excepte une belle sixième place l’an dernier.

Cette saison, les héraultais, entraînés par Michel Der Zakarian, semblent se diriger vers une nouvelle saison en milieu de tableau.

Cependant, nul doute qu’avec le décès de l’emblématique président du club, Louis Nicollin, il y a maintenant deux ans, retrouver la Coupe d’Europe avant la destruction de la Mosson serait certainement un magnifique hommage à l’homme, qui a façonné ce club, avec une passion incroyable, et parfois irraisonnable, pour le football.

 

#2 – Un stade historique vétuste, en voie de disparition.

 

Photo france3-regions.francetvinfo.fr
Le Stade de la Mosson est muni de 33 000 places. Cependant, depuis 2017, il a une capacité de 22 000 places seulement.

 

Le Stade de la Mosson, situé à Montpellier dans le quartier de La Paillade, doit son nom à la rivière Mosson qui coule à proximité de l’enceinte.

Cette dernière fut inaugurée en 1972, deux ans avant de devenir le stade du Montpellier HSC.

Depuis, les travées de la Mosson ont connu de nombreuses rénovations, notamment en 1997, un an avant de recevoir la Coupe du monde 1998, et dix ans plus tard, pour accueillir, cette fois, la Coupe du monde de rugby.

Il convient également de noter, pour l’anecdote, que c’est dans ce stade que Zinedine Zidane a fait son retour en Equipe de France en août 2005, face à la Côte d’Ivoire, pour une victoire 3-0.

Cependant, le stade ne fut pas retenu pour les rencontres de l’Euro 2016 car la rénovation à réaliser était bien trop importante.

De surcroît, un an avant la compétition, l’enceinte est touchée à deux reprises par des crues centennales, rendant celle-ci inutilisable, et poussant même le MHSC à délocaliser ses rencontres à l’Altrad Stadium, stade du club de rugby.

Les travaux nécessaires au retour du club dans son stade historique seront, néanmoins, réalisés dans l’année suivant les dégâts.

Pour autant, afin de conserver la totalité des droits télé, le stade verra sa capacité s’amoindrir fortement, avec une capacité ramenée à 22 000 places.

 

Cependant, cette faible capacité du stade pour une ville comme Montpellier ne va pas durer.

En effet, le Stade de la Mosson, au vu de sa vétusté, va laisser place au Stade Louis-Nicollin, qui sera situé dans le nouveau quartier de Cambacérès, à proximité de la gare de la ville.

Ainsi, la capacité de cette enceinte, qui verra le jour en 2022, devrait atteindre plus de 30 000 places.

La Mosson, qui a abrité des performances indescriptibles, avec notamment cette saison 2011/2012 incroyable, ou des soirées européennes de gala, ne sera donc bientôt plus qu’un lieu de souvenirs, avant d’être très probablement détruite, pour laisser place au stade moderne qui va être créé.

Par voie de conséquence, ce stade, comme ses supporters, sont à la recherche de dernières émotions et de derniers grands moments que peuvent procurer le football dans un stade.

En ce sens, si les montpelliérains, qui sont aujourd’hui installés confortablement en Ligue 1, venaient à retrouver la Coupe d’Europe dans les saisons à venir, cela permettrait à la Mosson de vivre ses derniers frissons de façon plutôt luxueuse, lors de soirées européennes.

Si tel était le cas, nul doute que les supporters héraultais ne manqueront pas d’assumer leur rôle de douzième homme dans les travées de ce stade historique.

 

#3 – Interview de Corentin, supporter du Montpellier HSC et abonné au Stade de la Mosson depuis de nombreuses années.

 

Photo de Corentin fêtant une victoire montpelliéraine avec d’autres supporters du club.

 

1) Bonjour Corentin. Pour commencer, peux tu nous parler de ton rapport au club du Montpellier HSC et nous dire en quoi est-il particulier pour toi ?

 

Corentin : Je ne viens pas d’une famille qui aime le football et qui va au stade.

De ce fait, j’ai commencé à fréquenter la Mosson assez tard, au lycée, avec mes amis.

