Racing – Estudiantes

Ça y est. Les billets d’avions pour l’Argentine et sa capitale Buenos Aires sont pris. Depuis ce jour du mois d’octobre, je n’arrête pas de penser à ce pays que je vais enfin avoir la chance de visiter et à tout ce que je vais pouvoir faire sur place. Outre les paysages de la Patagonie, en passant par les villages désertiques de la région de Salta ou par les vignobles de Mendoza, ce sont ces six jours dans la capitale qui me captivent presque le plus. Pourquoi ? Car c’est durant ces six jours que l’on aura l’occasion de vivre un match de championnat argentin. En tant qu’admirateur de foot depuis le plus jeune âge, c’est un évènement fantastique que nous ne voulons pas rater. Le rendez-vous est donc pris. On ne sait pas encore avec qui il est pris, mais il est pris.

Plus l’organisation du voyage avance, plus les dates se précisent et plus la fourchette des matches possibles de voir à Buenos se restreint. N’étant pas spécialiste du tout des championnats sud-américains, avant l’organisation de ce voyage nous nous tournons vers les comptes français experts en la matière afin d’en savoir plus concernant les différentes équipes, les stades à voir absolument et ceux à éviter en tant que touristes. Lucarne opposée, Romain Molina, Ken Fernandez ou encore Cancha Argentina nous viennent gentiment en aide et nous donnent leurs conseils perso concernant leurs différences expériences. En fonction de ces conseils, de nos dates à Buenos et du calendrier, nous savons enfin avec qui nous aurons rendez-vous, le Racing Club qui recevra Estudiantes de La Plata !

L’obtention du billet et l’avant-match

Nous y sommes, le dimanche 3 mars 2019, le jour J. Cela fait maintenant plusieurs semaines que j’essaie du mieux que possible de suivre les matches et l’actualité du Racing depuis chez moi. Nous sommes d’ailleurs rentrés en contact avec Rodolphe, président de la branche française des fans du Racing ainsi qu’avec le responsable du département international du club, Agustin. Tous deux vont nous venir en aide tout au long du processus et nous donneront de précieux conseils sur le stade, le déroulement de l’avant match ici en Argentine et sur l’achat de billet. Justement, l’achat de billet est quelque chose que notre calendrier de voyage ne nous a pas permis de faire en avance. Résultat, il est 16h00 et nous partons pour le Cilindro en Uber, le moyen (largement conseillé) par notre nouvel ami Agustin ! Nous voilà donc en route pour le stade du Racing un bon 3h20 d’avance. C’est beaucoup, mais encore une fois on n’hésite pas à suivre les conseils de notre ami argentin qui nous conseille de venir en avance juste pour assurer. Car il faut le rappeler pour ceux qui ne le savent pas, à cette heure-ci le Racing est en tête de la Superliga et file vers un premier titre depuis 5 ans. Conséquences, l’engouement est encore plus fort qu’à l’habitude et vous l’aurez compris, pour nous c’est ce soir ou jamais donc aucune chance de ne pas se donner les moyens d’entrer dans le stade.

Tout y est dans cet avant match. Le chauffeur Uber nous annonce que sa femme est sur le point d’accoucher, du moins c’est ce que l’on comprend et au vu de sa conduite sportive, on pense à croire qu’on a bien compris ce qu’il voulait nous dire. On traverse donc Buenos à toute allure, on passe de voie en voie à toute vitesse sur la fameuse avenue du 9 juillet. On est à peine arrivé qu’on est déjà en sueur, ça promet ! Une fois sur place, le chauffeur Uber nous libère et on entrevoit enfin le Cilindro ! Loin d’être un bijou architectural, il en reste toutefois très impressionnant et très imposant. La foule est bien là, l’ambiance n’est pas encore présente, mais on sent l’engouement qu’apporte un match de championnat ici. Des jeunes, des vieux, des familles, des enfants encore dans la poussette, bref on croise de tout ici. Même un type bien ramassé par l’alcool qui insiste un peu trop pour qu’on lui donne les 240 $ restants pour qu’il puisse acheter son billet lui aussi. À croire que le bronzage des quatre dernières semaines ne suffit pas encore à nous faire passer incognito. Hormis ce petit passage, tout se passe dans le plus grande des calmes : ça reste en file poliment, ça attend son tour même si le temps passe et que la file ne désemplit pas. Le bus des joueurs arrive à hauteur du stade, les premiers chants commencent à surgir, des pétards, des applaudissements et même les tambours font leurs apparitions. Le match commence dans une heure et ça se sent.

Nous arrivons finalement à obtenir des billets après 1h30 d’attente en file, on remercie d’ailleurs encore Agustin pour ces conseils qui nous ont évité de rater le début du match ! On demande deux billets en tribunes latérales afin d’éviter de se retrouver dans une foule un peu trop intense surtout qu’on n’a ni maillot, qu’on ne connait pas la moitié de l’effectif et surtout qu’on ne connait aucun chant ! On paie et on passe le premier barrage policier. Ambiance de cow-boy, mais en réalité tout se passe super bien avec la sécurité, c’est loin d’être aussi intense qu’à une certaine époque au Parc. On arrive devant la tribune C est une fois au portique automatique, nos cartes ne passent pas. Stupeur, on sent l’embrouille arriver. On montre nos cartes au steward qui nous dit de ressortir pour racheter des nouveaux billets. On ne comprend pas trop comment ça fonctionne, si on a acheté les bonnes choses ou si on vient juste d’acheter une sorte de Membership qui va ensuite nous donner accès à la billetterie un peu comme en Angleterre par exemple. C’est un peu la détresse surtout que la foule est de plus en plus intense et que le match commence dans une vingtaine de minutes. On se retourne donc vers un autre steward qui prend notre cas un peu plus au sérieux et nous affirme qu’on n’est tout simplement pas au bon endroit et que nous avons des places pour la tribune E.

