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En ce 14 décembre, on s’intéressera à l’Olympique Gymnaste Club Nice.

Les Niçois, de retour en Ligue 1 depuis 2002, participent à leur soixante-et-unième saison dans l’élite.

En effet, les rouges et noirs, ont même retrouvé la Coupe d’Europe à plusieurs reprises récemment.

De plus, Le Gym est détenu par le groupe de pétrochimie Ineos depuis août 2019, propriété de la première fortune britannique Sir Jim Ratcliffe.

Ainsi, le club est rempli d’ambitions pour les saisons à venir, et espère s’inscrire parmi les meilleures équipes du football français à l’avenir.

 

#1 – L’OGC Nice, un club historique du football français, se dirigeant vers un changement de dimension.

 

 

Photo eurosport.fr
Joie des joueurs niçois à la suite de leur qualification contre l’Ajax Amsterdam, qui leur a permis de jouer les barrages de la Ligue des Champions.

 

L’OGC Nice, à l’époque appelé le « Gymnaste Club de Nice », fut fondé en 1904, ayant pour but la gymnastique et les exercices athlétiques.

En effet, ce n’est qu’en 1908 qu’une section de football sera créée.

Le club évolue au niveau amateur jusqu’en 1932, mais se distingue déjà par deux demi-finales de Coupe de France en 1931 et 1932.

 

Les rouges et noirs adoptent alors le statut professionnel pour la saison 1932/1933 et accèdent à la D1, avant de redescendre en D2 pour quatre saisons, de 1935 à 1939.

Cependant, la seconde guerre mondiale viendra bouleverser les championnats.

Le Gym repartira alors, en 1945, en deuxième division, avec l’ambition de retrouver l’élite du football hexagonal.

Cela sera chose faite en 1948, avec un premier titre significatif pour le club, qui termine premier de D2.

 

Le retour des Aiglons en première division est une véritable réussite avec une septième place la première année, et une cinquième place lors de la deuxième saison.

On se dirige alors vers les années glorieuses du club.

En effet, les niçois dominent le football français à l’époque et obtiennent quatre titres de champion de France, en 1951, 1952, 1956 et 1959.

De surcroît, les rouges et noirs remportent également deux Coupes de France, en 1952 et 1954.

La ville de Nice, et le Stade du Ray, toujours comble, s’enthousiasment alors des exploits des Pancho Gonzalez et Just Fontaine, qui placent le Gym sur le toit du football français.

Sous cette ferveur populaire, les niçois vont même se hisser à deux reprises jusqu’en quart de finale de C1, avec notamment une victoire légendaire contre le Real Madrid en 1960 à l’aller, avant de chuter au retour à Santiago-Bernabéu.

 

Néanmoins, les belles années passent et l’OGC Nice rentre peu à peu dans le rang.

En 1964, le club va même redescendre en deuxième division, avant de remonter aussitôt en terminant, une nouvelle fois, champion de D2.

Lors de la saison 1967/1968, on croit alors retrouver la grande époque des Aiglons.

Ils finissent vice-champion de France, derrière l’AS Saint-Etienne, qui domine la D1 à cette époque.

Cependant, dans la foulée, le club chute à nouveau en D2, avant de remonter directement, en remportant le championnat, comme il commence à en avoir l’habitude.

 

S’en suit alors les années 1970, marquées par la relance du Gym par le président Roger Loeuillet, qui recrute des joueurs vedettes comme Claude Quittet, capitaine de l’Equipe de France à l’époque, ou encore Jean-Marc Guillou.

Grâce à ce brillant effectif, le club sera vice-champion de France en 1973 et 1976, sans toutefois obtenir le moindre titre.

De la même manière, les Aiglons échouent en finale de Coupe de France en 1978 face à l’AS Nancy-Lorraine de Michel Platini.

Cette belle période est donc frustrante car, malgré de bons résultats, cela ne fut pas récompensé par un palmarès agrandi pour le club.