Puis, lorsque j’ai commencé à aller au stade, c’était comme une drogue. Je suis vite rentré dans une passion dont je ne pouvais plus me passer.

De plus, je suis bien tombé car nous avons gagné le titre lorsque j’étais en terminale, c’était vraiment le feu ! Tout le lycée était en ébullition.

Ce qui est drôle, c’est qu’au bout d’un moment, je me repèrerais même dans ma vie à partir des saisons que j’avais vécu avec le club. Par exemple, « ah oui, ça c’est l’année où je vivais en Catalogne, l’année où on finit 7e avec Courbis ». Le MHSC, c’est donc un vrai fil rouge pour moi.

Ce que j’aime avec le Montpellier Hérault, c’est que nous sommes encore un club familial.

Lorsqu’on voit l’enfer que vivent par exemple les bordelais, je pense que si un jour nos dirigeants sont « hors-sol », quelque chose dans ma relation avec ce club se cassera.

Dans cette idée, on a vraiment un club de football intégré à son territoire. Par exemple, dans les actions sociales du club envers le CHU de Montpellier, la Ligue du Cancer, et bien d’autres encore, on a un encrage local fort.

Pour autant, d’un point de vue économique, Laurent Nicollin n’est pas naïf, et la preuve en est, il veut construire un nouveau stade. Il n’est pas tombé dans les dérives du foot business.

En terme d’effectif, même si nous prenons l’exemple d’un club qui marche bien comme Lille, leur projet fait qu’ils vont vendre leurs joueurs quasiment chaque saison.

Nous à Montpellier, on a une véritable relation qui se créée entre le joueur, le club, les dirigeants, et les supporteurs sur la durée.

A ce titre, on peut citer un joueur comme Hilton, qui est un exemple.

Cependant, même des joueurs arrivés plus récemment comme Delort, Laborde ou Savanier, en tant que supporteur, on a envie qu’ils s’inscrivent dans notre club pour un bon moment car ils représentent parfaitement le MHSC et ses valeurs.

 

2) Que penses-tu du stade de la Mosson ? A-t-il des particularités et qu’est-ce qui pourrait donner envie à quelqu’un qui ne s’y est jamais rendu d’aller le découvrir ?

 

Corentin : Bon déjà, pour quelqu’un qui veut y aller, il a en gros cinq ou six ans devant lui puisqu’on risque fortement de déménager.

Comme le club, le stade est ancré dans son territoire : la Paillade.

Je ne veux pas encore jouer la carte du foot populaire contre le foot business, mais c’est vrai que la Mosson a quelque chose de différent des stades très modernes.

On ne va pas y trouver un supermarché sous le stade par exemple.

Ce qu’il a de particulier pour moi, c’est surtout tous les moments que j’ai eu la chance de passer dedans. Les bons souvenirs comme les mauvais.

D’ailleurs, ces souvenirs sont souvent liés à des tribunes. J’ai été abonné à trois tribunes différentes, dans des périodes différentes du club, avec des gens différents.

 

3) Ton meilleur souvenir avec ce club ? Et dans ce stade ?

 

Corentin : Je pense que toutes les personnes de ma génération vont te répondre la même chose : 2012, l’année du titre.

D’ailleurs; comme je disais plus tôt, cette date fonctionne comme un repère. Chaque année de plus, tu te dis : « Ouah, ça fait 7 ans maintenant ».

Un meilleur souvenir dans le stade ? Je ne vais pas être original non plus.

L’année du titre le dernier match est à Auxerre à l’extérieur, mais l’ultime match à domicile était fou, contre Lille.

Une victoire 1-0 avec un rush incroyable à la dernière minute d’Olivier Giroud pour un but d’Aït-Fana. Cette action, à Montpellier, personne ne l’a oubliée.

Passionné de football depuis une époque où l’AJ Auxerre de Djibril Cissé jouait la Coupe d’Europe chaque année, j’ai toujours suivi assidûment l’actualité de ce sport universel. Aimant également écrire, à côté de mes études de droit, c’est avec un immense plaisir que je rédige des articles vous donnant envie d’aller vivre des émotions incroyables dans les stades

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