Un peu perdu, mais content de comprendre que l’on possède bel et bien des billets on se dirige vers la tribune populaire, la tribune E ou plutôt bien résumé par ma conjointe : « on a des billets chez les fous ? ». Oui, c’est bien là qu’on s’en va. Peu importe, on est trop impatient et on se précipite dans la tribune. La dernière montée des marches et impressionnante. On a l’impression de tomber dans une cuvette, un petit vertige s’installe brièvement, mais se dissipe rapidement quand on se met à faire un 360 degrés du stade : magnifique. On demande à un type ce que nos places veulent dire et il nous fait rapidement comprendre qu’ici il n’y a pas de place attribuée, trouve-toi une place et encourage l’équipe ! On décide alors d’aller se foutre au dernier rang de la tribune E. Hormis un poteau un peu gênant et qui donnera un torticolis à tous les gens de ce couloir, tout est impeccable ! Les dix minutes d’avant match sont impressionnantes. On se met à observer les différences entre ce que nous connaissons plus, Anfield et ici. Le tunnel gonflable, les flics avec les gros boucliers, les banderoles qui descendent des tribunes vers la pelouse, bref tout ce qu’on connaissait des matches sud-américains se retrouvent bien ici, nous y sommes pour de vrai !

Le match

Le match va commencer et on se fait donner un sac avec des ballons de baudruches à gonfler, on se met au diapason, on en prend un chacun et on fait passer le sac au voisin. Ça marche comme ça ici. Rapidement les deux anneaux de la tribune E deviennent vite bleu ciel et blanc, le tunnel gonflable est prêt et surtout les chants commencent sérieusement à être intense. Nous connaissions les « on-dit » sur les ambiances sud-américaines et surtout ici en Argentine, mais nous étions loin d’imaginer la réalité. C’est tout simplement impressionnant. Le stade se met à chanter et n’arrêtera tout simplement que dans les arrêts de jeu de la deuxième mi-temps lorsque la tension sera un peu plus intense. Pour le reste, c’est 90 minutes de chants ininterrompus, ne connaissant pas les paroles, on fait de notre mieux à taper des mains, siffler ou bouger les bras comme le font les gens ici. Nos mains deviennent vite rouges et gonflées et on s’en veut presque de ne pouvoir chanter.

Autre anecdote niveau ambiance, ici, lorsque l’adversaire rate une frappe, il se prend une bronca. On est loin de la Premier League et de son foutage de gueule incessant envers l’adversaire qui rate son geste. Deux pays, deux ambiances. Le match se déroule sans nous offrir beaucoup d’occasions, mais en vérité on s’en fout royalement, on n’est pas là pour le foot. Le parterre des tribunes latérales donne l’occasion aux enfants et aux chiens de jouer avec le reste des ballons de baudruches du début du match, on est dans une vraie ambiance de kermesse en bas et ça rend le tout encore plus sympathique. Finalement, le seul but du match viendra à la demi-heure de jeu et fera entrer le stade à un tout autre niveau, du moins jusqu’à la mi-temps. Durant ce quart d’heure les chants n’auront jamais été aussi puissants. Avec ce but, le Racing confirme sa première place et même sans connaitre le classement on l’aurait bien compris ! Ça chante encore plus fort, ça bouge, ça saute et ça en fait même trembler littéralement la tribune. Tout simplement incroyable.

La mi-temps fait du bien et permet de donner un peu de répit à la dalle de béton. Grosse surprise ici, personne ne se presse à la mi-temps pour filer à la buvette. Là où à Anfield les petits malins filent avant le début des arrêts de jeu pour se jeter à la buvette, ici personne ne bouge, et cela même durant la mi-temps. Les gens viennent pour voir du foot et puis c’est tout. Ce n’est pas plus mal et surtout ça maintient un stade plein tout du long, on ne va pas s’en plaindre ! Le match reprend, la deuxième mi-temps est un peu à l’avantage de nos adversaires du jour et la tension prend petit à petit le dessus sur l’ambiance, car une égalisation serait une contre-performance pour les joueurs du Racing. La fin de match se tend réellement interrompant même pour la première fois les chants de tout un stade. Ce sera Lisandro Lopez qui, encore une fois cette saison, interrompra un silence en sortant en fin de match et laissant ainsi le Cilindro offrir une standing ovation à son héros local. Chaque récupération des joueurs du Racing durant les quatre minutes d’arrêt de jeu seront vécues comme une libération jusqu’au coup de sifflet final qui nous offre un déchainement dans les tribunes, ça y est, les trois points sont acquis !

S’en suivront quelques minutes de célébrations avant que le stade ne se vide petit à petit. On ressort de là des étoiles dans les yeux, on marche une bonne quinzaine de minutes pour trouver un remis, on croisera par hasard notre « ami » relou du début qui nous voulait de l’argent, on comprend qu’il n’a pas été au match et que l’alcool l’a encore plus amoché, heureusement il ne nous reconnait pas. Nous rentrons dans notre quartier pour manger un bon morceau de viande avec une bonne Quilmes tout en commençant à nous montrer nos vidéos prises durant la rencontre histoire de pouvoir (déjà) revivre (un peu) ça.

Article écrit par @B_AnfieldL4







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