Hull City – Birmingham City

Hull City - Birmingham City

Tarif Etudiant 18£
5.4

Le stade

8.0/10

Le football

6.5/10

L'atmosphère

5.0/10

La ville

1.5/10

L'expérience groundhopping

6.0/10

Aaaaah, l’Angleterre. Ses habitants délurés, sa passion démesurée pour le football, ses stades myhtiques… Et ses villes hideuses, qui feraient passer Niort pour une ville splendide. Dans une quête (stupide?) d’un condensé de tous ses éléments, je sillonne l’Angleterre depuis voilà 5 mois. En ce premier week-end de Mars 2019, mes pérégrinations m’emmènent du côté de l’East Yorkshire et plus précisément à Kingston upon Hull, communément appelée Hull. L’attraction du jour ? Le match entre l’équipe locale, les Tigers de Hull City FC, et l’équipe de Birmingham City FC. Rencontre potentiellement décisive dans la course aux play-offs en fin de saison, puisqu’avant le match Hull City ne pointait qu’à 6 points de la 6ème place – synonyme de qualification en barrages – et Birmingham à 3 petites longueurs.


La ville

Alors, tout d’abord où est-ce que c’est (Kingston upon) Hull ? Dans l’East Yorkshire, c’est-à-dire dans le Nord Est de l’Angleterre. Pour mettre des chiffre sur cette localisation, Hull est situé à 200 miles (environ 320 kilomètres) de Londres ce qui représente presque 4 heures de voiture / bus. Sans aéroport à proximité, vous n’y couperez pas : il vous faudra rejoindre Hull par train ou par voiture / bus. A ce jeu là, le bus reste le moyen le plus économique et le plus confortable, surtout si vous partez de Londres. Dans mon cas, je suis parti de Leeds – situé à environ 1 heure de route – et n’ait payé que (environ 7€) mon trajet aller-retour. La taille de la gare routière laisse d’ailleurs clairement penser qu’il s’agit là du meilleur moyen de transport pour rejoindre la ville, avec des grandes lignes assurées par Megabus et des plus petites assurées par les lignes locales.

Il est quelque chose de fascinant avec Hull : peu importe d’où vous veniez, vous serez amené à traverser une série de petites bourgades toutes plus charmantes les unes que les autres, vous verrez de beaux paysages (l’Humber Bridge notamment, colossal pont !)… Et puis vous arriverez à Hull. Principalement connue pour avoir vu naître le tueur en série Bruce George Peter Lee, la ville ne semble pas vouloir s’imposer comme un lieu touristique de premier plan. Ni de second d’ailleurs. Au-delà d’un petit centre-ville sans charme ni réelle zone commerçante, la grande attraction de Hull reste… l’immense Tesco, situé à deux pas de la gare. Top prestige hein ?

Autrement dit, si vous hésitez à rejoindre la ville bien avant le match pour visiter : ne le faîtes pas. Et si vous veniez à faire cette erreur, vous aurez toutes les peines du monde à trouver un pub correct aux alentours du stade. Seule une bonne marche (environ 45minutes) vers les docks pourra vous offrir ce réconfort. Hélas, je ne pourrais pas vous faire une analyse de chaque pub croisé puisque je ne suis rentré que dans un seul : le Furley & Co. Très sympathique, sans être extraordinaire, à l’image des habitants locaux. Habitants locaux d’ailleurs assez peu portés sur le foot, préférant dans l’ensemble le rugby lorsqu’Hull City n’est pas en Premier League.


Le stade

En revanche, l’un des grands avantages d’Hull c’est que toute la vie sportive (culturelle même oserais-je dire) gravite autour du KCOM Stadium. Abritant tant les matchs de Hull City FC que ceux du Hull FC (le club de rugby local), il est donc très facile d’accès. Des navettes (personnalisées !) traversent à peu près toute la ville pour vous amener au stade si vous le souhaitez. Mais ces navettes sont loin d’être nécessaires : le stade est facilement accessible à pied, se situant à environ 15 minutes de la gare ce qui vous laissera le loisir d’admirer (sic) la ville le long d’une route propre et bien éclairée. Cette accessibilité hors pair vaut également pour les voitures : le stade est entouré de parkings facile d’accès. En terme d’accessibilité au stade, pas persuadé qu’on fasse beaucoup mieux en Angleterre.

Une fois arrivé aux abords du stade, deux choses frappent. La première, comme une évidence, c’est la beauté et la modernité du stade. Ouvert en 2002, ce stade de 25 000 places est un vrai bijou d’architecture qui devrait plaire à tous – y compris aux plus récalcitrants face à la modernisation des stades. La seconde chose c’est… Le silence. S’il y a évidemment un léger brouahaha, comme sur le parvis de chaque stade, c’est tout : pas de vendeur ambulants pour tenter de nous refourguer des écharpes, des maillots, des tickets à gratter (oui, je pense à vous @Burnley FC)… Ni même de vendeurs de programme ! Petit charme britannique, les vendeurs de programmes se font habituellement remarquer en hurlant par dessus la mêlée. Pas ici : quelques stands éparpillés autour du stade où vous pouvez acheter votre programme contre 3£. Vous pouvez également l’acheter dans la boutique du club, située dans le stade même.

L’entrée dans le stade se fait elle sans soucis, même s’il faut noter (et c’est positif !) qu’il s’agit d’un des seuls stades de Championship où les contrôles de sécurités les plus élémentaires sont faits : fouille (légère) des sacs et passage au détecteur de métaux. Un stade tout aussi beau de l’intérieur… Quoiqu’un peu triste sur certains aspects. Un manque de luminosité est flagrant dans les « couloirs » du stade où se trouvent buvettes, restauration et habituelles télévisions pour suivre l’avant match. Mais cela reste un simple détail : toilettes propres et en quantité suffisante, grand choix de nourriture (et pour pas trop cher comparé à d’autres stades comme celui de Leeds!), stewarts aux petits soins.