 

En 1979, Jean-Marc Guillou, le milieu de terrain emblématique de l’OGCN, quitte l’équipe, qui en subira alors les conséquences les années suivantes, en terminant quinzième du championnat à trois reprises, avant de redescendre en D2 en 1982.

Cette fois, les rouges et noirs mettent trois saisons à retrouver l’élite, porté par son buteur argentin Jorge Dominguez.

Cependant, le Gym peine à retrouver son standing, et malgré une demi-finale de Coupe de France en 1988 et une prometteuse sixième place en championnat en 1989, le club ne fait plus vraiment partie des grosses cylindrées de la D1.

Pire, en 1991, l’OGC Nice, criblé de dettes, est rétrogradé en deuxième division pour raisons financières.

Il faudra l’arrivée de l’entraîneur Albert Emon pour que les Aiglons retrouvent la D1 en 1994.

 

Les rouges et noirs vont alors vivre, trois ans plus tard, une saison très particulière.

En effet, ils remportent une nouvelle Coupe de France et ajoutent une ligne au palmarès du club, vierge de tout succès depuis presque quarante ans.

Néanmoins, cela leur portera préjudice pour obtenir les derniers points nécessaires en fin de championnat pour le maintien de l’équipe en D1.

Ainsi, l’OGC Nice termine dernier du championnat 1996/1997 et redescend en D2.

 

Après cinq saisons à ce niveau, les Aiglons retrouvent l’élite en 2002, grâce à une troisième place obtenue.

Cependant, le club vit une intersaison compliquée avec des problèmes financiers, causant sa relégation administrative en National.

L’OGC Nice est finalement maintenu après recours, grâce notamment au geste des joueurs, renonçant à leur prime de montée en Ligue 1.

Les niçois enchaînent alors les saisons dans le milieu du tableau, en assurant chaque année leur maintien de manière confortable.

En 2006, portés par la jeunesse du gardien Hugo Lloris et de l’attaquant de poche Bakari Koné, les rouges et noirs atteignent la finale de la Coupe de la Ligue, tombant contre l’AS Nancy-Lorraine au Stade de France.

Cependant, la fin des années 2000 est plus compliquée, à cause du départ de nombreux joueurs.

Par conséquent, le maintien du club est régulièrement décroché in-extremis, jusqu’à la saison 2012/2013 où les Aiglons, sous les ordres de Claude Puel, réalisent une magnifique saison et renouent avec la Coupe d’Europe grâce à une quatrième place obtenue en championnat.

Les deux saisons qui suivent, dans le nouveau stade, sont compliquées, mais, portés par Hatem Ben Arfa, les niçois finissent une nouvelle fois quatrième en 2016.

 

De ce fait, l’OGC Nice semble franchir un cap et le club est pérennisé.

En effet, l’année suivante, le Gym termine sur le podium de la Ligue 1, au terme d’une saison historique puisque le club n’avait pas réalisé une telle performance depuis quarante-et-un an !

Les rouges et noirs échoueront alors en barrages contre Naples, après avoir pourtant éliminé l’Ajax Amsterdam au tour précédent.

 

Depuis, les niçois ont enchaîné deux saisons à la huitième et septième place, avant l’arrivée cet été du groupe de pétrochimie Ineos.

L’idée est donc de renouer rapidement avec la Coupe d’Europe et de s’inscrire durablement parmi les meilleures équipes du championnat.

Cependant, le début de saison des hommes de Patrick Vieira est loin de rassurer, et de répondre aux nouvelles ambitions du club.

Ainsi, cette année pourrait s’inscrire comme celle de la transition, avant d’assister, à nouveau, à de belles soirées européennes pour les supporters niçois.

 

#2 – Un stade flambant neuf qui peine à se remplir.

Photo viagogo.fr
Le Stade de l’Allianz Riviera, muni de 36 000 places.