Pour ce « choc », j’ai fais le choix de prendre une place en North Stand, seule tribune debout du stade. Accessoirement, pour ce match ce sera également la seule réellement remplie. Petite particularité, cette tribune est directement collée au parcage visiteur ce qui laisse évidemment place à bons nombre de moqueries et insultes pendant et après le match – sans que cela n’entraîne de débordement en tribune Nord (mais pas en Est, comme vous le verrez plus bas!). Malgré la faible affluence, laissant apparaître les sièges noirs, l’ambiance demeure raisonnablement bonne grâce à une acoustique parfaite et un noyau de supporters motivés.Globalement positif donc, qui le serait sans doute d’autant plus avec un stade plein et non à moitié rempli comme on peut le voir sur la photo précédente.

Enfin, dernier point et pas le moindre : les billets ! J’ignore si cela est dû à des circonstances particulières, mais le stade semble avoir du mal à se remplir depuis le début de saison. Les tarifs restent pourtant dans la moyenne du championship : en tarif étudiant, j’ai obtenu une place pour 18£. Le tarif plein, pour la même place, monte à 24£ ce qui reste tout à fait dans la moyenne en Championship. Notons que, pour ce match là, je n’ai pas pu me faire expédier mon billet : je ne pouvais que l’imprimer chez moi ou le récupérer sur place. C’est cette seconde option que j’ai choisi, récupérant mon billet à la boutique sans le moindre souci (et sans le moindre contrôle d’identité ni demande de justificatif pour le tarif réduit!)


L'ambiance

Comme dit précedemment, le stade était trop peu rempli pour avoir une ambiance digne de ce nom. Malgré tout, l’expérience reste sympathique : très sympathiques, les supporters de Hull City se révèlent également très chambreurs : de nombreux chants en référence à Aston Villa, aux échecs de Garry Monk l’entraîneur de Birmingham et évidemment à la ville de Birmingham réputée comme étant une des pires d’Angleterre (ce qui est assez osé lorsqu’on habite à Hull à mon humble avis). Le répertoire de chant est d’ailleurs assez original, beaucoup se basant sur le champ lexical du tigre, emblème de l’équipe. Rien d’exceptionnel, mais tout à fait honnête.

En revanche, du côté de Birmingham nous avons eu de l’exceptionnel ! Malgré un parcage rempli au 2/3, les supporters visiteurs ne se sont faits remarquer qu’au début du match par leurs chants et au milieu de la seconde période… par une bagarre menant à l’exclusion de trois d’entre – eux. Je n’ai aucun détail sur l’origine de celle-ci, mais au vu de la faible sécurité séparant le parcage visiteur de la tribune East (donc la tribune plus « calme ») je ne serais pas étonné qu’il y ait eu une altercation avec des supporters locaux. Dans cet esprit, je vous conseillerais donc de vous tenir à l’écart du parcage visiteur et donc d’éviter la tribune Est.



Le football

Ce match opposait donc deux équipes en course pour les play-offs. Même objectif, mais pas le même parcours ! Là où Birmingham brille surtout par sa régularité depuis le début de saison, Hull City enchaîne les hauts et les bas : avant dernier fin Novembre, les hommes de Nigel Adkins ont ensuite enchaîné une série de 10 matchs sans défaites – avec 7 victoires, dont une convaincante face au rival de Leeds. Avant de retomber dans une série plus quelconque, malgré ses joueurs de talents tels que Jarrod Bowen, Eric Lichaj, Kamil Grosicky ou encore Marc Pugh (prêté par Bournemouth en Janvier) – essentiellement du fait d’une fragilité défensive. En face, c’est une équipe très solide mais sans autre crack que Che Adams (21 buts cette saison) qui se présente. Au final, les locaux l’emporteront 2-0.

Et il n’y a rien à redire, si ce n’est que le score aurait pu être plus large à la mi-temps ! Kamil Grosicki manquant notamment 3 grosses occasions, Hull City a du attendre un second but de Jarrod Bowen en deuxième période pour souffler et obtenir un succès largement mérité. Excellant dans le jeu dans les petits espaces, appliquant un pressing immédiat et intense à une équipe de Birmingham décidément bien pataude aujourd’hui, les coéquipiers de Jarrod Bowen (19 buts cette saison) ont fait le spectacle… Tout en laissant apparaître leurs carences physiques et défensives. Toujours est-il que ce match confirme ce que l’on m’avait déjà dit : si Hull City a des grosses lacunes, ça ne l’empêche pas de s’appuyer sur ses points forts pour développer un des plus beaux jeu de Championship.

Toutefois, cet enthousiasme doit être tempéré par la mauvaise performance de Birmingham. Visiblement venu pour jouer le contre sans avoir l’effectif pour, Garry Monk ne trouvera guère plus de 10 bonnes minutes en analysant le match de son équipe, pourtant au dessus physiquement.


L'aventure groundhopping

A l’origine, le but de ce déplacement était simplement de combler un week-end en passant un bon moment. En ce sens, ce déplacement a tout à fait rempli son office : un match sympathique, une équipe locale joueuse (et gagnante!), un groupe de supporters vivants et bon esprit malgré un stade à moitié vide. Mais rien de plus : il ne s’agit sûrement pas d’une expérience impérissable, encore moins du meilleur déplacement que j’ai pu faire. Autrement dit, à moins que vous ne soyez un fan des Tigers, il ne sert pas à grand chose de venir de France spécifiquement pour un match au KCOM Stadium. En revanche, si vous êtes, comme moi, dans le coin et ne savez pas quoi faire de votre samedi n’hésitez pas.

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