 

Le Stade de l’Allianz Riviera, situé dans le quartier Saint-Isidore à Nice, fut inauguré en septembre 2013, après deux années de travaux.

Celui-ci est venu remplacer le mythique Stade du Ray, qui n’était plus aux normes de la Ligue de football professionnel.

Ce stade flambant neuf utilise donc le nom Allianz, grand groupe d’assurances, concluant ainsi l’un des premiers contrats de naming en France.

De surcroît, l’enceinte est présentée comme un modèle d’« éco-stade », notamment avec des panneaux photovoltaïques installés sur le toit, de telle sorte que le stade produit trois fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Le Stade de l’Allianz Riviera, considéré aujourd’hui comme l’un des plus beaux en France, a donc eu la chance d’accueillir des matchs de l’Euro 2016, dont un huitième de finale.

Puis, l’enceinte a reçu deux matchs internationaux de l’Equipe de France, en 2014 et en 2015.

La Coupe du monde féminine 2019 a aussi débarquée dans ce stade, avec notamment le match pour la troisième place entre l’Angleterre et la Suède.

Enfin, il convient de noter que cette enceinte a également été présélectionnée par le comité de candidature de Paris pour les Jeux olympiques d’été de 2024, afin d’accueillir les rencontres de football.

 

Cependant, pour les matchs de l’OGC Nice, le stade peine à se remplir.

Preuve en est, avec le très faible taux de remplissage de 54% de l’Allianz Riviera sur la saison 2018/2019.

Si l’OGC Nice a participé à quelques matchs de Coupe d’Europe dans cette enceinte et a obtenu quelques belles places d’honneur en Ligue 1, cela ne suffit toujours pas à garnir les travées du stade.

L’arrivée du groupe Ineos, conjugué aux nouveaux moyens du club et à l’arrivée de quelques recrues clinquantes, pourrait réussir à pousser les nombreux supporters niçois à se rendre à l’Allianz Riviera.

Cependant, pour cela, il faut que les performances des Aiglons suivent.

Or, cela ne semble pas être le cas cette année puisque les hommes de Patrick Vieira sont englués en deuxième partie de tableau, ce qui ne convient évidemment pas aux supporters.

Ainsi, ce stade, comme ses supporters, sont à la recherche de ces émotions et de ces grands moments que peuvent procurer le football dans un stade.

En ce sens, si les niçois végètent aujourd’hui dans le ventre mou du championnat, retrouver la Coupe d’Europe rapidement permettrait au club d’écrire une nouvelle page de son histoire, et par voie de conséquence, de remplir sa magnifique enceinte.

De surcroît, cela permettrait également de renouer avec l’ambiance réputée qui était présente à l’époque au Stade du Ray.

 

#3 – Interview de Jean-Philippe, supporter de l’OGC Nice, se rendant au stade tous les week-ends pour supporter l’équipe, et créateur de la page « La Voix des Niçois » sur les réseaux sociaux.

 

Photo de Jean-Philippe, arborant fièrement les couleurs du maillot niçois lors de ses vacances.

 

1) Bonjour Jean-Philippe. Pour commencer, peux tu nous parler de ton rapport au club de l’OGC Nice et nous dire en quoi est-il particulier pour toi ?

 

Jean-Philippe : Ce club représente plus de vingt ans de ma vie, de l’enfance à l’âge adulte, et de la Ligue 2 à la Coupe d’Europe.

C’est en réalité une grande famille rouge et noir, qui m’a permis de rencontrer certains de mes meilleurs amis et la femme qui partage ma vie aujourd’hui.

J’ai donc des dizaines d’anecdotes au stade, des déplacements, d’immenses opportunités comme la radio, la télé, ou encore les tribunes de presse.

L’OGC Nice, c’est donc une passion dévorante autour de laquelle j’organise mes week-ends, je jongle entre les obligations familiales et la programmation de la Ligue 1.

Bref, il est difficile de détacher le Gym de qui je suis à ce jour.

Puis, ce club, c’est également celui de ma ville, de mon lieu de naissance, où je vis toujours aujourd’hui.

Je ne saurais pas vraiment mettre de mots là-dessus, mais c’est la ville à laquelle j’ai la sensation d’appartenir.

Ce n’est pas forcément un meilleur club qu’un autre, mais c’est le mien, le seul dans lequel je me retrouve en tant que niçois.

En effet, ce côté un peu fou, irrévérencieux, seul contre tous, du méditerranéen, capable de la meilleure des surprises, comme de la pire des désillusions, c’est là-dedans que je me reconnais.

C’est un tout, qui me dépasse en tant que simple individu, qui me donne l’impression de faire partie de quelque chose de plus grand.

Dans la joie, le désespoir, j’ai toujours soutenu cette équipe à 100%.

 

2) Que penses-tu du stade de l’Allianz Riviera ? A-t-il des particularités et qu’est-ce qui pourrait donner envie à quelqu’un qui ne s’y est jamais rendu d’aller le découvrir ?

 

Jean-Philippe : L’Allianz Riviera est un très beau stade, mais il n’est pas toujours considéré comme une maison, à l’image de ce qu’était le Ray.

Forcément, nous n’avons pas encore vécu quatre-vingt-cinq ans d’histoire dans ce nouveau stade, même s’il y a quand même eu de très beaux moments.

Il porte le nom d’une marque allemande, accolé à un mot pour touristes.

En ce sens, il n’a pas le côté atypique et, certes vétuste, du Ray, où nous avions presque les pieds sur la pelouse et on nous pouvions monter à pied au stade, après avoir retrouvé des amis en centre-ville.

Je pense que toutes les générations qui l’ont connu parleront de leur plaisir d’avoir été là-bas, étant adolescent par exemple.

S’agissant de l’Allianz Riviera, c’est un beau stade qui souffre énormément du vide des tribunes ces dernières saisons.

En effet, nous n’avons pas encore le public pour le remplir, en dehors des grosses affiches, mais j’espère que cela viendra.

Ainsi, si quelqu’un voulait venir voir un match dans ce stade, il faut absolument se déplacer pour une belle affiche, idéalement Marseille. C’est dans ce match que l’on retrouve un peu l’odeur de poudre du Ray, des tribunes impliquées qui pèsent sur le terrain, de la ferveur qui transcende.

Même si elle tend à se perdre ces derniers temps, nous avons une certaine culture méditerranéenne du chant de supporters à Nice, qui est assez variée et recherchée, et on n’y entend donc pas forcément les chants qui garnissent la plupart des stades.

 

3) Ton meilleur souvenir avec ce club ? Et dans ce stade ?

 

Jean-Philippe : C’est très difficile d’en choisir un seul.

Forcément, s’agissant du club, je peux citer la dernière au Stade du Ray. C’était une journée incroyable en terme d’émotions, que l’on ne revivra certainement plus jamais.

A l’Allianz Riviera, je pense que c’est le match contre Saint-Etienne de 2016.

C’était l’avant-dernière journée de la saison, avec l’Europe à aller chercher après la désillusion de 2013 et l’élimination contre Limassol.

Le stade était plein à craquer pour l’occasion !

Les verts furent réduits à dix, puis à neuf, tout le monde poussait.

Puis, Valère Germain a inscrit un doublé dans les cinq dernières minutes, c’était une délivrance incroyable !

 

Passionné de football depuis une époque où l’AJ Auxerre de Djibril Cissé jouait la Coupe d’Europe chaque année, j’ai toujours suivi assidûment l’actualité de ce sport universel. Aimant également écrire, à côté de mes études de droit, c’est avec un immense plaisir que je rédige des articles vous donnant envie d’aller vivre des émotions incroyables dans les stades

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